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COMMENT ON SE CHAUSSE

L es chaussures pointues ont cessé de plaire; elles ont été remplacées par des formes à peu près semblables, ayant l’extrémité plus ou moins arrondie ou carrée; constatons aussi une légère tendance à élever les talons plats si longtemps en faveur : ce sont les seules modifications que nous ayons à signaler.

La question des chaussures est une des plus importantes dans un budget restreint parce que les bottines et les souliers bien faits sont toujours d’un prix élevé: je crois néanmoins qu’il faut se résigner à les payer cher, si l’on veut qu’ils durent longtemps sans se déformer.

Quelques personnes trouvent facilement des chaussures toutes faites allant bien, et je ne puis les blâmer si elles en profitent pour les acheter ainsi à meilleur marché, mais il est préférable de les commander dès qu’on a quelque peine à les trouver exactement à sa mesure. Si on les paye plus cher en s’y prenant de cette manière, cette augmentation de dépense est largement compensée par la durée des chaussures, qui ne se déforment pas lorsqu’elles vont tout à fait bien.

Les soins qu'on donne aux bottines et aux souliers sont très importants au point de vue de leur durée; certains cirages brûlent le cuir; nous avons donné dans un des premiers numéros du journal des indications très complètes à ce sujet, qu’il nous serait impossible de répéter ici, faute de place.

Le choix du cuir doit être fait avec discernement, suivant l’usage auquel sont destinées les chaussures. Le chevreau mat et le chevreau glacé, très jolis d’aspect, et si agréables à porter à cause de leur souplesse et de leur légèreté, ne peuvent convenir pour des chaussures de fatigue. Le veau mégi et le cuir de poulain sont un peu durs pour des chaussures de femme ; on tourne généralement la difficulté à l’aide d’un compromis : la tige se fait en chevreau mat, et l’empeigne en veau ou en poulain. Celle-ci a presque toujours la même forme; elle fait le tour de la bottine avec une seule couture derrière, au-dessus du talon ; les empeignes avec des coutures de côté ne se voient guère que dans les bottines à bon marché, et on renonce de plus en plus à l’ancienne forme, celle qui ne faisait pas le tour de la chaussure.

Quant aux petits bouts rapportés, c’est une question de

Ils peuvent avoir deux formes différentes :

coupés droit du côté de la bottine, ou bien taillés en pointe, ils font surtout bien lorsqu’on a le pied mince et long, parce qu’ils le diminuent en apparence; on çbtenait autrefois le même effet en faisant l’empeigne plus courte; mais cette modification grossit le pied, de sorte qu’on a fini par y renoncer.

Les souliers demi-montants dits souliers Richelieu sont généralement préférés aux bottines en été; ils sont agréables à porter et économiques. Mais on ne doit pas les considérer comme une chaussure habillée, sauf les petits souliers lacés tout en cuir verni, et ils ont le grand inconvénient de laisser les chevilles grossir et se déformer. Le bas noir uni est de rigueur avec le soulier; nous avons vu de bien jolis bas fond noir avec des carreaux écossais mélangés; ces carreaux sont disposés en biais afin de ne pas grossir la jambe; il y en a de toutes teintes, gris, lilas, maïs, vieux bleu, etc. de sorte qu’on peut les assortir comme ton à toutes les toilettes ; c’est une des fantaisies les plus réussies qu’on ait créées depuis longtemps; mais nous ne conseillons pas de les porter avec des souliers, sauf peut-être avec les souliers de cuir jaune. Ceux-ci tiennent la corde dans ce moment, à la campagne et à la mer; ils se montrent même à Paris, où leur succès tient sans doute à ce que la poussière salit en quelques minutes toutes les chaussures noires sauf les chaussures vernies, qui ont le défaut d’être bien chaudes.

Les bottines et les souliers jaunes sont de prix extrêmement variables suivant la qualité du cuir; la chèvre et le veau sont très abordables, mais il n’en est pas de même du cuir de Russie et du chevreau ; ce dernier n’est pas très résistant, et nous ne saurions le conseiller pour les plages de galets ou les courses dans la montagne, car il ne durerait pas quinze jours sans avaries, à moins d’une chance exceptionnelle. C’est le plus léger et le plus souple de tous les cuirs jaunes.

Les chaussures en daim gris ou blanc sont loin d’être à la portée de toutes les bourses, mais elles sont d’une extrême solidité et se nettoient facilement avec des préparations spéciales ; nous sommes obligés de convenir que le daim gris jaunit un peu à l’usage, mais si la couleur s’altère, le cuir reste inusable.

Les bottines habillées se font en chevreau glacé, piquées de noir ou de blanc, ou en chevreau mat avec l’empeigne vernie faisant le tour de la bottine.

Le chevreau glacé, plus léger, moins chaud que le vernis, s’écorche plus facilement à la moindre aspérité de terrain; le vernis s’abîme et craque lorsque le temps est froid, c’est une chaussure désagréable à porter par les grandes chaleurs, de sorte que nous ne saurions lequel des deux recommander au point de vue économique: je ne puis en indiquer que les avantages et les inconvénients, laissant mes lectrices choisir

Fig. t.

J^OBE de lainage créponé noir à gros grains, jupe garnie d une quille de mousseline de soie , nœuds de crêpe anglais. Corsage à plis creux, collerette faite de pointes de crêpe anglais bordées de plissés de mousseline.

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elles-mêmes d’après leur ex- genre, n’ont eu d’autre origine périence et leur goût per- qu’un manque de surveillance à cet sonnel. égard. Les petits pieds allongent

Les talons des bottines rapidement et si les chaussures de fatigue restent plats, point n’ont pas été choisies plus grandes

cambrés ; ils sont un peu qu’il ne fallait au début, on est

moins bas et

atteignent parfois 2 cent. 1/2 ; mais cette Modification n’est point exigée par la mode, et rien n’empêche de conserver le talon anglais lorsqu’ony tient.

