‹ La Mode Pratique 3:(16) 121-128Chapitre 5 sur 10 · SUPPLÉMENT DU NUMÉRO DU 21 AVRIL · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT DU NUMÉRO DU 21 AVRIL

Coupe et Assemblage

J^OBE de lainage vert-amande, galon de jais à la jupe.

empiècement de jais bordé de dentelle perlée et orné de pattes de moire (fig. 6). —Jupe cloche en grande largeur, comme nous 1 avons expliqué dans le numéro 14; on l’orne, dans le bas, d’un galon de jais ou d’un galon pailleté; le même galon se dispose de façon à former le dessin représente par la gravure. Le corsage se taille en doublure d’après un patron construit en suivant l’explication du numéro 1 (1892) de la Mode Pratique ; lorsqu'on ne s’est jamais servi du patron, il faut appliquer avec soin les mesures vérificatives, et faire la correction des épaules, presque toujours nécessaire, et indiquée par le rapport du dessous de bras et de la longueur du dos (numéro 3 de 1892). Le modèle étant recouvert d’une sorte d’empiècement plat doit plaquer parfaitement du haut; on est souvent obligé de rentrer un peu le haut du bord du devant (coupe n° 1 ) de F à O ; cette correction doit se faire également au bord des deux devants; lorsqu’il s’agit d’un corsage froncé ou plissé du haut, elle n’est pas indispensable, mais il ne faut jamais la négliger pour un corsage plat.

Nous tirerons une ligne Xy 2 centimètres au-dessus de la ligne PO, qui nous a servi dans la construction du devant, et qui est restée indiquée sur le patron (coupe n° 2); la ligne Xy (coupe n° 3 ) nous indique le bord supérieur des pointes formées par le galon de jais; il est assez facile de calculer l’écartement des pointes, puisque notre modèle a trois festons pour le devant entier; l’écartement d’une pointe est égal aux 2 tiers de la ligne OP; nous choisirons pour hauteur des pointes* la mesure de leur écartement moins 1 centimètre, c’est-à-dire les 2 tiers de la ligne OP moins 1 centimètre; nous reportons cette mesure au-dessous de y et nous marquons Z; nous la reportons ensuite au-dessous de X, et nous marquons R; nous réunirons f et R' par une ligne que nous prolongerons jusqu’à ce qu’elle rencontre le contour du dessous de bras; à ce point nous marquons V. La ligne ZRV sera exactement parallèle à la ligne Xydéjà tracée, c’est-à-dire conservera une distance constante avec elle; on peut augmenter ou diminuer l’écart des lignes Xy et VZ à volonté, les pointes formées par le galon de jais seront plus ou moins longues, suivant qu’elles seront plus ou moins éloignées; nous indiquons une distance moyenne. Nous partageons la ligne 3'X entrois parties bien égales en plaçant les lettres a'et b' ; nous reportons ces mêmes divisions sur la ligne VZ en marquant a et b juste au-dessous de a et de b. Les distances yb\ b'a' de la ligne yX et Z6, ba de la ligne ZV étant bien égales, nous réunirons par une ligne les lettres b' et Z, b ' et a , a et X et nous aurons le tracé du feston; nous mesurons la largeur du galon de jais, et nous tirons un second trait au-dessous du premier pour déterminer exactement la place du galon. Nous dessinons ensuite les pattes de moire en leur donnant une forme semblable à celle du dessin; la patte du milieu est un peu plus large dans le haut que celles des côtés; on n’aperçoit qu’une grande partie de la patte de l’épaule, le reste se pose sur le dos; ces pattes pourraient à volonté se remplacer par des bouillonnés de mousseline de soie ; l’intervalle entre les pattes est recouvert de tulle perlé ou pailleté suivant le genre du galon qui forme les pointes.

Les pattes de moire sont ombrées dans la coupe n° 3. Cette figure, représente la moitié de l’empiècement, puisqu elle est dessinée sur un seul devant ; ce genre de robe doit nécessairement fermer sous le bras; nous posons les deux devants en doublure sur le mannequin; ils doivent être tout terminés, avec les pinces cousues, surfilées, baleinées ; les bords du devant seront munis d’agrafes et de portes, afin qu’on puisse les tendre sur le mannequin agrafés 1 un a l’autre, ils devront aller parfaitement, et s il y avait la moindre correction à faire, il serait préférable de la terminer avant de les tendre.

