‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 416 sur 503 · LA MAUVAISE ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

LA MAUVAISE ADMINISTRATION

s'élevèrent à 80 millions, et on avait fait la Froncîe pour qu'ils ne dépassassent point 3 millions). C'est, comme avant la Fronde, on subsiste, à force d'édits bursaux par de nouveaux impôts sur le sel et sur divers droits des aides, par des réductions d'un sixième sur la valeur des monnaies courantes, afin d'engager les particuliers à se hâter de prêter, soit aux financiers, soit au trésor, dns espèces qui allaient diminuer de valeur entre leuis mains*. On ne se soutient que par des anticipations continuelles de budgets; en 1653, les revenus de 1654, 16o.'j et 1656 sont déjà fortement entamés. On autorise les roturiers à se racheter du droit de franc-fief, qui se percevait tous les vingt ans pour une somme une fois payée; c'est de celte époque que datent les tontines, dues au Napolitain Laurent Tonti, dont les vicissitudes de fortune sont des plus curieuses.

On frappe tous ceux qui, depuis 50 ans , ont usurpé les titres de noblesse, d'une amende de 2,200 livres (c'était une sorte de justice relative, puisque cette noblesse exemptait de prendre part aux charges de l'Etat). On exige des anoblis depuis la même époque un droit de 1,650 livres ; puis viennent de continuelles aliénations du revenu public; un nouvel impôt de 6 sous par livre,

1. Mazarin avait soin de se mettre à l'abri de ces réductions, qui no fetombaient que sur le commerce et sur le peuple; et tout ce qui avait crédit au pouvoir l'imitait. Voici une lettre inédite sur ce sujet, 30 octobre 1653, de la maia de Colbert : « Je serais d'avis, pour nous sauver de la perte du rabais des monnaies, que nous fissions un prêt au roi de 150 ou 200,000 livres avec les intérêts à 15 pour 100, à nous en rembourser au mois de juin prochain sur quelque bon fonds, comme le convoi de Bordeaux ou les gabelles de Languedoc et Lyonnais qui s'adjugent présentement; si Votre Eminence approuve cette pensée, je ferai me» lollicitations pour la faire réussir. » En marge, de la main de Mazarin : «Je l'approuve pour 150,000 livres sous un nom «mpruntéj si ce n'et^t que TOUS pensiez plus à propos do payer M. Tnbeuf. »

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