‹ La Moabite: drameChapitre 51 sur 97 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

MISAEL ET ZABULON.

ZABULON

Qu'est-ce à dire?

Vous voilà frère et sœar. Oh ! mais ceci m'inspire L'effroyable soupçon d'une infidélité.

Kozby disait donc vrai dans sa sagacité !

Car à vous parler franc elle est jalouse d'elle. Et moi qui vous peignais tendre, triste et fidèle, Moi qui me dépéchnis, vous craignant en souci !

MISAEL.

D'abord, vieux fou, l'amour n'a rien à voir ici. Quant à t'ètre hâté pour me tirer de peine...

ZABULON

Vous en doutez? J'en suis encor tout hors d'haleine.

HISABL.

Je t'ai donné dix jours, en voilà vingt passés.

ZABULON

Si vous croyez que ces voyages sont aisés, Franchir sans être vu la frontière interdite, Sans être découvert la refranchir plus vite ,

Prendre de longs détours , les choisir à propos,

Tout cela veut du temps, — sans compter les repos,

Les amis qu'on retrouve, et ceux qu'on fait en route,

Les faux bruits qu'on répand, les vrais bruits qu'on écoute.

Les haltes sous la treille, et, le flacon au poing,

La propagande faite au mendiant du coin.

Car enfin, la révolte étant notre prétexte,

Encor fallait-il bien que mon conte eût un texte,

Et qu'Hélias au retour puisse m'interroger.

Et dire : a Oh ! le fidèle, oh 1 le bon messager ! »

MISAEL.

Enfin, tu l'as revue.

ZABULON

Avant-hier matin même.

MISAEL.

M'aime-t-elle toujours?...

ZABULON

Ah ! si Kozby vous aime !

Ce fut son premier cri, d'ailleurs, exactement : oc M'aime-t-il? »

MISAEL.

Elle avait ce doute?

ZABULON

Franchement, Après plus de trois mois de silence et d'absence...

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