ORDONNANCE ROYALE
tères de filles qui seront contraintes ou de mourir dans leur clôture, ou de la rompre pour vaquer dans le monde en cherchant de quoi vivre. On aura besoin de bois, de chemises ou méchantes couvertures pour • leur sauver la vie, car l'humidité de leurs cabanes à demi découvertes, et la nudité en laquelle ils sont, les rend tout transis de froid et ne nuit pas moins que la faim à leur guérison... A Marie, depuis deux mois, le curé a enterré plus de 300 personnes, entre lesquelles il estime qu'il y en a plus de 100 mortes faute d'assistance...
Vincent de Paul, malgré la confiance qu'il avait dans les récits de ses associés charitables, voulut probablement vérifier en personne, sonder l'étendue du mal. Comment expliquer autrement ses visites dans les villes de Noyon, de Chauny et dans tout ce diocèse, visites que mentionnent les historiens de ces localités; il fallait qu'il eût vu de ses yeux, pour faire passer sa conviction dans l'esprit d'Anne d'Autriche et de son ministre, et les amener à signer cette ordonnance importante qu'aucun historien n'a encore révélée, ordonnance qui constitue de la part de l'autorité une déclaration formelle d'impuissance et qui est le titre le plus glorieux de Vincent de Paul et de ses missionnaires.
« De par le roî,
« Sa Majesté étant bien informée que les habitants de la plupart des villages de ses frontières de Picardie et de Champagne sont réduits à la mendicité et à une entière misère, pour avoir été exposés aux pillages et hostilités des ennemis et aux passages et logements de toutes les ar» mées; que plusieurs églises ont été pillées et dépouillées de leurs ornements, et que pour sustenter et nourrir les pauvres et réparer le* églises, plusieurs personnes de sa bonne ville de Paris font de grandes et abondantes aumônes qui sont fort utilement employées par les prêtres de la Mission de M. Vincent et autres personnes charitables envoyée» sur les lieux où il y a eu le plus de ruines et le plus de mal, en sorte qu'un grand nombre de ces pauvres gens a été soulagé dans la nécessité et maladie. Mais qu'en ce faisant , les gens de guerre passant ou séjournant dans les lieux où Icsdits missionnaires se sont trouvés, ont