VIII. — Le premier cimetière de Québec (P
« A droite de la côte, en montant, on aperçoit un terrain triangulaire borné par le cap, la côte et les murs de la ville; c’est le site du premier cimetière de Québec. On sait que dans 1 hiver de
(1) Rel. des Jés., 1648. p. 61.
(2) The Conspiracy of Pontiac, 1874, t. I, p. 74.
1608 à 1609 la plupart des hivernants, vingt sur vingt-huit, moururent du scorbut; ils furent inhumés dans ce cimetière. La carte de Champlain, dans son édition de 1613, reproduite par Laverdière, ne laisse aucun doute à cet égard. Le bas de la côte du Magasin y conduisait directement. C'est là que la population primitive de Québec dort son dernier sommeil. Quelques personnes furent inhumées ailleurs, chez les Récollets, dans le cimetière des Pauvres de PHôtel-Dieu, dans celui de Saint-Joseph à la paroisse, et dans les différentes chapelles ou églises; mais jusqu’en 1688 le cimetière de la côte de La Montagne fut le cimetière commun. A cette époque, le terrain passa à M?r de Saint-Vallier qui l'unit à celui de son évêché (1). »
IX. — La Yen. Marie de l’Incarnation (Marie Guyart, veuve Martin)
Voici, d’après son fils, Claude Martin, ce qu’aurait dit « un ecclésiastique distingué », au départ de la France de Marie de l’Incarnation :
« La France ne sait pas la perte qu'elle fait, en perdant la Mère de l’Incarnation. Si l’on connaissait sa sainteté, et ce qu'elle peut auprès de Dieu, il n’v a personne qui ne s’opposât à sa sortie, et qui ne fit son possible pour la retenir (2). »
Claude Martin avait vu les Mémoire s de M. de Bernières-Louvigny, le directeur spirituel de Msr de Laval, et il en cite ces quelques lignes sur la Mère de l’Incarnation :
« C’est une grande âme, et solidement vertueuse, qui a une profonde humilité, une charité éminente, et qui ne perd point l’union actuelle avec Dieu (3). »
(1) Archives du Séminaire de Québec, mss. de l’abbé Beaudet : Québec, ses monuments anciens et modernes, ou Vade-mecum des citoyens et des touristes, par un Québecquois.
(2) Vie de la Mère de l' Incarnation, p. 391.
(3) Ibid., p. 320.
Charlevoix écrit, au sujet des œuvres de la Mère de l’Incarnation :
« Ses ouvrages, où l’on admire un goût exquis, une raison saine, un génie sublime, et cette onction divine qui distingue si bien les écrits des saints... (1). »
D’après Claude Martin, la Mère de l'Incarnation, dans sa vision sur le Canada, avait vu saint Joseph comme « le gardien de ce grand pays (2). »