Nous prendrons un lé d’étoffe si celle-ci est en petite largeur, un demi-lé si elle est en grande largeur ; nous lui ~ __ p ETIX TA pis brodé. (Voir

donnerons une hauteur

Fig. î 3 . — Coin DU PETIT tapis BRODÉ. (Voir l’ensemble fig. 14, le calque du coin, à grandeur d’exccution, sur la planche de patrons tracés du n® 18 et la description p. 126, col. 3. — Modèle de Mme Lemaître, 3, rue de Rohan.)

égale à celle du devant mesurée depuis la pointe de l’épaule touchant l’encolure, jusqu’au bas de la basque, plus 10 ou i5 centimètres; si l’on craint de perdre un peu d’étofle, on peut ne détacher complètement le lé ou le demi-lé qu’après avoir drapé le devant. L’étoffe sera pliée en deux dans le

la broderie du coin fig. 13, l'ensemble de ce coin h grandeur d’exécution sur la planche de patrons, tracés du n« p. 126, col. 3. — Modèle de Mme Lemaître, 3 < ruc de Rohan.)

sens de sa longueur, le pli étant très exactement droit fil, nous le ferons suivre par un fil de bâti qui n’a pas d’autre but que d’indiquer ce droit fil de l’étoffe; nous l’épinglerons sur le mannequin, le fil de bâti se trouvant juste au milieu sur la fermeture; il faut avoir soin de laisser en haut de l’encolure assez d’étoffe pour recouvrir l’épaule. L’étoffe étant fixée par des épingles de façon que le fil de bâti qui marque le droit fil soit exactement sur la fermeture, nous la tendons sur l’épaule, l’emmanchure, l’encolure, et le dessous de bras le mieux possible; ces sortes de corsage sont très minutieux à préparer. On pose des épingles sur les contours de la doublure afin de les indiquer sur l’étoffe, puis on remplace ces épingles par un fil de bâti qui indique exactement tous les contours ; ce fil ne doit pas tenir ensemble la doublure et l’étoffe; il ne prend que l'étoffe , nous serons obligées d’enlever celle-ci de la doublure pour faire l’empiècement, et le travail exécuté sur le mannequin sert seulement à bien marquer tous les contours sur l’étoffe, ce qui est indispensable quand on prépare des corsages fermés sous le bras. S’il reste un peu d’ampleur au milieu du devant, on le dispose en quatre petits plis formant la gerbe ou l’éventail; ces plis sont maintenus par des fils de bâti à la hauteur de la ligne de taille, en attendant qu’011 les couse définitivement. Lorsque tous les contours sont tracés sur l’étoffe, nous la séparons de la doublure et nous nous occupons de préparer l’empiècement; le fil de bâti marque exactement le milieu du devant et par conséquent nous servira de point de repère ; nous étendons l’étoffe du devant à plat sur une table, l’envers étant en dessus, et nous posons le patron sur lequel nous avons dessiné les pattes et les festons formés par le galon de jais de façon que la ligne EyOZ soit contre le fil de bâti qui indique le droit fil de l’étoffe, l’épaule et l’emmanchure du patron doivent se trouver contre les contours indiqués sur l’étoffe.

Il est impossible de se servir de la roulette sur des étoffes de lainage; le plus simple est encore soit de découper le patron suivant les lignes Z6', b’a , aX, et de les indiquer par un trait de crayon léger sur l’envers de l’étoffe, soit défaire, de distance en distance, des fentes avec des ciseaux sur tous les contours du patron, c’est-à-dire sur les lignes qui délimitent la place des galons de jais et celle des pattes; on marque des traits au crayon dans ces fentes, et il ne reste plus ensuite qu’à rejoindre ces différents traits soit au crayon, soit à l’aide de fils de bâti; ceux-ci sont indispensables, puisque les traits au crayon ne marquent qu’à l’envers, et que nous avons besoin d’avoir les contours indiqués à l’endroit.

Lorsque la première partie du devant est préparée, nous faisons la seconde de la même manière; nous relevons ensuite le patron des pattes et nous les découpons dans de la mousseline un peu ferme qu’on recouvre de moire.

Il ne nous reste plus qu’à poser du tulle perlé ou pailleté sur toute la partie de l’empiècement qui se trouve sous les pattes; nous arrêtons ce tulle sous les galons de jais en le laissant dépasser légèrement les contours indiqués par les lignes Z6', b'a, et aX; nous cousons les pattes à l’envers,

après les avoir bâties à l’endroit; et nous posons les galons de jais en formant soigneusement les angles Z,6,tf,X.

La patte qui se trouve sur l’épaule ne se pose qu’après que le dos est assemblé avec le devant.

