‹ La Mode et le ChienChapitre 21 sur 29 · B. INCONVÉNIENTS es · texte numérisé non relu

B. INCONVÉNIENTS es

« Les hommes sont des HR PEIERS dociles, même de la perversilé ». ; - ; JUVÉNAL.

Il y a une contagion morale, une fascination de l’exemple, et une mode, serait-elle mauvaise et ridicule, sera

toujours suivie. C’est là son gros inconvénient, car elle

ne s’entretient que par des fantaisies, se traduisant par

des exagérations, chez nos chiens, par la recherche cons- tante et exclusive de caractères modifiés à outrance. La mode est dangereuse et aléatoire si elle s’attache à

un détail. Elle devient une sorte de monomanie qui fait

oublier tout le reste. On s’hypnotise réellement sur des

points précis, et on néglige l’ensemble del’organisme. Pour

tant dans son génial ouvrage sur : L’Origine des espèces,

Darwin avait déjà prévenu les éleveurs : « L'homme en

continuant à choisir et par conséquent, à développer

une particularité quelconque, modifie, sans en avoir

l'intention, d’autres parties de l’organisme, en vertu

des lois mystérieuses de la corrélation ». Cela n'empêche

pas qu’encore les éleveurs de chiens cherchent à obtenir

une particularité en vogue, et considèrent ie

à SZ

sujets remarquables des phénomènes Le Se = Mais ce n’est pas tout, la mode a encore un rôle néfaste 5 ee en ce sens qu ‘elle change à. plusieurs reprises. le type d’une race pour la maintenir en vogue. C'est Ja porte T ESS ouverte à l'arbitraire, aux fantaisies des ‘éleveurs, aux | combinaisons intéressées des producteurs influents qui - - cherchent à faire la mode. Us malaxent, modifient les 7 races, constituent ets ’attachent à à reproduire des anoma- - + lies appréciées des snobs. E ingéniosité humaine sé 2 LS donne libre cours et constitue des animaux énigmes. % k ee L'’éleveur arrive à modeler ses sujets presqu’ à l’égal du sculpteur et l’on songe aussitôt au tableau dressé par Théophile Gautier de l'amateur de chiens curieux ou. excentriques. Voici la description de son élevage « Autour d’une cour en fer à cheval étaient rangées des niches contenant chacune un chien idéal, fabuleux, fantastique, introuvable... Il a une meute de chimère, de monstres sans prix, ses Pointers sont si bas sur jambes, qu'ils rampent comme des phoques. Ses dogues ont des 3 têtes d’hippopotames et peuvent s avaler tout entiers : | ceux-là ont des oreilles qui font trois fois le tour de leur COTPS, Ceux-Ci sont fournis d’une toison pareille à de. 2 l'herbe sèche : chacun est doué d’une impossibilité ». Faut-il blâmer cette dénaturation de l’œuvre du Créateur ? Pour nous, aucun doute, il faut la réprimer. Les productions canines dernier cri sont trop souvent sem-

blables aux chiens extravagants de l’Anglais de Th. Gau-

Ë He Elles sont la destruction de races bien Mae

ar

ts

ST donc la mode peut favoriser la sélection, elle ont : par. contre compromettre gravement l'homogénéité

+ la fixité des races canines.

Bien plus, les modifications apportées par elle reten- tissent sur la santé des organismes. L'homme qui modèle les animaux, suivant ses caprices, altère leur résistance. Nul mieux que ee Baillet, maître éminent de l’Ecole Nationale Vé étérinaire de Toulouse, n’a su le dire :

. mais ces modifications qu’il imprime à leur organisme

et qui sont des améliorations au point de vue de notre

satisfaction, sont-elles aussi des améliorations pour les

animaux eux-mêmes ? En d’autres termes, les animaux

dans les mêmes mains de l’homme, deviennent-ils d’une

manière absolue, > plis beaux’ et plus robustes, résistent-

tent-ils mieux à à l’action des causes qui peuvent altérer leur santé, et acquiérent-ils des qualités qui leur permettent de vivre plus longtemps. ? Les anciens. étaient

oi que les animaux n avaient qu'à gagner à vivre

sous la domination de l’homme. C’est au moins ce qui

résulte d’un passage des oeuvres d’Aristote.. Cela

pouvait être vrai à l’époque où le grand philosophe de

Stagyre écrivait car alors tous les animaux que l’homme

entretenait auprès de lui avaient le bénéfice de jouir

‘de sa protection et de ses soins intelligents, sans avoir à

subir dans leur constitution des modifications assez

profondes pour affaiblir en eux la vitalité et pour abréger

fatalement la durée de leur existence». Nous n’ajouterons

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rien à ce texte Dieu d'une logique digne de: Condillae.

Nous montrerons par. des exemples empruntés | à différentes races quels sont les méfaits commis par la mode, qui, elle, ignore cette logique : d’ abord les’ modi-

fications exagérées de la silhouette, des proportions et.

tème pileux et du pelage, enfin les modifications exagérées des aptitudes. è :

Modifications exagérées de la silhouette, ; À

des proportions et du format

— Nous examinons d’abord ces modifications parce

que la silhouette, les proportions et le format, fixent un

type, donnent la conformation caractéristique d’une

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