‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 222 sur 503 · Î3 JOIE FOLLE · texte numérisé non relu

Î3 JOIE FOLLE

de deiiréos à leur profil, causant du désordre dans les paroisses, se conduisaient en voleurs avoués, »

A peine Mazarin venait-il de rendre là liberté mt princes, qu'un arrêt du Parlement de Rouen lui enjoignait de sortir de la province, et, après quelques hésitations, le malheureux quittait successivement le Havre» Dieppe, Abbeville, DouUens; et de Sedan, où il reçut pendant quelques jours une bonne hospitalité chez sort ami,rhonnête et loyal Fabert, il se retirait à Bruhl, dans l'électorat de Cologne. Rien de plus rapide que tous ces événements; la roue de la Fortune tournait avec une mobilité effrayante pour ceux de ses favoris qui cherchaient à s'y allachcr : la révolution, en effet, avait éclaté le 26 août 1648; en janvier 1649, la dour se retirait à Saint -Germain, au risque de ne plus rentrer à Paris; en avril, l'épée de Condé imposait le traité dé Saint-Germain, et le roi revenait en octobre. Bientôt Mazarin se croyait assez fort pour arrêter, eh janviet 1650, Condé, Conti et Longueville; un an après il était

et se sont joints avec les Espagnols, fassent les mêmes déclaralions ri renonciations que dessus, et même aux traités qui pourraient avoir été faits par Lusignan et autres avec les Espagnols ou autres depuis le traité de Bordeaux;

9" Oublieront les princes et duc de Longueville tous les méconlentefcients qu'ils pourraient avoir contre qui que ce soit pour raison de leur détention.

t fait à taris lé 10 février 16S!,

Signé : Anne, Gaston et PiiELiPPEAUXi

Doux lettres de la reine et de Gaston à M. de Bar, maréchal des camps et aimées du roi, commandant au Havre, lui enjoignant de mettre en liberté les prisonniers, accompagnent celte piîce, dont l'original enl k la Bibliothèque royale, où il a été remis par le R. P. Pernaiid, biblio- Uiécaire de l'abbajc de S*^»-Marlin des Champs. Portefeuille Fontanieu 491. Ms.

POUn LA DÉLIVnANCE DES PRINCES. 279

(il. lige (le délivrer lui-même (février 165i) ses ennemis < I (le quitter la France. Au bout de huit mois, Mazarin r 'iitrait avec une armée au secours de la royauté; mais il fallut deux années de négociations, d'intrigues, d'atitiite, il fallut les fautes qu'amenèrent l'indécision du iluc d'Orléans, l'emportement de Condé ; il fallut la ruine

la France entière pour que Mazarin, après avoir ra- Dicnô par la main, jusqu'aux portes de la capitale, le ji une roi, pût lui-même reprendre au Louvre cette place (in'il avait timidement abandonnée. Désormais il régnera (11 maître absolu de la fortune publique jusqu'au dernier jour de sa vie.

Un an d'absence et de captivité avait suffi pour que le peuple oubliât ses anciens griefs contre Condé, et la même joie qui avait accompagné son arrestation accueillit partout sa délivrance. A Bordeaux, l'allégresse alla jusqu'à la folie : on fit des Mazarins de paille et de toile peinte qu'on habillait de la façon la plus grotesque, et qui, après avoir servi de divertissement, étaient brûlés dans les places publiques; de tous côtés pleuvaicnt Mazarinacles et Archimazarinadei:, La lettre qu'on écrivit au prince, en réponse à la nouvelle que la prjncecse donnait de l'élargissement de son mari, témoigne des sentiments de cette ville :

« Monseigneur, il est difflclle que la réjouissance soit modérée, quand la douleur a été extrÊnae. La ville de Bordeaux, qui avait presque succombé sous la violence du déplaisir de voir V. A. en captivité, se trouve encore moins capable de supporter les excts de la joie que votre liberté lui cause... Ces faiblesses sont illustres, puisqu'elles sont les effets de la passion qu'elle a pour un prince qui est l'admiration de tout le monde... Cp- sentiment est aussi universel qu'il est extrême. C'est, assurent-ils, une joie sincère, car ils ne mettent « de Tartifice que dans les feux qu'ils lancent des théâtres et des pointes des clochers... Tels sont, monseidineur, les petits témoignages de la grande affection qui nous iittuclic à

Page 1