La Mode Pratique 3:(33) 257-264
M algré les décisions à chaque instant proclamées par l’assemblée des coiffeurs parisiens, nous restons obstinément fidèles aux coiffures simples, peu volumineuses, qui dans la plupart des cas rendent les faux cheveux inutiles; il est très fâcheux que notre entêtement ruine une industrie, car au point de vue « esthétique » on ne peut, il me semble, que l’approuver. La plupart des femmes sont maintenant coiffées comme le souhaitait Fénelon : « Je voudrais même faire voir aux jeunes filles la noble simplicité qui paraît dans les statues et dans les autres figures qui nous restent des femmes grecques et romaines; elles y verraient combien des cheveux noués négligemment par derrière et des draperies pleines et flottantes à longs plis sont agréables et majestueux. »
On s’est habitué à cette jolie et commode simplicité au point de ne pouvoir supporter autre chose, et les moins coquettes d’entre nous ne se résignent pas à revenir, par philanthropie, aux échafaudages volumineux, lourds et compliqués d’autrefois.
Les coiffeurs sont-ils d’ailleurs réellement aussi à plaindre qu’ils le prétendent ? Si l’on n’achète plus de faux cheveux, on a pour ceux que l’on possède une foule de soins qui auraient semblé très superflus il y a vingt ans. Il me semble que le shampooing , Y ondulation au /C7' f le coupé-brûlé doivent compenser en partie les pertes dont on se plaint si haut : une élégante dépense enun mois, pour se faire onduler, le prix de la plus belle natte de cheveux, et celle-ci durait plusieurs années, tandis que les séances d’ondulation, toujours à recommencer, sont une source de bénéfices constants.
Mais ne nous attardons pas en discussions oiseuses ; ce qu’il nous importe de savoir, c’est que la mode nous laisse à peu près libres de nous coiff er comme il nous plaît et comme il nous sied : à part les gros chignons, les coiffures en édifice, elle permet tout : vous pouvez relever vos cheveux à racines droites, les tordre au sommet de la tête en petit chignon empire, ou bien les disposer comme ceux des statues grecques, ou encore adopter le chignon américain : la coiff ure actuelle d’Yvette Guilbert, les cheveux bien tirés, bien lisses, laissant voir la forme du crâne, roulés très serrés et attachés sur la nuque, avec des frisons très légers et très bouffants auréolant le visage; vous pouvez aussi avoir des bandeaux tout plats comme ceux du buste de la Femme inconnue , ou bien des bandeaux plats bordés de frisons comme certaines figures de Botticelli, je vous recommande aussi les bandeaux ondulés, de la Vénus de Milo, à moins que vous ne préfériez porter vos cheveux relevés à la Louis XV. Ne nous demandez pas de guider votre choix, il nous faudrait pour cela vous voir de dos, de face, et de profil; un miroir à trois faces vous guidera donc bien mieux que nous ne saurions le faire; vous trouverez en le consultant la coiffure qui convient le mieux aux proportions de votre visage, au caractère de vos traits; s’il faut éviter les coiffures monumentales, qui grossissent la tête et rapetissent en apparence la femme la plus élancée, il ne faut pas cependant tomber dans l’excès contraire et serrer exagérément les cheveux quand on a le visage large, les traits accusés, cela ferait un masque énorme et plus de crâne ; les profondeurs de profil sont
généralement peu agréables, ainsi un chignon grec très proéminent accentue le défaut d’un nez trop long et trop saillant, cependant il faut, précisément pour balancer ce que la direction et la longueur de ce nez ont
tlin
OBE simple en lainage blanc et noir à petits damiers brouillés; rubans de velours noir au bord des épaulettes et sur le col ; ceine drapée en velours noir; empiècement en bengaline blanche.
(Modùlc de Mme Moslard, 96, rue Saint-Lazare.)
d’exagéré, que le chignon ait un certain volume et ne soit pas trop plat, trop étalé. Comme on voit, il est très difficile de poser des principes, car on serait plus exposé à se tromper en les suivant rigoureusement qu’en s’abandonnant à son inspiration.
