‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 265 sur 503 · COMBAT DE BLÉNEAU · texte numérisé non relu

COMBAT DE BLÉNEAU

gouvernement de Bordeaux à madame de Longueville el au prince de Gonti, aidés de Marsin, de Lenet et du président Viole. Pour ne pas éveiller l'attention, huit compagnons seulement le suivent, et, sans ressources, sans relais préparés, au milieu de pays occupés par les ennemis, il fait un voyage de cent vingt lieues comme domestique du marquis de Lévi. Les preux des romans de chevalerie au moyen âge n'ont pas plus d'aventures, ne font pas plus de rencontres que Gondé ; à plusieurs reprises il manque d'être pris et court les plus grands dangers; enfin, au bout de sept jours, il arrive à Lorris, dans le Gâtinais, où il prend le commandement de l'armée.

Aux coups qu'elle frappa, on s'aperçut bientôt de la présence de Gondé : il s'empare de Montargis, puis, feignant de se diriger sur la Bourgogne, il tombe sur l'armée royale, divisée en deux corps, surprend et bat d'Hocquincourt à Bléneau. A cette nouvelle, la consternation se répand dans la cour: l'on veut retourner à Bourges, sans songer que c'était livrer peut-être sans retour Paris à Gondé et à la Fronde. Heureusement Turenne était là : il arrive au secours de son collègue avec ce qu'il peut trouver de troupes sous sa main, rallie les régiments d'Hocquincourt en fuite et parvient à arracher la victoire à Gondé. Gelui-ci, mécontent de trouver un pareil rival devant lui, quitte l'armée comme il avait abandonné la Guienne, et, sur les instances de Ghavigny, court à Paris, qu'il espère entraîner dans son parti, à la suite de Monsieur et du Parlement.

G'était à Paris, en effet, que devait se dénouer cette situation si embrouillée. Le roi n'avait plus de relations avec le Parlement depuis qu'on n'avait pas délibéré sur

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