‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 355 sur 503 · LES CONTRIBUABLES D'ARNAY-LE-DUC · texte numérisé non relu

LES CONTRIBUABLES D'ARNAY-LE-DUC

en enfants de bonne maison. Après avoir déjeuné, dîné et bu, même au delà de leur contenance, ils jetèrent les plats, les servielles et la nappe dans le feu, et commirenl ensuite grand désordre dans la maison, ayant rompu les serrures et mis en dedans la porte du cabinet de Delacroix, ils lui brûlèi-ent quantité de livres et de sacs de procédure, lui dérobèrent une paire de pistolets, un fusil, quatre cuillères et un gobelet d'argent, quantité de vaisselle d'étain et neuf ou dix serviettes, rompirent plusieurs meubles et s'efforcèrent de mettre le feu en jetant sous les châlits des tisons allumés. Plusieurs, étant descendus à la cave pour avoir de meilleur vin, mirent en perce les tonneaux dont le vin fut entièrement épanché, et ayant découvert le saloir, ils le renversèrent et prirent 8 jambons et d'autres pièces, déclarant hautement qu'ils ne sortiraient pas de la maison que Delacroix n'eût satisfait aux demandes des magistrats. » Delacroix, averti, accourt, veut faire des remontrances à ces forcenés, mais trois soldais, « imbus de vin, » lui donnent des coups; en se débattant il en renverse deux. Au môme instant, tous le frappent de leurs épées de telle façon qu'il voulut recourir à ses armes; mais il reçut deux blessures à la cuis qui l'abattirent, et comme il perdait beaucoup de sani;, on fut obligé de le mettre au lit... La plainte portée par Delacroix contre le maire et les soldats ne paraît avoir reçu aucune suite.

Arnay eut ensuite trois mois de repos ; mais le 30 juillet, elle revit une nouvelle garnison qui séjourna jusqu'en mai 1653 aux frais et dépens pour les fourrages, des huit villages voisins, et encore n'obtint-on la retraite des troupes qu'en offrant au duc d'Epernon t deux feuillettes de via lin, deux douzaines de jambon et autant de

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