La Mode Pratique 3:(46) 361-368
N os lectrices savent déjà que les applications de drap, les broderies, les étroites bandes de fourrure, la guipure garniront beaucoup de nos robes.
La guipure sous toutes ses formes, quels que soient les noms dont on la décore, est si connue que nous n’en parlerons pas.
Disons seulement que les diverses fantaisies de ce genre que l’on a imaginées la saison dernière, pointes aiguës, cache-point, motifs détachés, etc., sont plus à la mode que jamais, en dépit de toutes les prédictions.
Les immenses cols aux dimensions de pèlerine en guipure de Venise, en point d’Irlande, en dentelle Luxeuil, etc., qui ornaient nos robes de foulard et de batiste, semblaient une parure exclusivement estivale, cependant nous l’avons conservée pour nos toilettes d’hiver, et même elle garnit, fort joliment d’ailleurs, nos manteaux élégants, fussent-ils en fourrure, c’est-à-dire destinés à être portés par les jours les plus froids, par les temps les plus sombres. Seulement, au lieu de poser tout simplement les cols sur là robe ou le vêtement qu’ils doivent enjoliver, on les double le plus souvent au préalable d’un transparent de velours, de moire, de peau de soie, etc. Nous avons vu un charmant collet en velours noir, presque entièrement recouvert, par un vaste col carré, en guipure jaunie, toute rebrodée de perles et de cabochons de jais mélangés de petites paillettes, appliquée sur un transparent de moire vert ‘ tendre éteint, un vert qui tient le milieu entre la nuance coque d’amande et le vert-d’eau. Le ton d’ensemble était — quoiqu’on ne le conçoive guère à la description — très neutre, et le vêtement facile à porter, bien que fort élégant. C’est un travail amusant, facile et vite fait que de rebroder ainsi un col de guipure.
Il est plus long d’exécuter soi-même la guipure en point à l’aiguille, mais notre concours d’octobre nous a prouvé une fois de plus que nos lectrices ne reculent pas devant ces
travaux de Fig. r.
patience
et v réus- DOBE de lainage acajou garnie de velours assoi'ti, guipure bise simulant sissent ^ 1111 corsa S e cuirasse , ceinture , col drapé, choux et nœuds de velours.
merveil¬
leusement. — Cette considération nous a engagés à donner des modèles d’applications de drap sur la planche de patrons tracés de ce numéro, quoiqu’il soit fort difficile de découper le drap d’une façon bien nette, sans instruments spéciaux, et d’exécuter très réguliè-
(Modèles de Mme Moslard, 96, rue Saint-Lazare.)
rement la piqûre qui cerne les contours des motifs de drap, quand on n’est pas très exercée à ce genre de travail.
A la vérité l’économie réalisée en faisant ce travail à la maison ne vaut peut-être pas la peine que Ton se donne pour obtenir un résultat souvent médiocre ; car on trouve des motifs tout découpés et admirablement piqués depuis 75 centimes ; ce prix est encore abaissé quand on fournit le drap aux maisons de passementerie qui se chargent de ce travail.
On fait faire de même à très bon compte des bordures de diverses hauteurs aussi bien que des motifs; ces applications toutes préparées se fixent sur la robe par des points invisibles, faits de place en place, dans la piqûre. Le cordonnet que l’on emploie pour celles-ci étant extrêmement gros, on n’a pas de peine à dissimuler les points.
Nous avons vu une utilisation des draps double face, assez peu séduisante à notre avis, mais très appréciée, parait-il, des tailleurs anglais : c’est une sorte de galon fait avec des bandes de drap d’un demi-centimètre environ tissées de manière à former un damier ; les bandes sont alternées ou retournées de façon que l’on voie tantôt le côté clair, tantôt le côté foncé de l’étoffe. A notre avis, ce genre de galon a Toujours l’air mal Jait , il est d’un aspect grossier qui nous a déplu ; mais l'idée en elle-même n’est pas mauvaise, aussi en a-t-on tiré d’autres
JjgpL partis : on
0 tisse ainsi
en damier, tantôt des rubans étroits de diverses
e avec rayures et petits pois bleus. Empièce - couleurs •
velours noir et sa-
Fig. 2.
J^OBE de soie fantaisie nom
v ment à plis nids d'abeille, ceinture, col drapé et nœuds en ruban bleu ,
Fig. 3.
