‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 349 sur 503 · Arch. imp., ms. KK, 107J · texte numérisé non relu

Arch. imp., ms. KK, 107J

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rarement dans les expéditions militaires, et dont la vue 1 faisait frémir. A chaque pas on rencontrait des gens mu- ' tilés, des membres épars ; des femmes coupées par quartiers après avoir été violées; des hommes expirants sous j les ruines des maisons incendiées, d'autres conservant \ encore un souffle de vie dans un corps déchiré ; d'autres : enfin percés avec des broches ou des pieux aigus. Un pauvre cultivateur des environs de Braine ayant refusé! à des soldats une somme d'argent qu'il n'avait pas, fut i attaché par les pieds à la queue d'un cheval fougueux : on frappa à coups de fouet l'animal, qui se mit au galop dans des sentiers tortueux. Les membres de ce malheureux furent disloqués et mis en pièces; on les retrouva épars : les pieds étaient encore attachés à la queue du cheval quand il fut repris *.

C'est le sort de tout ce qui n'est point assez riche pour payer ou assez armé pour se faire redouter. On voit, dan»: la brochure de M. Fleury et dans le journal de Lehault, l'existence épouvantable des petites localités de la Picardie et de la Champagne au milieu des passages successifs de vingt généraux, royalistes, frondeurs, espagnols ou lorrains, allemands ou polonais. La destruction qui; s'exerce dans Marie monte à plus de 150,000 livres pour l'année 1651. C'est par bandes de 1,500 hommes, infan-^ terie et cavalerie, que les soldats allaient à la maraude,! officiers en tête, tambours par-devant, canons par der-i ricre; chaque nuit était éclairée par l'incendie d'un vil-| 1 âge ou au moins d'une ferme. Les Relations sont encore; plus effrayantes par le détail qu'elles donnent de touscesj faits : I

!. Botirquelot, Hisfoire de Provins, t, 11; Pr'nux, lUstoiiedeBraini\

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