‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 398 sur 503 · NOUVELLE ADMINISTRATION DE LA FRONDE · texte numérisé non relu

NOUVELLE ADMINISTRATION DE LA FRONDE

caractère de rébellion à tout ce qui se faisait à Paris : remontant au dernier arrêt du Parlement du !•' juillet comme au dernier acte légal, le roi déclarait nulle toute délibération prise ou à prendre tant au Parlement qu'à l'hôtel de ville, ordonnait d'informer de l'horrible attentat commis contre l'assemblée dûment convoquée, et transférait le Parlement à Pontoise.

A toutes ces attaques, la Fronde devait répondre sous peine d'abdication et de déchéance; le 19 juillet, cent quarante-trois membres se réunirent; Broussel proposa, dans un discours écrit à l'avance, de déclarer Gaston lieutenant-général du royaume, dignité presque royale*, et Condé commandant des armées sous Tautorité du lieutenant général, jusqu'à ce que le roi, « détenu par Mazarin, eût été mis en liberté, et Mazarin chassé du royaume.» En face d'un roi majeur, c'était un crime de haute trahison, et néanmoins la cour des aides, la chambre des comptes et l'assemblée des notables bourgeois de l'hôtel de ville reconnurent sans contradiction ce « brevet d'usurpation. » Le premier soin du nouveau chef fut de nommer à la ville de Paris un gouverneur h sa discrétion, en l'absence du maréchal de L'Hôpital, Beaufort fut choisi ; puis d'établir le conseil dont parlait l'acte d'union, conseil de princes, de ducs et pairs, de membres des cours souveraines et du corps de ville. Séguier, mécontent de la cour qui ne lai rendait pas les sceaux, en accepta la présidence au grand scandale de la haute magistrature, et pour compléter la contrefaçon du conseil Foyal, on imita le sceau du roi.

1. « Il ne lui manquait plus, comme le remarqua spirituellement 1« conseiller Catinat (père du maréchal), que le pouvoir de guérir les éerouelles. i>

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