ACTE PREMIER
KOZBT.
Qu'as-tti, mon bien-aimé, qui te trouble et t'attriste? Déjà, depuis hier...
(Apercerant Zabulon.) Ah! Zabulon, c'est toi.
ZABULON
Moi-même qui voudrais...
MISAEI.
Bien... plus tard, laisse-moi.
ZABULON
A quelle heure?...
HISAEL, impatienté.
Va-t'en !
ZABULON, A part, en s'en allant.
Hum ! c'est plus qu'un nuage.
Le temps est, je le vois, tout à fait à l'orage. Enfin I allons toujours préparer ce qu'il faut.
KOZBT, A part, regardant Kisaël.
Songe-t-il à sa Pâque? Ai-je espéré trop tôt?
(Allant à Misaël qui s'est assis sur le bord du torrent.)
Misaël, Misaël, ta pensée est absente.
n ne vient pas de moi le souci qui te hante.
MISAEL.
Et quel souci veux-tu que j'aie auprès de toi ?
KOZBT.
Celui que ton regard me cache et que je ?oi.
HISAEL.
Et quand je te dirais ma tristesse ou mon doute, Ton sentiment fût-il celui que je redoute, Que tu nierais encor l'avoir jamais subi.
KOZBT.
Kozby ne nierait pas ce qu'eût pensé Kozby.
Tu me l'as dit, ami, je suis une barbare Qu'affole le plaisir, que la douleur égare, Incapable de feinte et capable de tout.
Pour t'avoir là toujours et tes bras à mon cou.
Tu ne regrettes rien de ta splendeur passée?
KOZBT.
Regretter ! regretter ! ô demande insensée,
Doute dont me viendraient des doutes à mon tour !
Ce n'est donc pas l'oubli de tout que ton amour ?
Ton cœur n'en est pas plein? Ton cœur n'en est pas ivre?
le triste vivant qui se regarde vivre.
Qui lorsquUl a pour soi le présent, l'avenir,
Négligeant d'espérer, pense à se souvenir.