‹ La Mode Pratique 3:(48) 377-384Chapitre 2 sur 4 · DESCRIPTION DES TOILETTES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES TOILETTES

Figure 1. — Nous conseillons dc faire l'empiècement viobile afin de pouvoir le porter sur différents corsages ; nous en donnons le patron sur la planche de ce numéro.

Le corsage môme agrafe devant, au milieu. — La jupe, ample de 5 mètres, sera taillée d’après les explications et le patron réduit donnés sur la plan che de ce numéro.

Matériaux :6 m. 50 de lainage en i m. 10, 1 mètre de doublure

en 60 centimètres. 1 mètre de soie, 35 centimètres de velours en biais pour le col drapé.

Figure 2. —Nous avons déjà parlé de ces corsages découpés en pattes sur une cuirasse dc moire ou de drap; dans l'article la Mode du numéro 45 consacré aux corsages ; celui-ci ferme au milieu du devant. Le bords des pattes sont ornés d’un cache-point de jais ; pour une toilette de jeune fille, on remplacera le cache-point par un étroit entre-deux de guipure. — La jupe r »c taille comme celle de la figure 1 ; Iîs demi-quilles de moire sont facul :atives.

Matériaux : 6 mètres dc lainage en 1 m. 20, 13 mètres dc doublure en 50 centimètres, 2 mètres de moire pour la cuirasse.

Figure 6. — On trouvera le patron de ce corsage sur la planche dc ce numéro, avec les indications nécessaires pour la coupe et l'assemblage.

La jupe, doublée, se compose de neuf lés biaisés. Si l'on veut une toilette à deux fins, on ajoutera un empiècement et des poignets mobiles, en velours avec applications de guipure, en soie pailletée, etc. que l'on disposera sur une doulilure a'ustée. /' ’

Matériaux : 15 mètres de* sôié, 15 mètres de doublure en 50 centimètres.

Fig. ii : Robe pour petite fille dc 4 à 12 ans, éolienne beige clair, empiècement de velours mousse, berthe de guipure. (Avec patron.) Chaussettes de soie Figure 10. — On montera ce co:-

noire , souliers vernis. — Fig. 12 : Robe de soie à côtes , nuance violette russe, garniture de guipure rebrodee de jais, franges de iais tombant en pluie let sur une P ctite vestc intérieure jusqu'à la taille , ceinture de velours noir, col drapé de même velours. — Fig. i 3 : Coutume pour petit garçon de 4 à 12 ans, pantalon long à manches, afin de le rendre plus

pont, vareuse rentrée dans le pantalon, COl marin ouvrant Sur un iersey, souliers vernis. (Document photographique de la maison Reutlingcr, 21. boulevard Montmartre.)

Ja yliode 2/utlçne

chaud : les pèlerines sont taillées en rond. On pourra l’exécuter en drap, en velours du Nord, en peluche peiu de loutre, etc.

Matériaux : 6 m. 50 de velours en 55 centimètres, 6 m. 50 de doublure en 55 centimètres, 2 m. 50 d’ouatine, 8 h 10 mètres d * fourrure large de I A 2 centimètres, deux motifs de jais.

Figure 11. — Nous donnons le patron de cette robe pour l'Age de six h sept ans. — On pourra l'exécuter en bengaline, en satin Liberty ou en lainage soupe.

Matériaux pour 4 ans : 6 mètres d’éolienne en 55 c?ntimètres, 50 centimètres de velours, 1 m. 50 de guipure.

Figure 12. — Ces franges de jais tombant en pluie sont toujours d’un joli effet.

On fermera le corsage au milieu du devant ou sur le côté gauche.

Matériaux : 15 mètres de soie, 13 mètres de doublure en 55 centimètres, 85 centime rcs de ve’ours.

Figure 13. — Ce genre de costume dit marin-anglais remplace souvent la blouse retombant sur le pantalon court. On trouvera sur la planche du numéro 40 un patron dont on po irra s'inspirer pour exécuter ce modèl*.

Matériaux pour 10 ans : 1 m. 70 de lainage en 1 m. 30.

