‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 379 sur 503 · LETTRES D'ANGÉLIQUE ET D'AGKÈS ARNAULD · texte numérisé non relu

LETTRES D'ANGÉLIQUE ET D'AGKÈS ARNAULD

Une seconde lettre du 28 juin est encore plus explicite' nous la donnons presque entière.

« ... La France est toute désolée; il n*y a point de province qui ne souffre à l'extrémité. Paris et ses environs sont des plus maltraités. Tous les villages d'alentour sont entièrement déserts, et ce qui reste d'habitants sont retirés dans des bois, les autres étant morts de faim ou ayant été assommés par les soldats... Les abbayes ont été presque toutes pillées, et ce qui est plus horrible, les religieuses qui n'ont pu se sauver ont été indignement traitées. Un soldat mort à l'Hôtel-Dieu a confessé avec grande douleur que de tous les horribles crimes qu'il avait commis, celui qui l'affligeait le plus était que, comme il poursuivait une religieuse, elle avait monté par le moyen de la grille jusqu'au crucifix qu'elle tenait embrassé, ce que voyant, de rage il l'avait tuée d'un coup de fusil... La maison de mon frère d'Andilly (Pom«

80 janvier 1649. On entrevoit cependant même dans son silence et dans les mots qui lui échappent la terreur générale, signe caractéristique des correspondances de ce temps, « cette guerre civile qui est le tombeau de tant de gens... 10 août 1649. Le temps est si malheureux que les personnes qui ont le plus sujet d'espérer de la sûreté n'en trouvent plus ilu tout sur les chemins. Il faut attendre la paix, dit-elle à une religieusequi voulait venir de Blois à Paris... 30 avril 1652. Nous sommes dans un temps où il faut être revêtu des entrailles de miséricorde pour le prochain, si nous voulons que Dieu nous ouvre les siennes. » 25 mai 1652, etc. Un de ces voyages en prose et en vers, comme ceux de Bachaumont, qui furent si à la mode au dix-septième siècle, fait encore bien mieux connaître le peu de sécurité qu'offraient les routes en 1652 : cinq voyageurs, dont l'un, l'auteur du récit, est magistrat, vont de Paris à Lyon vers janvier 1652, escortés de leurs domestiques, tous sont armés d'épées, de pistolets, de fusils ou de mousquets : ils parlent à chaque instant de la garde qu'on fait à la porte des villes dont oo leur refuse souvent l'entrée en les voyant ainsi équipés; à Corbeil, i Pont-sur- Yonne, il leur faut donner d'assez grosses sommes; dans les villages, leur aspect cause le plus vif efTroi et met les habitants en fuite, en particulier à Villeneuve-le-Roi et même à Joigny, à Saulieu, au delà de Rouvray; ils jettent une véritable consternation dans Trévoux par une fanfare qu'ils ont l'idée d'exécuter avec douze cors; à Vermantoa, non loin d'Auierre, des officiers de connaissance qu'ils rencontrent leur font faire une véritable débauche aux dépens des habitants qu'on somme de livrer leur meilleur vin, etc. Voir Nouveau recueil de diverses poé' sies françaises^ composées par divers auteurs. Paris, chez de Sercy, petit in-12; une édition porte ce litre : les Voyageurs inconnus «i autres œuvres curieuses tant en prose qu'en vers.

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