LAYETTE ET BERCEAUX
F aut-il emmailloter les enfants ou les élever à l’anglaise? Grave question que nous préférons ne pas résoudre, tout en avouant nos préférences pour le dernier de ces systèmes, qui laisse à ces petits êtres une complète liberté de mouvements. Il est certain que les bonnets et les maillots sont de plus en plus abandonnés, mais il est des cas spéciaux : s’il s’agit d’enfants délicats, nés dans une saison rigoureuse, élevés dans une grande maison difficile à chauffer, on est bien obligé de les employer; le mieux est de n’avoir pas d’idées trop arrêtées à ce sujet, et de se laisser guider par les circonstances très diverses dans lesquelles on peut se trouver.
Lorsque l’enfant est bien portant, qu'il est possible de maintenir une température égale dans l’appartement, rien n’empêche d’adopter la layette anglaise, moins la petite chemise décolletée, que nous ne recommandons pas pendant les premières semaines. Mais il ne faut pas mettre les langes complètement de côté; ils servent pour la nuit; l’enfant sera plus chaudement enveloppé dans son maillot, et le berceau mieux protégé par cette enveloppe.
La composition de la layette varie beaucoup suivant la somme qu’on y consacre et les conditions spéciales dans lesquelles on se trouve en ce qui concerne le blanchissage et le repassage; nous indiquerons pour chaque objet un chiffre moyen qu’il est facile d’augmenter ou de diminuer.
On divise généralement la layette en trois tailles différentes, qui correspondent aux trois âges suivants :
Première taille, jusqu’à six mois;
Deuxième taille, depuis six mois jusqu’à un an ; Troisième taille, depuis un an jusqu’à dixhuit mois.
Ces indications ne peuvent toujours être suivies à la lettre ; certains enfants grossissent si vite qu’il faut laisser de côté les brassières de la première taille dès l’âge de deux mois. On peut être amenée à se servir de la seconde taille, comprenant les robes et les jupons demi-longs, bien avant que l’enfant ait six mois, lorsqu’il est né dans la belle saison ou qu’on habite un pays chaud.
Il vaut mieux ne préparer d’avance que les deux premières tailles; on a toujours le temps de s’occuper de la troisième à mesure que l’enfant grandit.
Première taille. — 4 langes de molleton;
4 langes de piqué blanc ou de finette; 4 douzaines de couches ayant 80 centimètres de longueur sur 80 centimètres de largeur, et destinées à être employées avec les culottes de flanelle; 2 douzaines de couches plus grandes que les précédentes, ayant 90 centimètres de longueur sur 80 centimètres de largeur, et pouvant servir à emmailloter les enfants; 8 petits carrés en tissu éponge;
6 bandes de flanelle; 12 petites chemises; 12 brassières de brillanté, ou bien 6 chemises de brillanté; 6 brassières de piqué; 8 brassières de flanelle; 2 bandes anglaises; 12 couches culottes de flanelle; 4 ou 6 jacksons de flanelle; 4 jupons de brillanté ou de percale; 4 jupons de nansouk;
4 robes de brillanté ; 4 robes de nansouk ou de mousseline.
On peut y ajouter 6 petits fichus de mousse¬
line en forme de triangle, qu’on fait en coupantun fichu carré par la moitié, dans le sens de la diagonale, c’està-dire d’un angle à l’autre; un passe-corridor, sorte de carré de flanelle dont un des angles, serré par une coulisse, forme un petit capuchon ; une vareuse de flanelle ou de molleton; une pelisse ou une douillette longue avec la capote pareille en cachemire, en lainage de fantaisie, en piqué ou en broderie suivant la saison.
Les langes de molleton se font sur y 5 à 80 centimètres de largeur et 1 mètre de longueur ; on trouve du molleton de qualité suffisante depuis 3 fr. 5o le mètre, il n’y a qu’à le tailler d’après les dimensions que nous avons indiquées, et à border les deux extrémités avec un galon de percale posé à cheval.