Figure 15. — Ce modèle de collet conviendra aussi bien pour une jeune femme que pour une personne d’Age moyen. — La pèlerine est montée en fronc.*s sur un co’.-cmpiôcemcnt à coutures cintrées. — On pourra employer les étoffes indiquées pour le modèle figure 10.

Matériaux : 6 m. 50 de velours, autant de doublure en petite largeur.

Économie domestique

P ar goût et quelquefois aussi par économie, car cette forme exige beaucoup moins d’étoffe, certaines personnes préfèrent, aux rideaux suspendus par des anneaux apparents à une tringle de cuivre, les bandeaux avec

pentes; la sim¬

plicité de cet arrangement est bien dans la note sobre qui plaît pardessus tout depuis quelques années, et à notre avis rien n’est - mieux fait pour les appartements de Paris dont la hauteur n’excède guère 3 mètres à 3 m. 5 o ; parce que rien ne laisse la fer nôtre plus dégagée, plus ouverte à la lumière. Sans doute les belles draperies simples ont leur caractère et leurs mérites, mais on n’en voit plus quelesdéfauts quand on veut les introduire dans des appartements aussi peu élevés de plafond que ceux des maisons modernes, tandis qu’il faudrait, pour

que les plis tombent d’une façon gracieuse et naturelle, des fenêtres d’une hauteur minimum de 4 à 5 mètres.

Vous souvient-il de ces draperies à l’italienne, jolies pourtant en principe, et si vilaines, presque ridicules, cjuand on les voyait accrochées au plafond bas d un cinquième étage ou d’un entresol. / Elles étaient faites d’un seul grand rideau relevé sur le côté et retombant mollement en plis arrondis de faço-n à former dans le haut une sorte de lambrequin à une seule dent. Nécessairement cette dent, qui tenait toute la largeur de la fenêtre, avait une certaine hauteur qu’il n’était guère possible de réduire, aussi occupait-elle souvent plus de la moitié, parfois les deux tiers de la hauteur des fenêtres, plongeant toute la pièce dans une demi-obscurité et iie laissant plus de place au rideau lui-même, elle produisait l’effet d’une tête énorme sur un corps de nain. En dépit de leur réputation de femmes de goût, bien peu de Parisiennes avaient eu le courage de résister à la mode et l’on trouvait ces rideaux partout, même Jans les endroits les moins faits pour eux.

Vraiment, question de mode à part, il me semble que nous avons fait des progrès et je crois que si les tapissiers essayaient de remettre ce genre en faveur, on suivrait moins aveuglément leurs avis; par malheur, même quand on a du goût, quand on sait juger très sûrement une chose faite, on 11c se rend pas toujours compte à l’avance de l’effet qu’elle produira; l’un des buts que nous

Fig. 16.

ARRANGEMENT de fenêtre, rideaux sus- ^ pendus à une tringle de cuivre par de gros anneaux de cuivre apparents.

Fig. 17.

A RRANGEMENTde fenêtre,bandeau et pentes garnis d'un galon de nuances mélangées s'harmonisant avec l'étoffe employée.

nous proposons est précisément de prévenir ces regrets fâcheux, de les éviter à nos lectrices.

Donc voici un principe invariable posé : dans tout appartement dont la hauteur est inférieure à 4 mètres, point de rideaux drapés d’aucune sorte, mais des rideaux pendus à Yantique sur une tringle (figure 16), ou des pentes étroites avec un bandeau (figure 17), ou encore, si l’on veut, des rideaux assez larges pour qu’on puisse les fermer au besoin le soir, mais droits, fixés sous un bandeau comme les pentes, et qui dans la journée occuperont aussi peu de place que possible de chaque côté de la fenêtre (figure 19).

