Lacuisine, Histoire du Parlement de Bourgogne
Parlement de Paris dans ses décrets d'anathème contre Mazarin (8 mars 1G51). Sur ces enlrefaites eut lieu l'échange des gouvernements; avant de partir, Condé avait triplé les forces de ses amis par les troupes quil avait fait venir. Ceux-ci, comme le remarque Millotet dans ses Mémoires, devaient devenir les amis du nouveau gouverneur, et Condé devait accepter à son tour ceux que c« dernier avait laissés en Guienne.
Partout les princes avaient rencontré la même joie, qui partout prenait sa source dans l'espérance de la paix, Il semblait que personne n'eût plus rien à demander j mais ce calme apparent allait déchaîner des tempêtes fu-. rieuses: la guerre n'avait jamais été plus imminente, Après la victoire, toutes les prétentions rivales se drcs» sentj ceux qui étaient alliés pour la lutte redeviennent des ennemis pour le partage du pouvoir. Qui gouvernera la France? Pour la reine, un autre ministre que Mazarin ne pouvait que déplaire, et toute sa coq» duite devait tendre à le ramener. On s'en aperçut bien» tôt : le texte de l'édit que le Parlement avait demandé contre Mazarin ranima l'indignation; la rédaction indi' quait visiblement les regrets d'Anne, et l'espoir qu'elle conservait. Le Parlement demanda qu'on ajoutAt un article pour exclure formellement des conseils du roi les cardinaux, comme prêtant serment à un prince étranger; de là, une enquête « contre cette injure faite à l'Eglise i de la part du clergé encore réuni. Ce coup frappant Ul' directement le Coadjuleur dans ses espérances, il sut fair» prononcer contre ce projet le duc d'Orléans, qu'il menait à sa fantaisie; le Parlement insista, mais la reine traîna l'affaire en longueur, espérant arriver à ses fins en jcl;iiit des brandons de discorde entre ses ennemis.