Il est certain que l’arrangement des cheveux permet d’atténuer l’effet de bien des défauts, mais les moyens indirects sont quelquefois les meilleurs ; par exemple vous avez le visage large, les joues pleines, un peu empâtées dans le bas, vous ne corrigerez pas cette imperfection en tirant vos cheveux en arrière de façon à diminuer le plus possible la largeur totale de la tête vue de face, mais au contraire en laissant les cheveux un peu bouffants sur les côtés de manière que le visage soit bien encadré, que ses vraies proportions se confondent avec celles de la coiffure; on se rend compte tout de suite de ces choses en se regardant tout simplement dans une glace, tandis qu’il est difficile d’en prouver théoriquement la justesse.
Un coiffeur expérimenté recommande comme moyen de reconnaître sûrement tous les défauts d’une coiffure, de se faire photographier ainsi coiffée, de dos, de face et de profil, on découvre ainsi, assure-t-il, toutes les corrections à faire, on voit sûrement où il faut ajouter et retrancher, s’il est préférable de remonter ou de redescendre le chignon, de le détacher plus ou moins de la masse du crâne, de lui donner plus ou moins de saillie; s’il vaut mieux dégager un peu plus le front ou au contraire l’ombrager davantage.
Presque toutes les coiffures, bandeaux de diverses formes ou toupet Louis XV, peuvent se faire avec les cheveux plats ou ondulés; nous avons souvent parlé des divers modes d’ondulation, mais on nous consulte si souvent sur ce sujet que je crois devoir y revenir.
Faut-il se faire onduler au fer ou employer une épingle et laquelle? De ces moyens quel est celui qui donne la frisure la plus jolie et la plus solide?
Ces questions comportent diverses réponses : l’ondulation au fer tient plus longtemps que l’ondulation à l’épingle surtout si elle est faite dans certaines conditions, le lendemain d’un shampooing, et renouvelée deux fois de suite à 24 ou 48 heures de distance.
Quand on a des cheveux qui frisent facilement ou bien ce que les coiffeurs appellent des cheveux neufs , c’est-à-dire qui n’ont jamais été frisés par des moyens artificiels, ce genre d’ondulation dure généralement au
moins une semaine, souvent i 5 jours et plus.
Cependant, si les cheveux ont été frisés à l’épingle ou s’ils frisent avec peine, il n’est pas rare que toute trace d’ondulation ait disparu deux ou trois jours après l’opération, quelquefois même le lendemain. Dans ce cas il faut renoncer à l’ondulation au fer trop longue et trop dispendieuse pour être renouvelée quotidiennement.
L’ondulation à l’épingle a bien ses avantages; si elle est moins durable que l’ondulation au fer, elle est beaucoup plus jolie, plus naturelle, moins régulière ; puis on peut avec l’aide de l’épingle s’onduler soi-même, ce qui est impossible avec le fer.
On fabrique des quantités de ces épingles, nous en avons vu expérimenter un très grand nombre; les meilleures sont à notre avis le waver ou Y onduleur unique , l’une et l’autre d’un emploi très différent et qui ne conviennent pas dans les mêmes circonstances. Si l’on n’est pas sensible, si l’on peut dormir avec des épingles rigides, dures, tout autour de la tête, le waver est parfait, il dispense de chauffer les cheveux et donne une jolie frisure ; mais s’il vous est impossible de dormir avec cet appareil ou si vous ne voulez pas
laisser voir à votre mari cette auréole bizarre et peu avanta- ^
geuse, adoptez fondu- \ dfjfëiï-
leur unique qui permet de se friser le matin (Qj' dans la solitude de son A.
cabinet de toilette en >«? i j ^
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creuse /COIFFURE simple pour
dont la ^ jeune fille ou jeunefemme; base est cheveux ondulés à larges vaun lo- gués, relevés à racine droite.
