I. — Espace sous-aracbnoïdien
Il existe entre les centres nerveu.x et, la dure-mère, en réalité entre Tarachnoïde et la pie-mère, un espace libre qui s'étend du crâne dans le rachis et réciproquement. Cet espace, c'est l'espace sous-arachnoïdien ou sus-pial. Il constitue un véritable sac rappelant les cavités séreuses, et revêtues comme elles, d'après Luschka, Axel Key et Reïzius d'un revêtement épithélial. Il communique avec les espaces séreux des nerfs, avec les gaines péri-vasculaires et les organes des sens (fosses nasales, œil, oreille) (1). - Complètement libre dans le rachis où il forme une sorte de citerne circulaire autour de la moelle, cet espace est coupé dans certains points du crâne par des brides fibreuses très tenues {tissu sous-arachndidien) qui réunissent le feuillet viscéral de l'arachnoïde à la pie-mère, comme cela se voit à la surface des circonvolutions et sur toutes lesparties saillantes de l'encéphale. Dans certaines régions, au contraire, à la base du cerveau prmcipalement, il y a des espaces dilatés qui servent de réservoirs au liquide céphalo-rachidien, et auxquels MAOENmE a donné le nom de con/ï«cnfs
( p . oo) .
L'espace sous-arachnoïdien communique avec les ventricules du cerveau et e canal central de la moelle par l'intermédiaire des parties latérales de la fente de Bichat, des trous de Luschka et du trou de Magcndiè percé sur la voûte du
(1) Les enveloppes méningiennes se continuent sar les nerfs On Ia.,..
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Debicrre. — 4.
DES MÉNINGES
'quatrième ventricule près du bec du calamus scriptorius (1). Il dilTère de la cavité arachnoïdienne en ce qu'il renferme un liquide particulier découvert par Haller et CoTUGNO, le liquide céphalo-rachidien, auquel Magendie a attribué sa véritable valeur tout en montrant qu'il occupe l'espace sous-arachnoïdien.
§. II. — Liquide céphalo-rachidien.
Le liquide céphalo-rachidien ou cérébro-spinal, est un liquide clair et limpide, alcalin, salé, d'une densité de 1005 à 1010, renfermant 990 parties d'eau sur 1000, et 1 à 2 d'albumines. Incoagulable par la chaleur, il ne contient pas de sérine comme le sérum du sang, mais une matière albuminoïde analogue à la caséine. Ses matières minérales sont riches en phosphates et en sels de potasse, ce qui rapproche le liquide céphalo-rachidien du plasma des tissus et l'éloigné du sérum sanguin. Il renferme aussi du sucre à peu près dans les mêmes proportions qu'on trouve ce corps dans le sang, mais cette matière sucrée est infermentescible et sans action sur la lumière polarisée. Cette composition du liquide cérébro-spinal peut aider à reconnaître l'origine du liquide qui s'écoule par le nez et les oreilles à la suite de certaines fractures de la base du crâne, ainsi que le font remarquer Laugier et ïillaux entr'autres. — Issu par transsudation des vaisseaux de la pie-mère, ce liquide, occupe l'espace sousarachnoïdien spinal dont la capacité est beaucoup trop grande pour contenir la moelle et s'accumule dans l'ampoule terminale inférieure qui l'entoure.
Dans la cavité crânienne, il se rassemble dans les sillons et les scissures qui séparent les circonvolutions ou les lobes du cerveau, en formant des rimili, des rivi des flumina (Duret), qui se déversent dans des confluents ou lacs (espaces sous'-arachnoïdiens de Magendie). A la base de l'encéphale il forme un véritable coussinet liquide élastique (flg. 32). - On admet généralement, nous l'avons dit, qu'il pénètre dans les cavités ventriculaires en passant par le trou de Magendie, le quatrième ventricule et l'aqueduc de Sylvius.
(i\ le trou de Maaendie, dont l'existence normale est encore douteuse, est limite en avan nfr le bec du ffinw/s^^^^ en arrière par le vermis infenor du cervelet,
fat^rllement nar les ïobu es amygc^aliens du cervelet et les plexus choro.des du 4' yentiSe Er/aif la cinqS^ cérébrale, celle qui donne naissance au qualneme
lVnri"u?e eslSomme^ïes autres, close de toutes parts chez embryon ; die l est^^^^^^^^^^^ chez l'adulte, car, comme le remarque Mathias Doval le trou de ^/,Sjôn oi cêl e une produc ion accidentelle comme les ouyerlu^es 'ené ées de 1 é^^^ des lames mésentériques. (Mathias Duval, La corne dAmmon. (Aich. de Neurologie,
'''ofveV'miîSn émulsionné dans une solution de «"^r^ ing'^,J^.!î,«„S f^ZS.
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(le cerveau étant renversé), on voit le iquide parvenir da is « \ ' '["^^ de par le trou de Magendie « largement ouvert» (Voy. sur ce sujet Marc sle, nev. médecine, 1878, p. 124, et 1879, p. 295).
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On a beaucoup discuté sur les tisages du liquide céphalo-rachidien.
