ET DU PRINCE DE CONDÉ. M
des inirigues de femme rattachaient à sa cause, s'y opposèrent. C'était le commencement de la rupture des deux Frondes; elle fut consommée le lendemain, lorsque Condé, avec ses habitudes brutales, retira la parole de mariage échangée entre Gonti et mademoiselle de Chevreuse.
Les deux Frondes séparées, la reine voulut regagner le duc d'Orléans et le Parlement: elle accorde au premier le renvoi de Mole qu'elle remplace par Séguier, et au Parlement la déclaration qui excluait les cardinaux des conseils u roi. Forte de ce double appui, elle chicane Condé à )ropos des faveurs énormes qu'il avait extorquées pour ui et ses amis, comme prix de son alliance; la main de Mazarin se devinerait facilement dans toutes ces intrigues, si des lettres ne la montraient surabondamment, f Tout vaut mieux, écrit-il à la reine, que d'accorder à M. le Prince ce qu'il demande; s'il l'obtenait, il n'y aurait )lus qu'à le mener à Reims. »
On ne sait vraiment comment raconter cette époque : intrigues, promesses violées, paroles données à deux partis à la fois, voilà les moindres méfaits de tous ces princes et de ces prélats ; un pas de plus dans cette voie, et ils nouent des négociations avec l'étranger, appellent les armées dans nos provinces qu'ils désolent : et pour çuels motifs? Gondy veut venger son ancienne maîtresse çue Conti a rebutée et qu'un agent de Condé, le savetier Maillard, a outragée publiquement;- Condé ne prétend pas h moins qu'à traîner à sa suite une clientelle de gouverneurs de villes ou de provinces, qui, à son appel, seront toujours prêts à lever l'étendard de la révolte et à imposer ies volontés de leur patron au chef de l'État, qu'il soit ministre, reine ou roi ; Orléans ne veut céder en rien à wn cadet Condé; madame deLongueville craint la sévé-