Si la forme des rideaux est presque invariable depuis qu’on a à peu près renoncé aux draperies, jamais nous n avons eu un plus grand choix au point de vue des étoffes; jamais les gammes de nuances n'ont été plus nombreuses, plus délicates, jamais on n’a trouvé des voisinages et des contrastes de tons plus harmonieux; les fabricants s'adressent la plupart du temps pour les dessins à de véritables artistes : on m’a affirmé que beaucoup des cretonnes anglaises que nous admirons chez Liberty ou chez Maple sont dues aux dessins d’un Français, Grasset. Quoi qu’il en soit, les jolies étoffes ne manquent pas, il y en a même tant qu’il est embarrassant d’en choisir une. Si vous le voulez bien, nous écarterons de prime-abord les tissus de laine, à cause de l’extrême difficulté qu’on éprouve à les préserver pendant l’été de l’atteinte des mites. Ajoutons qu’ils n’ont pour la plupart rien de bien tentant, à moins qu’il ne s’agisse de résilias algériennes ou de tapis d’Orient; ceux-là, si on laisse de côté le défaut que nous venons de signaler, ont malheureusement toutes les qualités, je dis malheureusement, car s’ilssontpeu salissants, solides, d’unccouleur presque toujours agréable, d’un dessin souvent exquis; d’autre part, les mites préfèrent à toute autre pâture la laine à peu près brute, à peine lavée, dont ils sont tissés; aussi beaucoup de maîtresses de maison, qui se sont laissé tenter par leurs mérites, regrettent-elles de les voir si séduisants, quand l’expérience leur montre combien il est difficile de les conserver en bon état. Par une surveillance constante, des soins minutieux, on peut arriver à la rigueur à préserver des mites les tapis non doublés,é tendus par terre ou bien employés comme rideaux, comme portières; on n’est jamais sûr d’y réussir quand ils sont cloués sur des sièges, même si on les fait battre et brosser chaque jour, même si on a la précaution d’introduire entre les bras, le dossier et le siège, des substances qui déplaisent aux mites, telles que le camphre, la naphtaline, l’antimitéine, etc., les papillons trouvent moyen, malgré toutes ces mesures préventives, de s’introduire entre le tapis et le siège, ils y déposent leurs œufs qui éclosent là, les larves y prospèrent en dévorant le tapis par-dessous, s’introduisent ensuite dâns le crin ; enfin c’est un désastre complet en présence duquel un seul remède est possible, remede radical et nullement économique .'défaire

tout à fait le ____________ .

fauteuil; laver - -

(1) Voir les numéros 5, 6, 8 et 44 de cette année,

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Fig. 18.

PORE de satin noir garnie de velours miroir dahlia, garniture de jais formant épaulettes et berthe. Chapeau de velours dahlia orné de tulle point d'esprit noir. (Voir sur la couverture la notice concernant cette robe offerte en prime à nos Abonnées.)

le bois à l’aci de phénique ou au sublimé, épurer le crin et passer le tapis à l’étuve, puis refaire le fauteuil et recommencer à veiller en attendant une nouvelle catastrophe à peu près inévitable.

En admettant que l’on ait un petit tapissier très raisonnable, la dépense exigée par cette réparation sera de 3 o à 5 o francs par fauteuil.

Si l’on recule devant des frais aussi considérables, on peut recourir au procédé Raoul- Pictet et tuer papillons, œufs et larves, sans défaire le fauteuil , en envoyant celui-ci au Sanatorium de Paris. Cela coûte environ 5 francs par fauteuil, mais on ne parvient encore par ce moyen qu’à réparer le passé sans assurer l’avenir.

Le meilleur moyen, à notre avis, d’éviter le renouvellement de ces accidents, c’est de ne point clouer les tapis sur les sièges, mais de les faire disposer en forme de housse! Si le travail est fait par un très bon tapissier, il est impossible de s’apercevoir que le fauteuil n est pas recouvert selon les règles classiques. Cela ne dispense pas de prendre des mesures de précaution, mais on est au moins assuré ainsi de ne pas se donner une peine inutile : on peut, en retirant la housse de temps en temps (assez fréquemment au printemps) brosser le fauteuil dans les coins où les mites se croient le mieux à l’abri; on peut le saupoudrer, entre le tapis et la toile, de naphtaline en poudre ou d’antimitéine; enfin, quand on s’absente, a Ia . facilité d’enlever les housses et d’en faire des paquets hermétiquement clos, à moins qu’on ne préfère les donner en garde à auelque maison spéciale.

Cette petite digression nous a un peu éloignées de la décoration des fenêtres, mais elle rendra service à celles de nos abonnées qui ont eu la désagréable surprise de trouver en revenant de voyage leurs meubles abîmes. Nous reviendrons à la question des rideaux dans un prochain numéro.

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