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sur le point d'accoucher, reçut l'autorisalion d'y rester autant qu'elle voudrait; sa fille. Mademoiselle, partil bientôt, incertaine de ce qu'elle devait faire, mais désirant rejoindre le prince de Condé. Louis, au milieu des transports de joie des habitants, se retira au Louvre, plus isolé, plus facile à défendre que le Palais-Royal, t Le roi, dit la Gazette *, est dans son Louvre, le soldat à la barrière, et le bruit des tambours et les fanfares des trompettes, qui, ces jours passés, ne servaient que de triste avertissement au bourgeois de se tenir prêt pour la garde et la défense de ses biens ou le salut de sa personne, ne servent plus qu'à exciter les transports de sa joie. » Parmi les premiers qui accoururent au Louvre, on remarqua le cardinal de Retz et le fils de Rroussel, qui venait remettre les clefs de la Bastille. Le roi convoqua nominativement ceux du Parlement qu'il voulait conserver ;i joindre aux membres revenus de Pontoise, et, tous tiisemble, le 24, prirent séance pour enregistrer une nouvelle déclaration d'amnistie, qui accordait encore trois jours au repentir des princes. Par un autre décret, il était interdit au Parlement e de prendre ci-après mnnaissance des affaires générales de l'Etat et de la dii tion des finances, et de rien ordonner ou entreprenilre contre ceux qui en auraient l'administration, à peine de désobéissance. » Le Parlement se tut, les bannis obéirent, et, de ce jour, bien plus encore que de celui où le i "i entra dans le Parlement, un fouet à la main, date l'avriirment du pouvoir absolu, le règne du bon plaisir.
Le hasard voulait que ce jour fût exactement celui où, quatre années auparavant, le même Parlement avait im-j
1. Voir à la bibliothèque les médailles elles gravures faitess en se nir de cel ûvéïieuieiil; liie aussi la Gazette^ n" 135, aiuii'r liia£.
AU LOUVRE. 4il
posé à la royauté des conditions (le gouvernement dont il demeurait à peine un souvenir. Tout l'intervalle de ces quatre années avait été rempli par la désolation du royaume, par la perle de son unité au dedans et de son influence au dehors, par la misère des particuliers et l'épuisement des ressources publiques, sans que de ce désordre fût sortie une seule institution féconde pour la réparation des abus et des vices sérieux qui composaient l'ancien régime. Beaucoup d'idées cependant avaient été semées et germeront dans le demi-siècle qui s'ouvre*. Le terrain était tellement déblayé des renommées prétentieuses qui, pendant quelque temps, l'avaient occupé, qu'un roi de quatorze ans, une reine décriée, et l'ombre d'un mi-
1. Les historiens ont pu souvent remarquer que les mesures d'ordre, de progrès, qui d'ordinaire signalent l'installation des périodes d'autorité, en général ont été empruntées aux idées de l'époque de troubles qui les a précédées et amenées. A son grand honneur et profit, le pouvoir habile fait accepter aux intérêts menacés par la révolution une sorte de compromis qui donne satisfaction aux besoins réels et aux aspirations de la société, et en môme temps lui fait faire un pas important dans la voie du progrès. Toute notre histoire en fait foi : c'est dans les projets des Etats généraux, dirigés par Etienne Marcel, que Charles V va choisir les réformes et les institutions qui lui ont valu le surnom de Sage, et donné à son règne un caractère réparateur. Charles VII le Bien servi puise également dans la grande ordonnance des Cabochiens. L'hôpital et les illustres jurisconsultes qui nous ont laissé l'ordonnance de Moulins sont contemporains des guerres de religion et des luttes ardente» du xvi* siècle. Henri IV succède à la démocratie de la Ligue; l'administration de Richelieu doit plus d'une des sages mesures qui recommandent ce ministère, à cette assemblée orageuse des États généraux de 1G14, qui lut la dernière de l'ancienne monarchie. M. Laferrière, inspecteur général de l'enseignement supérieur en France, a montré tout ce dont notre législation actuelle est redevable aux discussions fécondes des «usemblées de la grande révolution de 178!»; M. Moreau, éditeur des tJazarinades, rédacteur de l'Union, a établi avec beaucoup de sagacité que les premières réformes qui ont signalé le règne de Louis XIV ont été conçues et ordonnées sous l'influence des mouvements de la Fronde. On consultera avec fruit sur ce sujet l;i préface de ses Courriers de la fronde.