C'. SURSEANCE ACCORDÉE POUR LES DETTES
« Sur ce que le procureur général du roi a remontré à la cour, que
les manants et habitants du plat pays et villages circonvoisins de Reims, Réthel, Ribemont, Saint-Quentin et Laon, ayant été réduits à des misères extrêmes et incroyables...; qu'il n'est resté aux habitants aucuns moyens pour cultiver et ensemencer les terres dépendantes de leurs villages, non pas même pour faire subsister leurs personnes; la compassion de leurs misères ayant excité la charité de cette ville de Paris pour les secourir en leurs nécessités, leur fournir des grains desquels ils ont ensemencé leurs terres; mais comme ils sont en étatel espérance de recueillir le fruit de ces charités, ils sont menacOs pai leurs créanciers particuliers qui prétendent faire procéder par voie d( saisie, tant sur les fruits pendants par les racines, que sur les vifs ei morts, servant au labourage, môme d'obtenir des contraintes pai corps, faute de payement de leur dû, qui serait réduire lesdits pauvre habitants au désespoir... La cour octroie à ces habitants surséanccj pour le payement de leurs dettes d'un an, et donne mainlevée dd toutes les saisies déjà faites. »
Les divers documents que nous avons eu l'occasion d'6 tudier ont, surtout, signalé les misères rurales et ur haines, et indiqué incidemment celles de la noblesse cependant elle n'était pas plus heureuse, comme l( prouve une pièce importante: pour la première foi peut-être, dans l'ancienne monarchie, existait l'égalité mais l'égalité de la misère, dit une Relation.
»'. Louis XIII, perdirent leurs propriétés rurales vers 1650, sans en quer clairement les causes; ne serait-ce pas à la suite des dettes avaient contractées pendant cette misérable époque de la Fronde, c< semble le prouver suffisamment cet arrêt du Parlement? On se sou aussi de l'enquête de Bourgogne, p. 298 : deux habitants de Cirr quéreurs de biens ruraux, sont obligés de les rendre à mademoiscl: ger, faute de pouvoir la payer! Nous trouvons dans le numéro d vembre 1861 du Cabinet historique de M. L. Paris, une communi. faite par M. Suin, président de la chambre des notaires à Soisso; établit, d'après une série de documents empruntés aux Archi' > tabellionnge de Soissons, ce que nous ont déjà appris M. Mi( comme fait général, et M. Lallier pour le bailliage de Sens (p qu'au xvi» siècle, même à l'époqne de la Ligue, la situation des ( agricoles était meilleure que durant le xvue et le XYiii» siècle. Toi documents ont paru in extenso dans le Bulletin dç la Société archtoi^ yique de Soissons,