LA COUR VA EN BERRI
ccndraient par la Picardie et la Champagne, devient impossible depuis la retraite de Turenne. Une parlie de# régiments' des princes cantonnés en Picardie refusent» môme de suivre leurs chefs; 3,000 hommes seulement vont rejoindre les Espagnols à Stenay, qui venait de se. déclarer pour les princes ainsi que Seurre et le château< de Dijon.
De quel côté la cour porlera-t-elle ses premiers coups? la reine penche visiblement pour Stenay, qui doit la rap-s prêcher de Mazarin; Châteauneuf décide cependanf Louis XIV à frapper directement sur cet odieux chef de troubles, cet orgueilleux prince de Condé dont le magnifique cortège avait tant humilié le roi quelques mois auparavant dans une rencontre au Cours-la-Reine. Les maréchaux Aumont et La Ferté-Senneterre sont envoyés vers le nord; Harcourt au sud; Louis marche sur le Berri. Paris est laissé à la garde de Mole et du duc d'Orléans que Gondy, par la promesse du chapeau rouge, s'engage à maintenir fidèle.
Les princes n'avaient fait que paraître dans la province, et déjà les ruines jonchaient le sol du Berri : le 21 septembre, un immense incendie dévorait à Issoudun près de 700 maisons de cette vieille ville, et la rumeur publique accusait Condé. Le prince donnait ainsi une marque teriible de son mécontentement contre une ville qui avait aidé le lieutenant du Berri, M. de Saint-Aignan, à reprendre le château de Baugy; depuis ce temps, Condé proférait dans toutes les occasions les paroles les plus amères contre Issoudun, et surchargeait les habitants de garnison : au début de la guerre, il anéantissait tout ce qui pouvait le gôner ou lui résister.
L'arrivée de l'armée royale ne fil qu'aggraver le mal ;
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Châteauroux se débarrassa d'un hôte aussi incommode au prix d'une indemnilé de 10,000 livres; à Bourges, le régiment de la reine se présenta pour tenir garnison. Comme on refusant de le recevoir, il se mit à dévaster toutes les paroisses des environs. La ville l'admit enfin ; mais bientôt, sous prétexte d'être mal logé et mal traité, le régiment recommença ses excès, et pour qu'il s'éloignât, il fallut s'engager à lui payer par mois la somme considérable, dans les misérables circonstances où l'on se trouvait, de 11,500 livres, et on eut beaucoup de peine à la réunir. Il fallait aussi fournir aux besoins du parti de Condé : le 18 septembre, M. de Persan vint de Montrond à Bourges pour se procurer de l'argent, se rendit à Il maison du commis-général des gabelles, prit 18,000 livres qui se trouvaient dans la caisse ; par ses ordres, le grenier à sel fut ouvert, on mit en vente le minot de sel à 20 et môme à 16 livres, tandis que le prix ordinaire était au moins de 30 livres.
Cependant la marche du roi inquiétait Conti: pouf maintenir plus facilement son autorité, il fit arrêter ceux qui lui faisaient de l'opposition, le maire de Bourges Claude Biet, et les marquis de Sessac et de La Fayette. Mais enfin il fallut céder, et Conti partit pour Montrond avec M. de Nemours, madame de Longueville et les habitants les plus compromis. Le roi entra à Bourges et alla loger dans la maison de Jacques Cœur ; pour récompenser les habitants de leur fidélité, Louis leur accorda la remise de l'impôt de 4,500 livres qui servait à la réparation de la grosse tour, qu'il fit démolir : lui-même ôia la première pierre de sa main, et le peuple, avec cet acharnement qu'on avait déjà remarqué lors de l'ordon- , nance de Richelieu contre les lieux fortifiés à l'intérieur,