‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 335 sur 503 · SIGNALENT LA MISÈRE DE PARIS · texte numérisé non relu

SIGNALENT LA MISÈRE DE PARIS

Les correspondances particulières attestent aussi l'intensité du mal, comme on peut en juger par les lettres de la

mère Angélique à la mère Agnès :

" Mars 1652. — Je vous envoie un morceau du pain des pauvres; z à quelle extrémité ils sont réduits. Nous ne voyons que des pauw s qui nous viennent dire qu'ils n'ont mangé il y a deux ou trois jours, d'autres qu'ils n'ont mangé que des choux dans de Teau , sans sel. Je vous supplie de montrer ce pain à nos sœurs, qu'elles considèrent, comme je leur ai dit souvent, qu'il faut retrancher tout ce qui est possible, afin que nous n'ayons pas besoin qu'on nous donne en retranchant aux pauvres. »

Qu'on juge dans une pareille situation ce que devaient [troduire des pamphlets incendiaires comme ceux que lançaient les partisans des princes. M. le comte de Saint- Aulaire le déclare lui-même : o La vérité historique oMige de reconnaître que les grands seigneurs de la Fronde ne se faisaient pas plus de scrupule des émeutes populaires que des alliances avec l'étranger. > A quelle époque de nos révolutions a-t-on lu un langage plus horrible que celui d'un des écrits qui eut alors le plus de Togue :

« Lâchons hardiment la bride ; faisons carnage sans respecter ni Je» grands ni les petits, ni les jeunes ni les vieux, ni les mâles ni les femelles. Sortons de nos gîtes , de nos tanières, quittons nos foyers, fai- [ sons voltiger nos vieux drapeaux. Battons nos caisses. Alarmons tous j les quartiers, tendons nos chaînes. Renouvelons les barricades. Mettons \ nos épées au vent, tuons, saccageons, brisons, sacrifions à notre juste I vengeance tout ce qui ne se croisera pas pour le véritable parti du roi i et de la liberté. »

!| Des paroles, on passa bientôt aux faits : les partisan? f de Condé organisèrent une troupe de bandits sous la I conduite d'un nommé Peny, qui s'attaquait à tous ceux i qu'on soupçonnait de mazarinisme. Chaque jouril y avait

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