CONCLUSIONS
tu HET DE ot CU ATRE PRRORS La mode, force sociale incomparable, s’est attachée au chien, compagnon sans égal, ami d’une fidélité prover- LE
| biale, ornement flatteur. Elle lui crée une beauté conven-
tionnelle, changeanñte au cours des siècles, met en lumière &
certaines races, en éclipse d’autres, qu’il s'agisse des
chiens de garde, de berger, de sport, de chasse ou des chiens d'agrément, d'intérieur et d'affection. C’est que
l’homme « comme toute chose vivante, change avec l’air
qui le nourrit chaque siècle avec des circonstances
qui lui sont propres, produit des sentiments et des
beautés qui lui sont propres » (Taine). Ainsi l’histoire
des races canines écrite par la mode, est pleine de
variétés, ses favoris sont nombreux ; elle leur est infidèle,
mais elle dote chacun d’une valeur peOUReRe considé-
rable.
Elle a ses avantages : elle répand le chien, fait la diffusion de telle ou telle race suivant ses préférences. Elle popularise le chien racé, fait l'éducation des éleveurs et du public, crée « le chien de la robe &
Par contre, elle présente des inconvénients, car elle NP
Let obéie mieux qu’ un tyran, même si elle est dangereuse:
à e à à la fantaisie, considère le détail, oublie l’or-
| | ganisme, arrive à créer des monstres et des dégénérés,
pour maintenir constante sa domination sur les races
és ea canines. Dans son rôle désastreux, elle modifie exagé-
rément la silhouette, les proportions et le format des
races; qe système pileux et le pelage, les aptitudes
=) même. Ses agents, ses exécuteurs, sont les marchands
de chiens, mercantis et non He sérieux.
| Tout bien pesé (@ ll y a autant de faiblesse à fuir la "=
<% mode qu’ à l’affecter » (La Bruyère). RE
St s’il est vain de la critiquer, qu'il nous soit pourtant Fe
permis de dire qu ain as pas de raisons à ce que telles
races soient actuellement des dieux dans l Olympe de
nos chiens, alors que bien d’ autres, presqu’ ’ignorées, sont
aussi dignes qu’elles de meubler la solitude des hommes <
désabusés, d’ amuser les enfants, d’ égayer le foyer. Le
choix d’un chien devrait être une question de préférence
personnelle et non de mode. Chacun devrait le choisir
suivant ses goûts particuliers et non selon les directives
d’un engouement né des ‘caprices de quelque illustre beauté, ou de tel grand monarque ; chacun devrait fuir
* le travers dont Montaigne se plaignait avec tant de
RE T Le
sagesse : « Je me plains de la particulière indiscrétion de nostre peuple, de se laisser si fort piper et aveugler à l’autorité de l’usage présent. que vous diriez que
c’est quelqu’espèce de manie qui lui tourneboule ainsi
l’entendement ».
Vu : le Professeur de l’Ecole Vu : le Directeur de lEcole Vétérinaire, rapporteur, Vétérinaire, P. PONS. J. CUILLÉ, Vu : le Président de la thèse, À Vu : le Doyen : E. BARDIER. E. BARDIER.
Vu et permis d’imprimer :
Toulouse, le 20 février 1936.
Le Recteur, Président du Conserl de l’Université : J. GHEUSI.