DE L'INDUSTRIE
lin; ainsi le procès commencé en 1530 entre les fripiers et les tailleurs de Paris au sujet des habillements neufs ou vieux, n'était pas encore terminé en 1776, et il en était de môme dans toutes les corporations (libraires el bouquinistes, pâtissiers et boulangers, bouchers et rôtisseurs, etc.). De plus, avec ce régime ancien du petit atelier, les chômages étaient beaucoup plus fréquents; le petit fabricant, dépensant peu comme installation, redoutait moins la suspension des travaux que, de nos jours, le grand manufacturier pour qui le lourd loyer et le capital des machines est une source de dépense considérable, même quand les ouvriers ne travaillent pas, e': qui, conséquemment, a besoin de produire sans cesse pour couvrir ses immenses frais*.
Il faudrait un volume pour faire connaître cette or. ganisation à contre-sens que la féodalité et la royauté avaient imposée à l'ancienne France, et qui produisait In ruine universelle; nous n'avons pu que faire entrevoir les causes si multiples, si complexes, si variables, et contre la force logique desquelles la volonté des ministres les plus énergiques, les plus éclairés, était impuissante. Que sera-ce dans une époque tourmentée comme l'est toute régence, et surtout la régence d'une femme?
*. Voir aussi le savant et impartial livre de M. Paul Boiteau : Ktat de la France en i 789, et pour la sévérité des lois à propos de la gabelle, etc., Berrial Saint-Prix, conseiller à la cour impériale de Paris : Des juridictions du petit criminel, et Des tribunaux et de la orocedure du grand criminel^ 1853 et 1859-