CHARLES DE LORRAINE A PARIS
intéressant aux belles amazones, dont les une» lui faisaient des avances (madame do Châtillon), et les autre? rùcoutaicnt volontiers (mademoiselle de Montpensier, uiadame de Guémenée, madame et mademoiselle de Chevreuse). Mais celles qui avaient eu l'heur de le captiver l'taient mesdames do Frontenac et de Monlbazon *, Il leur faisait sa cour en leur apprenant des contes assez libres qui paraissaient divertir beaucoup le plus grand nombre, ou en leur racontant les habitudes de ses soldats qui, disait-il, ne mangeaionl pas seulement les chiens et les chevaux morts, mais aussi les hommes, dont ils avaient déjà mangé plus do dix mille; et un jour ayant trouve dans un couvent deux vieilles religieuses qui n'étaient pas bonnes à autre chose, ils en avaient fait du bouillon ; son armée était donc la providence des vieilles femmes. Ou il se moquait de tout le monde ; des dames, du caidinal de Retz, du prince de Condé, etc. Le Parlement seul, fidèle à ses traditions de patriotisme français, refusa au duc d'Orléans de laisser asseoir sur les fleurs de lis un prince ennemi de l'État. Malgré les ovations dont il était Pobjet, ce petit échec lit comprendre au duc de Lorraine sa fausse position : il avait aussi à se plaindre de la hauteur de Condé, qui l'appelait à son secours et ne voulait pas rendre au Lorrain les places que lui, Condé, avait reçues de Mazarin. C'était pour un pareil allié qu'on voulait que Charles risquât son seul bien, son unique patrimoine, l'armée qu'il amenait, contre un capitaine aussi redoutable que Turenne. Aussi, profitant du prétexte que les princes n'avaient pas tenu leur promesse et n'avaient ni soldats ni argent, Charles se montra plus facile
1. Voir le charmant récit de M. d'Haussonville, t. II, p. 330 et suiv.