S ange. On (Modèle de la maison Lentlié
enroule
les cheveux sur cette tige et on les chauffe au moyen d’une petite barre de métal qu’on introduit dans la tige. Aucune ondulation n’est plus jolie, ne forme des vagues aussi larges d’un mouvement si naturel, mais l’emploi de cette épingle renouvelé chaque jour finit, quoique le fer Y,
chaud ne soit pas en contact direct avec les cheveux, 4 g
par rendre ceux-ci un peu secs, un peu cassants; on remédie absolument à cet inconvénient par des fric-
DESCRIPTJON DES TOILETTES
Fig. 9.
DOBE de lainage tabac; jupe garnie au bas de velours assorti à l'ètojfe; collet de tulle grec noir; cravate de mousseline de soie blanche avec volant de tulle .
Figure 1. — Le corsage rentré dans la jupe est tendu en biais à la taille ; il est drapé, devant, à la hauteur de la poitrine, en plis horizontaux qui partent de la couture d’emmanchure et se terminent sous le ruché de velours qui dissimule les agrafes. L'empiècement s'attache sur l’épaule gauche. Le col, recouvert d'un biais d'étoffe pareille à la robe, Kïk. est ray ^ de trois
rubans de vetâÊL lours terminés
derrière en trois petits nœuds.
Æi Le dos du cor-
sage, plat et sans ^ V ' / ' coutures, est seu¬
lement orné de la berthe qui entoure l’empiècernent comme devant. — Cette ■ robe pourra être
Jy faite en étoffe à
’lW petits carreaux
noirs et blancs,
* mordorés et
blancs ou en quelque autre lainage mélangé ; l’empiècement sera en moire, en satin, en velours ou en soie côtelée ; on pourra aussi, au lieu de nouer la ceinture devant, l'attacher derrière par un
i 1. nœud à longs
I V * pans.
AIL Matériaux :
W IHiiï 6 m * 50 de lai
/ Y j i • ' nage en 1 m. 20,
50 centimètres de bengaline,
4 mètres de ru- Ugyj ban de velours
* n ° 5; 7 ° centi -
flfctvs m mètres de ruban
de velours n° 12 pour la ceinture,
lKlIl blure en petite
L largeur.
I Figure 2. —
I La jupe Anne
B VH d'Autriche,
d'ampleur
■feÉHlHF gèrement échan¬
gée à la taille devant et mon-
--- - tée sur un petit liséré de soie ; elle est garnie d'un volant
0 ^ ^ froncé de 15 centimètres de haut disposé en dents et bordé d'un rang d'étroit cache-point ; il sera facile de supprimer ce
D OBE de lainage imprime, volants pareils avec cache-point formant tâte. Collet de moire mastic, double volant de
dentelle. ™a-u/irwn en sans graisser les rend doux et brillants, les empêche de se dessécher au contact du fer et empêche les pellicules de se former sur le cuir chevelu.
Ces frictions peuvent être renouvelées chaque jour, mais il suffit généralement de les faire une ou deux fois par semaine, on n’emploie ni petite brosse ni éponge, mais on frotte fortement le cuir chevelu avec la main droite en secouant sur la tête de la main gauche la bouteille de lotion pourvue d’un bouchon stiligoutte.
Ces frictions ne dispensent pas du shampooing, elles nettoient parfaitement la tête, non pas les cheveux; nous avons si longuement expliqué dans le numéro 36 , année 1893, les différen tes manières de se laveries cheveux à la camomille, à.
la saponaire, au carbonate desoude, avec des
Fig. 10.
S^OIFFURE de soirée pour jeune fille ou ^ jeune femme; cheveux ondulés sur les tempes , touffe de frisures devant.
(Modèle de la maison Lenthéric, 245, faub. St-Honoré.)
r^OIFFURE de soirée, cheveux ^ relevés et ondulés ; bouclettes légères. (Modèle de la maison Lenthéric , 245 , faubourg Saint - Honoré.)
r "TABLIER pour bébé de 2 à 8 ans en 1 çéphir imprimé , épaulettes et collerette froncées de même étoffe, ceinture drapée.
(Modèle des Grands Magasins du Louvre.)
