‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 267 sur 503 · DU RETOUR DE CONDÉ. 84S · texte numérisé non relu

DU RETOUR DE CONDÉ. 84S

« Gfen, 8 avril. — LL. MM. n*ont pas approuvé le consentement que fnn a donné que M. le prince pût venir à Paris pour 24 heures, ce s étant plus que suffisant pour émouvoir une sédition dans la Pt y mettre les choses en état qu'au lieu d'être obligé de s'en retirer, il eût le pouvoir de faire sortir ceux que bon lui semblerait. Cola nn ût assez par le tumulte qu'ont causé les placards que l'on a affichéi distribution d'argent qu'on a faite à la canaille, et on peut même ■ de là ce que M. le prince pourrait faire y étant en personne, et if de l'argent en plus grande abondance. Il faut que le maréchal ae. l'Hôpital et le prévôt des marchands cessent tout commerce avec S. A. R. et fassent prendre les armes aux bons serviteurs du roi, que le cardinal de Retz fasse prêcher et oblige ses amis à parler, en sorte qui \îes bourgeois connaissent la vérité de ce qui se passe... Cette crainte du peuple de Paris embarrassera fort M. le duc d'Orléans, et si, en môme temps on lui montre le moyen de faire son accommodement la cour avec réputation et sûreté, je crois qu'il en goûtera la protion avec Joie, malgré les conseils de Chavigny qui lui fait croire fine M. le prince, maître de l'armée, s'accommodera de son côté fort avantageusement avec la cour, s'il ne peut compter sur l'assistance et l'auntié de S. A. R. ; mais il faut l'accord du cardinal de Retz avec M. de l'Hôpital et le prévôt pour faire le coup dans l'esprit de S. A. R... Il ne faut pas s'endormir, car le temps presse : M. de Chavigny avec ses adhérents gagne pays furieusement, et avec l'assistance d M. le prince, viendra à bout de tout... 11 serait bon de faire afficher (li< placards contre M. le prince qui disent particulièrement qu'il veut eaipâcher le retour du roi h, Paris, et jeter les habitans dans une dernière ruine; s'il est môme nécessaire de distribuer quelque argent, je vous prie de le faire. »

Dans une autre lettre du 14 avril, Mazarin donne la siibstance de ces placards : c'était lancer un trait à Cuiidé en pleine poitrine :

' Rien ne peut plus contribuer & la ruine de Paris que d'y recevoir le prince, qui empêchera le roi d'y aller et attirera la guerre à leurs portes; qu'ils doivent considérer comme Condé a traité les Bordelais, auxquels non-seulement il a manqué à la parole qu'il leur avait donnée que la Guienne ne serait point le théâtre de la guerre; mais lorsqu'il a vu que le comte d'Harcourt était proche de Bordeaux, il les a abandonnés, et s'en est venu pour tâcher de remettre ses affaires en rangeant de son côté Paris, qui doit attendre un pareil traitement. •

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