Nous ne conseillons pas d’employer de la vieille toile pour les couches; lorsqu’elle est fine, elle est rapidement hors d’usage à cause des lavages si fréquents, qu’on lui fait subir, et elle blesse l’enfant quand elle est grossière; la toile unie neuve est beaucoup moins spongieuse que l’œil de perdrix ou l’œil-demouche; aussi préférons-nous ces deux derniers tissus qui ont l’avantage incontestable de s’adoucir rapidement et de se blanchir sans peine. Nous indiquons six douzaines de couches comme chiffre moyen, parce qu’il est bien rare de pouvoir les lessiver chez soi. Les langes de finette ou de piqué ne sont guère employés que pour recouvrir le lange de molleton blanc qu’ils protègent et dissimulent en même temps. On peut remplacer le piqué pelucheux par du piqué sec, puisqu’il ne s’agit pas d’obtenir de la chaleur; on l’orne dans ce cas d’un feston au lieu de le border d’un galon de percale, et on lui donne 5 centimètres déplus qu’au lange de molleton. La petite brassière peut se faire en piqué assorti et se garnir de la même façon que le lange. 11 n’est pas indispensable d’avoir des brassières en piqué ; certaines personnes les préfèrent, d’autres ne les font qu’en brillanté.
Les petits carrés en tissu éponge sont encore le meilleur système pour protéger les langes ou les culottes de flanelle; on les découpe, en leur donnant 5 o centimètres de côté, dans du tissu éponge acheté au mètre, et on les borde tout autour d’un galon de percale posé à cheval.
Les bandes anglaises s’achètent toutes faites dans les magasins de nouveauté; les bandes de flanelle se taillent sur 8 à 10 centimètres de largeur et 1 m. 25 de longueur. L’une de leurs extrémités repliée en V est munie de deux cordons qui maintiennent la bande autour du corps de l’enfant. Le cordon doit être replié et la bande roulée de façon que l’extrémité portant le cordon soit à l’intérieur du rouleau.
Nous avons expliqué dans les numéros 3 o, 35 , 36 , 3 y, 5 i, 52 ds l’année dernière, et 4 de cette année la manière de couper les couches-culottes, les jacksons, les jupons de nansouk et les petites robes de brillanté; celles de nos lectrices qui auraient besoin d’explications détaillées les trouveront dans ces articles, ainsi que toutes les indications sur les étoffes qu’on doit choisir de préférence.
Nous n’avons pas parlé des petits bas et des chaussons parce qu’il est bien rare de ne pas en avoir d’avance toute une provision; on en fait au crochet et au tricot, sans talon; ce sont les plus commodes pour les tout petits, parce qu’ils sont très
Fig, 1.
DOBE de moire puce a reflets vert-môusse semée de petites étoiles blanches ; V bretelles, ceinture et col en velours vert recouverts de guipure crème.
(Modèle de Mme Justh, 270, rue Saint-Honoré.)
da, Srfîode S/utique
à la jupe; les manches se font en mousseline unie ou à dessins comme la robe.
La layette de deuxième âge se compose ordinairement de :
(5 chemises ; 6 brassières X; de brillanté; 4 ou 6 bras- \ sières de flanelle; 2 petits corsets de coutil; ' 8 culottes de flanelle ;
4 jupons de flanelle;
4 jupons de dessous en brillanté ou en nan-
souples,se mettent sansaucunepeine; on peut les retenir par un petit ruban passé dans le haut, sans serrer l’en-
Les chaussons au tricot se lavent beaucoup mieux que les autres. Il en est de même des brassières ; nous préférons encore la flanelle à la laine tricotée, parce qu’elle fait moins d’épaisseur. Les explications
Ç>HE\USE décolletée et festonnée pour ^ enjant de 1 à 3 ans. (Avec patron.)
Fig. 2.
/ COUCHE-CULOTTE en flanelle blanche ^ et brassière de piqué garnie de broderie pour le premier âge. (Avec patron.)
lanté; 4 robes de nansouk;
4 guimpes de nansouk ; 12 ba- ( voirs.
Les culottesde flanellequi ' servent pour le deuxième âge ne sont pas du tout sembla- • blés à celles du premier; nos lectrices en trouveront le dessin et la description dans le numéro 36 , i 8 g 3 ;ce
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que les premières sont usées.
Quant au nombre des bavettes, des tabliers, des
concernant les chemises, les brassières de flanelle, de piqué et de brillanté ont été publiées dans les numéros 19, 21, 23 , 24, 25 , 26, 27, 29, 3 o, 3 1, 33 , 46,47,48 et 5 i de 1892.
La robe de baptême se fait encore avec un devant très orné de broderie, de dentelles ou de Valenciennes ; toutes les autres robes ont la forme américaine avec empiècement composé d’entre-deux réunis par des points de fantaisie, et jupe de mousseline unie, qu’on serre à volonté par une cein- / ture d’étoffe ou de ruban.