)BE de crépon bleu pâle à rayures plus claires ; garniture de guipure et de velours mordoré, col de velours, ceinture drapée .
(Modèle de Mme Moslard, 96, rue Saint-Lazare.)
n ABLIER en çéphir à pois bleus pour petite fille, de 2 à 6 ans.
(Modèle des Grands Magasins du Louvre.
vlî il II
ilr
pinces. Le collet, très léger, sera tout à fait pratique pour l’été ; il se compose de trois volants froncés en tulle grec semé de pois de soie. Le col est recouvert d’une cravate de mousseline de soie nouée devant et dont l'extrémité des pans est bordée d’un volant de tulle moucheté de 15 centimètres de haut.
Matériaux : 6 mètres de lainage en
1 m. 20, 12 mètres de doublure en petite largeur, 10 mètres de velours n° 9.
Pour le collet,
2 mètres de tulle en 80 centimètres, 3 mètres de mousseline de soie en 80 centimètres.
Figure 11. — La façon de ce tablier est un peu plus compliquée que celle de la figure 4 ; aussi donnons-nous avec ce numéro le patron découpé de ce modèle.
L’ampleur est montée en petits plis, devant et derrière, dans l'encolure et la couture d'épaule ; ces plis ne sont cousus que jusqu’à la taille. La ceinture drapée est nouée derrière ; on peut aussi l’attacher au moyen de petites agrafes dissimulées sous une tète froncée.
L'encolure est bordée d'une
collerette festonnée avec de la
soie lavable rose et montée sur V.’uVy/
un petit biais de 2 centimètres V- 9 -J
de large environ.
Les épaulettes froncées
font ornées d’un feston sem- '
blable à celui de la collerette.
On aura soin de faire au ^
tablier un ourlet de 5 à 7 ccn- c
timètres de large, afin de pou- r IG. lo.
voir le rallonger si cela est né- DROCHE. (Modèle de cessaire. Jj , . 0
.... , la maison Senet, 35,
Matériaux : 2 m. 50 de , ^ . c . . ,
rue du Quatre-Septembre.’
Figure 13. — Cette broche
cache-point en montant le volant avec une tête de 1 ou 2 centimètres.
Le collet se compose de trois dents de moire qui forment une sorte d’empiècement à coutures cintrées ; les deux volants de dentelle, l’un de 20 centimètres de large, l’autre de 30 centimètres, sont montés, légèrement soutenus, sur cet empiècement et descendent en pointe jusqu’au bas des revers. Ce vêtement pourra être exécuté en moire ou en soie côtelée de toute teinte, garni de dentelle noire ou blanche.
Matériaux : 8 mètres de lainage en 80 centimètres, 2 m. 50 de satinette, 6 mètres d’alpaca, 10 mètres de cachepoint, 1 m. 25 de moire, 2 m. 50 de dentelle en 20 centimètres, 2 m. 60 de dentelle en 30 centimètres.
Figure 4. — Ce tablier, facile à blanchir, enveloppe complètement la robe; il peut être fait en toile, en batiste, en zéphir uni ou broché de toute teinte. Il se compose de deux hauteurs d’étoffe, légèrement biaisées sous les bras et froncées sur un petit empiècement plat.
Cet empiècement est bordé d’une collerette froncée de 5 à 10 centimètres de haut dont le pied est dissimulé sous un biais pareil à celui qui borde l’encolure. L’ampleur est retenue à la taille par une ceinture faite d’un biais de zéphir pris en double et piqué sur chaque bord.
Le tablier et la ceinture s’attachent derrière, par de petits boutons de nacre. Les manches, assez larges, sont montées en fronces sur un petit poignet fermé par un bouton.
Matériaux : 2 m. 25 de zéphir.
Figure S. — La disposition des raies de l’étoffe sera surtout seyante aux personnes qui ont la taille courte. La longueur de la jupe paraîtra diminuée par les rayures mises en travers, et l’on allongera la taille en plaçant pour le corsage, les raies de l’étoffe en long.