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COURSES DE DIEPPE ET DE TROUV 1 LLE

S i les réunions sportives de Dieppe etde Trouville ont été, comme chaque année, l’occasion choisie par les couturiers pour préparer les modes d’hiver, le boléro conservera encore pendant la saison prochaine la faveur dont il jouit depuis plus de deux ans, et nous ne voyons là rien de fâcheux, car nous ne partageons pas —pour cette fois — l’opiniond’Etincelle qui appelle le boléro « un favori sans mérite » ; il en a plus d’un à notre avis, outre qu’il est facile à porter, tour à tour, simple ou élégant, selon l’étoffe dont il est fait, la jupe et les accessoires qui l’accompagnent, il se prête à mille modifications, sied aussi bien à la jeunesse qu’à l’âge mûr, et s’il n’accentue pas la sveltesse de la taille, les courbes du buste, il donne cependant à la silhouette générale quelque chose d’allongé, d’élancé, parce qu’il dégage les hanches et fait ainsi paraître les jambes plus longues.

Donc il y avait beaucoup de boléros à Dieppe et à Trouville ces dernières semaines : boléros genre tailleur en piqué ou en drap de livrée, assortis à la jupe, enjolivés de couturesbaguettes à piqûres doubles, boléros de fantaisie, tantôt assortis à la robe comme couleur, mais non comme étoffe, en moire blanche par exemple sur une robe de batiste à entredeux ; tantôt tout à fait différents de la jupe et comme étoffe et comme nuance ; beaucoup étaient recouverts, complètement ou en partie, de guipure blanche, bise, Isigny, ocre, unie ou rebrodée ; il y en avait en moire tout pailletés suivant le dessin des moirures; d’autres en satin antique, en velours, en peau de soie, finement brodés d’une bordure et de bouquets Louis XV; j’en ai vu deux en peau de Suède, l’un tout blanc avec de grands revers de moire, ouvert sur une cravate de tulle avec gilettailleur croisé et jupe de moire blanche, l’autre plus pratique était de nuance peau de Suède naturelle avec petits revers semblables porté sur une chemise d’homme, en batiste à col empesé et rabattu sur une cravate de piqué blanc; la jupe de serge blanche était retenue par une ceinture drapée en serge, effrangée au bout et nouée derrière à l’enfant; un canotier en riz-mousseline blanc, à larges bords, orné d’un ruban de satin blanc, complétait cette étrange et jolie toilette.

Nous avons signalé au commencement de la saison l’apparition de la paille de riz-mousseline et sa faveur probable : le succès de cette nouveauté a dépassé nos prévisions. La moitié au moins des chapeaux, que l’on remarquait aux réunions élégantes dont nous nous occupons, étaient faits de cette paille ; les plus jolis étaient garnis de blanc : draperies de tulle, lien de ruban retenant une touffe de fleurs blanches ; beaucoup étaient ornés de plumes d’autruche; une touffe d’iris blancs, très délicats, en soie fine, fleurissait celui qui m’a semblé le plus séduisant; il complétait une toilette de batiste blanche enjolivée d’entre-deux, mais d’autres accompagnaient des robes toutes noires ou de nuance mordorée, mauve, lavande, vert tendre, etc. ; quelquefois il y avait alors

Fig. 1 .

DOBE de peau de soie blanche. Corsage à cinq revers superposés garnis de dentelle blanche très basse, petites basques superposées montées sur une ceinture drapée en satin blanc. Guimpe de mousseline de soie blanche. Manches courtes et bouffantes. Gants de peau de Suède blancs. (Avec patron.)

(Document photographique de la maison Reutlinger, 21, boulevard Montmartre.)

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