Certains auteurs ont prétendu qu'il n'était là que pour remplir le vide qui existe autour des centres nerveux; — d'autres (Magendu;) qu'il exerce une pression salutaire puisque les animaux que l'on prive du liquide céphalo-rachidien par ponction chancellent et finissent par tomber. Longet a réfuté cette opinion. Foltz (de Lyon) considérant que les centres nerveux baignent dans le liquide, a pensé que ces centres perdent une grande partie de leur poids selon la loi d'Archimède, d'où il considérait le liquide céphalo-rachidien comme jouant le rôle d'un ligament suspenseur du cerveau. J. Chuveilhier comparait le rôle de ce liquide vis-à-vis des centres nerveux à celui des eaux de l'amnios visà-vis du fœtus : ce serait un organe de protection.
Voici ce que nous apprend l'expérience relativement aux fonctions du liquide céphalorachidien.
Dans l'intérieur du crâne, le liquide céphalo-rachidien possède une tension supérieure à la tension atmosphérique, et cette tension il la doit à la pression artérielle, car elle tombe à zéro si l'on coupe les carotides (Duret). — Ce liquide est animé d'oscillations, en relation directe avec les mouvements d'expansion du cerveau, produits eu.x-mêmes par les ondées artérielles, et exagérés par l'expiration. Malgré la rigidité du crâne, les changements de volume de l'encéphale sont rendus possibles par suite du reflux du liquide céphalo-rachidien dans le rachis à chaque systole cardiaque et à chaque mouvement expiratoire, reflux accusé par le soulèvemenl du peloton adipeux des trous de conjugaison du rachis et démontré expérimentalement à l'aide d'appareils enregistreurs. Mais il est à remarquer que dans ce phénomène le principal rôle n'est pas rempli par le liquide céphalo-rachidien, dont les oscillations sont assez restreintes et ne dépassent guère la région cervicale, mais par 1p sang veineux contenu dans la cavité crânienne qui fuit devant l'ondée artérielle ainsi que l'indique un manomètre introduit dans la veine jugulaire. Cette fuite a lieu jusque dans les sinus rachidiens ainsi que le remarque Flou- RE.VS. Les mouvements du cerveau sont donc synchrones à la pulsation artérielle et aux mouvements respiratoires. Pendant l'inspiration, au contraire, il y a diminution du contenu de la cavité crânio-rachidienne par suite de l'aspiration par le thorax du sang vemeux mtra-crânien et intra-rachidien. C'est alors que le liquide céphalo-rachidien reflue du rachis dans e crâne pour y remplir le vide qu'y laisse le sang veineux qui se précipite vers le cœur, et que le v.de intra-rachidien lui-même est comblé par les pelotons adipeux Z^nniT' ■ ^T""".,"^^' conjugaison. Ces pelotons, en effet, se dépriment
ïme aVn'.?''' r'''''' rachidienne et la pression atmosphé-
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etla'fiifp''Hn'r'^T""l' .""""''^ P' '63. 1893) que l'échappement
qu est con?ln?ntT' r "-T'^'"" '''' ^""^ l'ébranlement ondltoirc
qui est communique a ce liquide par l'expansion artérielle et veineuse
En résume, le liquide céphalo-rachidien a pour usage de régulariser les nression. auxquelles sont soumis les centres nerveux par suite des aiflux et feflux h lemiUents^^^^^ sang sous l'action de la pompe cardiaque et sous l'influence des mouvements reTp ratles^ rélZt'" ''''''' Péri-encéphaliques vers les espaces pé^ mél lai es ei
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qu'il subit, — et je renverrai à la thèse de l'un de mes élèves, le D' LAUAMST-riî, pour plus de détails. (Voy. à ce sujet : Luys, Colin, Béclard, Sappey, Marc Sée. Bull. Acad. de Médecine, mars, avril et mai, 1884; — Labalette, Les veines de la têle et du cou, Lille, 1891).
Un malade de Tillaux (1) perdait plus de deux cents grammes de liquide céphalorachidien par jour sans autre inconvénient; un autre de Cl. Bernard (2) en perdait plusieurs litres par jour, ce qui prouve avec quelle rapidité se reproduit le liquide céphalorachidien.
DuRET {Eludes expér. el clin, sur les Iraimaiismes cérébraux, 1878), et Tilanus {Jets over commolio cerebri, Amsterdam, 1883) ont pensé que le choc du liquide sousarachnoïdien contre la substance de l'encéphale dans le cas de traumatisme céphalique, pouvait jouer un certain rôle dans la production des symptômes de la commotion cérébrale. Aussi est-ce généralement dans le 4= ventricule, c'est à-dire par là où fuit le liquide des ventricules cérébraux au moment de la compression des ventricules parle choc, que l'on trouve les plus grandes lésions du conire-coî/p. A l'appui de cette manière de voir, on pourrait rappeler que c'est aussi à ce niveau que l'on trouve des lésions d'attrilion dans les hémorrhagies cérébrales avec inondation ventriculaire (Gapitan), mais cependant, je me demande si dans les conditions normales, le liquide ventriculaire est assez abondant pour produire un jet qui viendrait contusionner le 4= ventricule au moment de la compression du traumatisme. Des expériences de Sodre {Thèse de Bordeaux, 1886) il résulterait aussi que quand le traumatisme survient au moment de l'inspiration (maximum de tension cérébrale) on assiste à une commotion cérébrale diffuse, tandis que lorsqu'il est appliqué au moment de l'expiration, il donnerait lieu à une contusion bulbaire.
L'augmentation du liquide céphalo-rachidien en proportions exagérées détermine l'hydrocéphalie, contre laquelle on a proposé récemment la paracenthèse du ventricule latéral du cerveau suivie de drainage (Broca, Quénu, Phocas, Picodé, Quincke, -W. Keen, Mayo RoBSON, etc.).