La dentelle se taille de la manière suivante :

nous mesurons la distance aZ, c’est-à-dire l’écartement d’un feston; nous donnons à la dentelle deux fois la même dimension pour la froncer, s’il s’agit d’une dentelle légère, une fois et demie seu- ' lement si la dentelle est épaisse; la ligne AB de la coupe n° 4 aura donc deux fois, ou une fois et demie, la dimension aZ de la coupe n° 3 , suivant le genre de dentelle employée.

Nous reportons audessus de A la distance YZ de la coupe no 3 et nous marquonsC ;nous faisons la même chose au-dessus de B et nous marquons D, nous réunissons ces deux points par une ligne qui conserve une distance constante avec la ligne AB ; ces deux lignes AB et CD sont séparées par un intervalle égal à la distance qui sépare les lignes XY et VZ de la ici la description coupe n° 3, les points CD

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et AB sont parfaitement au-dessus les nns

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ainsi, la ligne IK'e'm'n'o'J représentera la lisière de la dentelle; le point m sera fixé sur le milieu du devant: toute la partie comprise de m à 1 se trouve sur le devant droit, et de m à J sur le devant gauche; on ne pose définitive-

(Modèle de la maison Nibart, 19, rue de Choiseul.)

le galon de jais forme trois festons devant, la dentelle sera découpée exactement comme l’indique la coupe n° 5 . Le point m se place au milieu du devant, le point e sur b\ le point i sur X, et la dentelle se fronce en répartissant bien

FiG. 16. — Nappe brodée. (Voir les détails fig. 18 et 21 et la description p. 126, col. 3.)

l’ampleur. Si on désirait tracer le patron complet suivant lequel on doit découper la dentelle, il faudrait mesurer la ligne Xy; prendre quatre fois cette mesure si l’on veut beaucoup froncer la dentelle, et trois fois si on veut la froncer moins, tirer une ligne HG ayant la dimension choisie; audessus de H et de G reporter la distance y Z et inscrire I et J, puis réunir ces deux lettres par un trait, les lignes GH et IJ de la coupe n° 5 auront un intervalle égal à celui qui sépare les lignes Xy et VZ de la coupe n° 3 . Nous partageons

Fig. 17. — Casier a musique orné de broderie.

(Voir la broderie fig. 19 et la description p. 127, col. iO

la ligne GH en six parties égales, et nous marquons les lettres Kemno, nous faisons la même chose sur la ligne IJ en mesurant les lettres K 'e'm'n'o', au-dessus des premières; nous réunissons I et K, K et e r , e ' et m, m et ri, ri et 0, o et J ; la dentelle sera découpée suivant les lignes indiquées

ment le galon de jais qui forme les festons qu’après avoir froncé et posé la dentelle pour qu’il dissimule les fronces; lorsqu’elle a été découpée suivant nos indications, le bord festonné doit tomber tout droit comme l’indique le dessin.

L’empiècement étant terminé, les devants en doublure sont tendus de nou- . veau sur le mannequin; nous posons le devant en étoffe, que nous fixons définitivement sur l’encolure, l’épaule, l’emmanchure et le dessous de bras droit ; à gauche nous le replions sur ses contours exacts et nous le bordons d’un extra-fort posé à l’envers et maintenu par d des points invisibles à l’endroit, ou bien nous le doublons d’une soie très légère; il s’agrafe au moyen de portes très petites et très rapprochées ou dans des brides posées sur la couture d’épaule et la couture du dessous de bras réunissant le devant en doublure et le dos de 'gauche.

Les personnes inexpérimentées feront le dos du corsage plat; on réunira les dos, petits côtés du dos et du dessous de bras en doublure, en leur laissant une basque de 5 centimètres environ ; ils seront tendus sur le mannequin, et recouverts d’un seul morceau d’étoffe dont le droit fil suivra la couture du milieu du dos de la doublure; comme on n’a pas assez d’ampleur pour recouvrir la basque, on laisse les coutures de la doublure ouvertes au-dessous de la ligne de taille, oh fend l’étoffe au même endroit et 011 forme de petits créneaux , en recoupant la doublure au tant qu’il est nécessaire pour que l’étoffe puisse la recouvrir ; le dos terminé est semblable à la coupe n° 6, les coutures de la doublure étant indiquées par deslignes poin-

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nour qu’il y en ait trois dans le dos entier; la dentelle doit tomber tement au même endroit que celle du devant, ce^qui est assez difg réussir ; S faut observer à quelle distance on a t, -ace les lignes X,

du devant soit de la ligne de taille, soit du coin de 1 épaulé 1- tos l’encolureVcoune n» 6), et, à l aide de ces points de repere, tracer|> cernent dJdosLle manière que la ZZT

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