DEDINGOTE à triple collet pour petite fille de 8 à i5 ans , drap vert-moujik, pe- - tite bordure soutachée, col de velours assorti. (Avec patron.)
pier de deux couleurs.
La vogue des marabouts a bien diminué depuis que l’on porte la fourrure en bandes très étroites, depuis que les meil- .
IG \ leures mai-
G REMENT sons cou pour cha- ture peau en plu- . . ,
mes noires. P lolent des
tin vieux bleu, héliotrope, rose sèche, or ou vert tendre, par exemple, tantôt de petits entre-deux de guipure blanche ou crème, alternés avec des rubans de moire, de satin ou de velours. Cette garniture est d’un prix assez élevé parce qu’elle est encore très nouvelle, mais il est facile de la préparer soi-même, puisque c’est un travail analogue à celui que l’on fait exécuter aux enfants de quatre ans dans les écoles maternelles, avec des bandes de pa-
Fig. 6.
dans les passementeries destinées à orner nos robes ; garnitures au mètre, motifs détachés, ou parures préparées*?» forme d’après patron.
On préfère cette année les dessins légers, bien -ajourés. La variété des jeux de lumière sur les perles très fines, sur les cabochons énormes, sur les pavés plats plus ou moins grands, sur les clous à tête arrondie taillée en facettes, ou à tête pointue, taillée en pointes de diamant, ajoute encore à la légèreté d’aspect de ces ornements.
Une jolie bordure qui peut être utilisée comme entre-deux ou complétée par une frange, des pampilles, se compose de losanges sur fond de tulle brodés de perles très fines et de roues en gros cabochons avec rayons de mêmes perles; peut-être préférons-nous encore les dessins irréguliers ou les pointes plus ou moins aiguës, très à la mode, aussi bien en passementerie qu’en guipure.
Une nouveauté, ce sont les incrustations de moire qui. forment des pleins dans certaines passementeries ajourées; c’est d’un effet neuf, décoratif, peutêtre serait-ce plus joli encore si ' l’on employait du velours au lieu de moire. Ce genre de garniture coûte environ 3 o à 35 francs le mètre en 2 8 à 3 o centimètres de haut.
Fig. 8 .
DOBE pour jeune fille de 12 à ^ i3 ans, jupe de lainage vert-figue , chemisette de surah assorti garni d'entre-deux en guipure d'Irlande blancs. Veste de velours anglais vert-myrte, guipure d'Irlande à • pointes sur plissé de surah vert-figue.
s~>HAPEA U pour jeune fille ^ soie mate; panache de
ou jeune femme en velours noir borde d'un triple liséré de quatre têtes de plumes d'autruche noires; clous de jais.
Fig. g.
A GRÉMENT pour ** chapeau. Pompon de plumes noires pailletées.
(Modèle de Mme Meunier, 20, rue du 4-Scptcrabrc.)
Fig. 5.
J^ANTEAU de velours amarante , garni au bas de guipure rebrodée , empiècement d'hermine prolongé en col Médicis. Boa en chèvre de Mongolie blanche. (Avec patron.)
fourrures de prix modeste, telles que le vison d’Alaska, le renard lustré, etc. On préfère, avec raison ce me semble, les garnitures de fourrure, plus solides , d’unplus joli effet, et dont la mode a plus de chance
de durée, aux bordures de marabout qui coûtent presque aussi cher.
Cependant on a créé cette année quelques nouveautés dans ce genre ; les deux modèles qui ont le plus de succès sont d’abord un ma- 1 about fait d’une baguette veloutée, autour de laquelle semble s’enroulerenspir raie un cordon fait de petites bouclettes frisées en lpcet très étroit de 2 millimètres environ ; puis une mince baguette également veloutée, coupée tous les 2 ou 3 centimètres par une grosse perle en jais taillé ou en bois recouvert de passementerie mate.
Le premier de ces types coûte 2 fr. i 5 en 2 centimètres de large; 2 fr. go en 4 centimètres, et 3 fr. 5 oen 6centimètres; le second vaut 1 fr. 60 en i 5 millimètres.
Nous avons dit à propos des chapeaux combien les cabochons de jais très en relief étaient à la mode, on en emploie des quantités
Fig. 7 .
