L'ADMIRATION DES CONTEMPORAINS POUR LOUIS XIV
tude, on cherche à se faire remarquer dans une lutte de flatteries qui, trente ans plus tard, doit aboutir à l'autel de la place des Victoires, où La Feuillade vient s'agenouiller avec ses mousquetaires devant une image du roi, entourée de cierges. Consultez les monuments de l'époque au Cabinet des estampes et des médailles; celle qui est frappée en 1653 porte pour légende : se- RENiTAs, LE CIEL SEREIN; les emblèmes et les devises poussent comme les fleurs au printemps : une image en est remplie; au milieu se trouve une belle tête du jeune roi avec cette exergue à l'entour : digna deo FACIES, FIGURE DIGNE d'un DIEU. Dans uuc autre gravure, la France et diverses nations offrent une couronne à Louis, se disputent l'honneur de l'avoir pour souverain; au bas de celle qui représente le sacre du roi, on lit, en parlant de la sainte ampoule : « Ici ce baume précieux est pour sacrer un demi-dieu. Au retour de ce sacre (1634), le recteur de l'Université de Paris, à la tête du corps enseignant, commençait ainsi sa harangue : c Nous sommes tellement éblouis du nouvel éclat qui environne Votre Majesté que nous n'avons point de honte de paraître interdits à l'aspect d'une lumière si brillante et si extraordinaire, etc.* » Ce langage s'adressait à un jeune prince de seize ans à peine, qui n'avait encore rien fait par lui-
1, Au sacre même on put voir que la féodalité était finie : ce n'est plus l'ancien sacre féodal des rois entourés de leurs pairs laïques et ecclésiastiques; tous les emplois sont tenus par des doublures. C'est une simple cérémonie de cour où Louis se montre « le maître des dignités, abaisse, élève à son gré, en fait comme une chose sienne et absolument dans sa main. » Le fameux mot l'État, c'est moi, est déjà en action, s'il n'a pas encore été prononcé. — Voir, pour toutes les flatteries du sacre de Louis XIV, les ouvrages du catalogue de l'Histoire de France, bibl. imp., t. Il, de 3211 à 3243, etc.; Recueil des inscriptions et vers, etc.; Douze tableaux, etc.; Harangues,,.