‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 430 sur 503 · COMPLICITÉ DE CONDÉ · texte numérisé non relu

COMPLICITÉ DE CONDÉ

delaise : loin de s'étendre, la révolte était de plus en plus circonscrite. Le marquis de Pompadour, lieutenant général du Limousin, avait à plusieurs reprises battu les bandes de Marsin, qui, du Périgord où elles étaient établies, faisaient des courses dans le Limousin, et, à une rencontre, il leur avait fait sept cents prisonniers et enlevé leur butin, estimé plus de 150,000 livres. Comme toujours, pour maintenir leur pouvoir déclinant, les OrmUtes avaient recours à des moyens plus violents, à une plus grande intimidation. Le 19 septembre, dans une assemblée, ils décrétèrent qu'aucune proposition de paix ne serait reçue que sur Tordre de Condé; que quiconque en ferait, serait puni exemplairement; et, à cette fin, quatre potences seraient dressées en autant de places publiques. Conti se faisant pour son frère le complice de ces violences, leur en témoigna une si grande joie que les Ormistes voulurent sceller celte union dans un festin magnifique avec les ducs d'Enghien, de Guise, les sieurs de Montespan, Marsin et Lenet (18 services de 8 plats, dit la Gazette t) : mais le lendemain une manifestation réactionnaire répondait à ces menaces.

Une pareille conduite élait conforme aux conseils de Condé qui, en engageant Lenet à s'unir avec l'Ormée, lui avait recommandé de faire en sorte que tous ces actes parussent être l'œuvre de Conti et de la duchesse de Longueville, afin que, si Condé venait à conclure son traité avec la cour et à rentrer dans son gouvernement de Guienne, les membres influents de la magistrature et de la bourgeoisie, contre lesquels ces violences étaient dirigées, n'eussent aucun reproche à lui faire.

Les violences augmentèrent encore après le retour du roi à Paris : le Parlement de Bordeaux se trouvait dégagé

Page 1