Des groupes de petits plis, d’entre-deux, une broderie légèrement froncée, garnissent le bas de la jupe. Ces robes sont presque toujours à manches longues, ce qui supprime la petite guimpe, mais rien n’empêche de les décolleter lorsqu’on préfère cette dernière forme.
On fait aussi des robes longues avec de la laize de mousseline ou de nansouk brodée ^ sur toute sa hauteur, le bas étant ^|||\ festonné et plus ou m °i ns orné, tandis que le haut ne se compose guère que d’un semis de fleurettes ou de petits dessins de fan-
'ï'mirSlM tai ^ e > l’em-
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COUCHE-CULOTTE en flanelle ^ blanche pour le premier âge .
Autre aspect de la figure 2.
nETITE chemise courte , 1 en batiste, pour le premier âge. (Avec patroD.)
Fig. 6.
pLATEAU ondulé en grosse paille noire, garni d'une torsade de velours miroir * mousse, ornement composé de deux plumes d'autruche et d'une aigrette noire posée sur le côté gauche derrière. Cache-peigne de chrysanthèmes rose de Chine.
1 (Modèle de Mme Meunier, 20, rue du 4-Septembre.)
robes élégantes et de toutes les petites recherches que la fantaisie peut introduire dans une layette, nous laissons à nos lectrices le soin de les apprécier à leur guise.
La layette de troisième âge est composée exactement comme celle du deuxième ; les dimensions seules sont un peu différentes.
Les jupons et les robes peuvent servir, à condition d’être raccourcis, l’enfant d’un an s’habillant plus court que celui de six mois; les chaussons de laine disparaissent généralement à mesure qu’on aperçoit les petits pieds sous la robe ; ils sont d’un effet désagréable à côté du blanc de la mousseline et du nansouk; mieux vaut les rem-
p. iace j p ar d f f° u -
jk liers de peau de daim A gf Xibqu’on blanchit faci-
t lement à l’aide d’une Lp* préparation spéciale, yjk :
ou par les petites \b I chaussures de soie >
J /'Wwbf ou de pi^uc dont
& | mjf \$x. nous avons donné
Fig. 4
*HEMISE de nuit longue pour enfant de 1 à 2 ans.
(Avec patron.)
DOBE simple en brillanté ^ ornée de festons et de points de fantaisie pour bébé de 6 à I 8 mois. (Avec patron.)
DOBE en $éphir rose à pois blancs pour bébé de 8 à 18 mois. Manches courtes et bouffantes.
D OBE Greenaway en %é- ^ phir mille raies bleu et blanc, petit tablier pour bébé de 8 à 18 mois.
DOBE en toile de Vichy à carreaux pour petit garçon de io à 18 nwis. Serviette de bébé.
DOBE de mousseline de laine bleu marin, ^ forme blouse , décolletée sur une guimpe de crépon plissé blanc. Ceinture de velours.
DOBE simple en voile de laine brun, jupe cloche, blouse plissée accordéon garnie
assortie.
légère broderie de soie
^ievu& de lay^unill&
JUPE de lainage fantaisie mélangé J beige et mauve , corsage blouse avec empiècement rond coulissé en crépon de coton mauve. Basque ondulée, col et ceinture drapé en velours châtaigne .
Fig. iS.
r TOQUE en paillasson or, grande boucle de jais Jormant diadème devant, cocardes en * moire noire retenues par des cabochons de jais ; touffe de plumes noires givrées
(Modèle de Mme Meunier, 20, rue du 4-Septembrc.)
ment sur l’enfant pour qu’il ne se refroidisse pas, et bien garantir les matelas à 'aide d’un teutre épais, moins imperméable peut-être, mais beaucoup plus chaud que le caoutchouc et préférable à celui-ci.
Un matelas de varech remplace le sommier; la literie se complète par un matelas de laine et deux petits coussins de crin; lorsque l’enfant grandit, on le couche en hiver sur le matelas de laine, en été sur le matelas de varech. Les lits destinés aux tout petits enfants sont ordinairement garnis, comme les berceaux, d’un filet et d’un piqué blanc.
Fig.
FfOUIÏLETTE de bengaline vieux ^ bleu garnie de guipure à pointes, pour enfant de 18 mois. (Avec patron.)