Recueil Cangé, Ordonnances militaires, t. XXVIII
i(8 IMPORTANCE ET CARACTÈRE
de l'ordonnance, la barbarie des soldats poussée à ce point qu'ils ne respectent pas même ceux qui viennent porter secours à eux et à leurs victimes; la recommandation expresse et en termes solennels faile à toutes les au* torités, de quelque ordre, de quelque nation qu'elles soient, de venir en aide à ces hommes généreux qui portent avec eux le dernier espoir de salut des province» désolées, rien n'y manque. Nous verrons plus tard des sauvegardes données à des ecclésiastiques charitables; mais quelle différence dans les termes I Cet acte attribue à Vincent un rôle public et olficiel. Ce n'est plus un simple particulier trouvant dans sa seule vertu l'autorité nécessaire pour entraînera sa suite un monde d'action et de dévouement, c'est désormais le « Grand Aumônier de LA France, » dans les mains duquel la royauté abdique volontairement ce qui constitue aujourd'hui son plus noble privilège, le pouvoir de faire le bien. La charité a fait de l'humble paysan des Landes la seule force active du royaume en décadence, et le titre de Père de la patrie, que lui donne le gouverneur de Saint-Quentin, ne fut jamais mieux mérité.
Cette ordonnance justifie la lettre que Vincent écrivit aux missionnaires de Sedan sur la demande de Fabert; elle explique aussi celle que M. Em. Jolibois a trouvée dans les archives de la ville de Rélhel et qu'il a citée dans son excellente histoire de cette ville, mais sans pouvoir en indiquer l'importance officielle : elle est adressée au gouverneur et aux échevins de Réthel.
« Paris, 20 mal 1651. — Messieurs, J'ai reçu la lettre que vous m'ave» fait l'honneur de m'écrire, avec grand respect et égale affection de vous rendre mes très-liuuiblcs services. La lecture en fut faite à une assemblée des dames de la charité où était Me' l'arcUevêque de Reims ; cbacua