OLLET Mirabeau en as traçait doublé de soie.
La faveur des broderies a ramené le goût des passementeries de soie noire imitant la broderie au passé et au point noué ; l’aspect de ce dernier point est obtenu par l’emploi
d’une pe- i; tite cor- | delière qui remplit l’intérieur des fleurs ou des feuilles ; quelquefois quelques parties du dessin sont appliquées sur fond de tulle; sur certaines couleurs, cette broderie noire fait le plus joli effet du monde ; on en trouve depuis 7 à 8 francs le mètre jusqu’à 3 o ou 35 francs suivant la hauteur; rien n’est plus facile à disposer, on peut même au besoin détacher les motifs pour donner à la garniture la forme exacte que l’on désire: boléro, col carré ou arrondi, épaulettes, etc.; avec un très petit métrage im .25 à im. 5 o environ, on combine des garnitures séduisantes et originales d’un prix abordable.
Si l’on veut quelque chose de moins coûteux en-
Fig. 10. — Composition de F. Fourntry.
r'OSTUME en lainage écossais de divers tons de beige ^ et de brun. Collet de drap beige moyen avec applications de drap beige clair, rehaussées de motifs de drap brun. Chapeau de velours brun à nœuds verts »
^Pte\)u& d& Ici' ^kunill&
tranchant avec celle du costume;d’autres ont des épaulettes, des empiècements, des boléros, des manches entières ou des bouffants de manches en soie fantaisie ou en velours ; d’autres encore sont ornées d’un col marin ou de revers en velours ou en moire bordés de petits plissés /f/.
de surah (Câ ou de
mousseline f de soie; les velours fantaisie , les velours Liberty, les tissus mélangés même sont utilisés de
coreetde plus simple, on choisira des passementeries genre militaire, analogues aux brandebourgs qui ornent certains uniformes. Ces passementeries en laine mohair coûtent de 3 à 4 francs en bordure de 5 à 8 centimètres de haut, et
Fig. i6.
UANTAISIEpour chapeau, r composée de 12 plumes.
mes d'autruche pour capote ou chapeau rond.
francs le mètre en i 5 à 20
centimètres. Certains dessins peuvent se détacher par motifs.
Les bords de plume d’autruche sont très employés, toutefois on a renoncé aux dépassants et on ne se sert plus que de la forme dite entre-deux , c’est-à-dire avec brins frisés de chaque côté. On voit aussi beaucoup de garnitures en plumes d’autruche cousues sur un ruban. C'est léger, flou, d’un joli aspect, mais aussi cher et beaucoup moins solide que la fourrure.
l Nous recom
JJANACHE de sept têtes de plumes d'autruche.
J^ŒUD de plumes d’autruche avec ' aigi'ette pour chapeau rond.
la même façon et complètent
veau type de cols et de boas en plume, à la fois seyants et avantageux : le col se compose d’une bande sur laquelle sont cousues de pe- pOBE de dra tites têtes de plumes a velours h formant col Médi- Liberty loutre cis ; il coûte 8 fr. 7 5 , col Médicis à le demi-boa avec de guipure jau meme col en im. 2 5 brun doré ** coûte 12 francs; enfin le boa entier, toujours avec col Médicis en tête de plumes, se vend 17 francs. Ces parures exis-
très heureusement des costumes de laine. Cette question des garnitures serait iné-
tent en toutes teintes et sont charmantes pour compléter une sortie de bal.
F a u t-i 1 rappeler que la garniture la plus simple et souvent la plus économique est encore le mélange d’étoffes.
Beaucoup de robes de jeunes filles ou de jeunes femmes sont ornées tout simplement d’un jabot de mousseline de soie avec col et ceinture drapés en velours assorti ou d’une nuance
L Lanska en caracul bordé de chèvre de Mongolie.
Fig. 18.
DOBE d'intérieur en crépon vieux rouge; empiècement bordé d’une double berthe en dentelle blanche ; sabots aux manches en dentelle blanche; ceinture de satin nouee sur le cote. (Composition de Mme Robert, 2° prix de notre concours. — Voir la description page 350, col. 1 du Supplément.)
Ty OBE de moire noire garnie de passementerie de A j a is a ourèe , rehaussée de cabochons très en relief; col et ceinture mobiles en velours rubis.