Les chaussures habillées, les petits souliers de dîner, de bal, ont tous ce talon carré de 2 à 3 centimètres, ou le demi-talon Louis XV.

Les derniers s’assortissent aux robes comme teinte, et se font presque toujours en satin. Lors-

Fig. 4.

DOBE pour petite fille, en lai nage beige. Col lingerie en batiste orné de jours en broderie et d'un volant de broderie assortie.

Fig. 2.

/cORSAGE de soie blanche à pois mais, cravate de tulle ^ blanc. Paillasson noir garni de tulle blanc et de pavots.

(Document phot. de la maison Rcutlinger, 21, boulevard Montmartre.)

qu on veut

les avoir d’étoffe exactement semblable à la robe, on peut donner même, dans les magasins de nouveauté, un très petit métrage de tissu qui suffit pour les recouvrir. Les bas de soie unis ou à jours sont de même couleur que les souliers, il est quelquefois très difficile de trouver certaines teintes, et nous croyons être utiles à nos lectrices en leur conseillant de s’adresser dans ce cas à des maisons spéciales, faisant teindre en deux ou trois jours les bas de soie blanche, exactement semblables à l’échantillon qu’on leur fournit.

Le soulier verni découvert est parfaitement admis pour les dîners et les soirées intimes; on le porte avec le bas de soie noire, uni, ajouré, ou, ce qui est plus joli encore, orné de médaillons de Chantilly incrustés dans le tissu même du bas.

Les souliers et les bas mordorés sont plutôt délaissés en ce moment ; leur vogue a duré bien assez longtemps pour qu’il n’y ait pas lieu de s’étonner de cette défaveur.

Les ferventes adeptes de la bicyclette ont une préférence marquée pour le petit soulier verni lacé ; le choix des bas est plus embarrassant et si l’on observe les élégantes promeneuses dans les allées du Bois, le matin, il est difficile de se faire une opinion bien arrêtée à ce sujet ; les unes portent le bas noir, d’autres, le bas écossais dont nous parlions tout à l’heure, d’autres encore, et j’avoue que je partage leurs préférences, de hautes guêtres couvrant la jambe depuis le soulier jusqu’au bas de la culotte.

On se préoccupait fort peu il y a quelques années de la manière dont on chaussait les enfants; je crois que bon nombre de pieds déformés, d’ongles incarnés, et de petits accidents du même

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bien obligé de les laisser de côté avant qu’elles soient usées complètement.

Une économie mal entendue est celle qui consiste à choisir pour les enfants des chaussures à bon marché ; au lieu de deux paires par an, ils en gâchent une demi-douzaine, qu’on a payées chacune beaucoup moins cher, il est vrai, mais dont le prix total est plus considérable à la fin de l’année.

Pour les tout petits, le daim blanc est ce qu’il y a de mieux; en souliers d’abord, puis en bottines lorsque l’enfant commence à marcher; il est inusable, et passe souvent des aînés aux petits quand on a soin de mettre de côté les chaussures devenues trop courtes.

C’est le seul cuir blanc qui se nettoie, et c’est le grand avantage que nous lui reconnaissons sur le veau mort-né, le vernis blanc et le feutre.

Les souliers bleus se font

presque toujours en vache vernie; dès que l’enfant commence à marcher, on doit

adopter les chaussures à bouts non pas arrondis, mais tout à fait carrés, lacées pour qu’elles puissent se serrer à volonté et mieux soutenir la cheville; à semelle épaisse, débordant de 1 demi-centimètre environ devant et sur les côtés.

Beaucoup d’enfants usent en quelques jours le bout des bottines et les mettent ainsi hors d’usage; lorsqu’on les chausse avec des semelles débordantes, on évite cet inconvénient.

Fig. 7.

JAQUETTE de drap pain brûlé, portée sur la J chemisette fig. 2. Basque courte, boutons de corne, coutures à piqûres doubles. (Document photographique de la maison Rcutlinger, 21, boulevard Montmartre.)

Fig. 3 .

TISEUSE (Modèle de la maison Senet, 35, rue du 4 - Septembre. )

Fig. 5 .

Fig. 6.

/CORSAGE-BLOUSE en soie imprimée; grand ^ col lingerie en batiste garni de broderie .

Le seul cuir noir vraiment résistant est la chèvre; on en fait, il est vrai, des chaussures aussi solides que peu élégantes, mais il est très difficile de réunir les deux qualités. Le veau mégi ne s’emploie guère pour les petits enfants, il est trop dur; on s’en sert cependant comme empeigne dans les bottines qui ont la tige en chevreau mat parce qu’il s’écorche moins que celui-ci.

Les chaussures habillées sont les bottines en chevreau glacé ou en chevreau mat avec claque vernie et surtout le soulier anglais qu’on porte avec la chaussette de soie noire. Les bottines d’enfants ont presque toutes

conservé l’ancienne forme, c’est-à-dire l’empeigne s’arrêtant sur le côté ; on en fabrique aussi avec l’empeigne faisant le tour de la bottine, mais il faut compter sur une augmentation de prix à cause du travail plus difficile, et je crois que la raison d’économie empêchera qu’on adopte jamais exclusive-

Fig. 8.

pOUPE - ^ PAPIER porte - mine.

(Modèles de Mme Billion, 38, Chaussée-d’Antin.)

ment cette forme, pour les ( Modile de 1»

enfants. maison Senet.

r> j ~ 35. rue du

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