‹ La moelle épinière et l'encéphaleChapitre 36 sur 57 · Structure de l'œil pinéal de Hatteria · texte numérisé non relu

Structure de l'œil pinéal de Hatteria

A, Coupe de l’œil pinéal ; p, peau représentant une cornée; C. C, paroi du crâne; cr, cristallin; V, cavité de l’œil; 1. rétine; 2, choroïde; 3, tissu fibreux représentant une sclérotique et en continuité avec la dure-mère; n, pédoncule de l’œil pinéal.

B, Eléments de la rétine ; 1, couche des bâtonnets ; 2, couche des grains de bâtonnets ; 3, couche moléculaire ; 4, couche des éléments coniques et fusiformes ; o, 6, couche des fibres nerveuses.

Les pédoncules antérieurs ou supérieurs , freins, rênes, habenœ, de la glande pinéale (4, lig. 157) sont deux petits cordons blancs qui se portent en avant, en longeant l'angle supéro-interne des couches optiques, pour aller se perdre dans les piliers du trigone après avoir limité la lèvre postérieure du trou de Monro.

Les pédoncules postérieurs ou inférieurs descendent en bas et en dehors au devant de la commissure blanche postérieure et se perdent dans la partie la plus reculée de la face interne des couches optiques.

Les pédoncules transversaux ou moyens (voy. lig. 179) se portent transversalement en dehors, au-dessus de la commissure blanche postérieure, pour se terminer dans les couches optiques.

Jusque dans ces derniers temps, la nature de la glande pinéale, dans laquelle Descartes avait placé le siège de l’âme, était restée ire nmue. — On admettait naguère encore qu’elle

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était composée d’une écorce de substance grise et d’une partie centrale formée d'un mélange de tissu connectif, de vaisseaux, de follicules clos, de fibres nerveuses en continuité avec celles des pédoncules, et de concrétions calcaires.

Aujourd’hui, nous savons que chez tous les Vertébrés la glande pinéale est le résultat d’une évagination du plafond de la vésicule cérébrale intermédiaire (Voy. Développement du cerveau), et qu’elle est un œil avorté (troisième œil des Vertébrés).

En effet, on retrouve cet œil médian chez les larves d’ Ascidies et chez les Pyrosomes adultes; — chez les Sauriens, il acquiert la valeur d’un véritable œil analogue à celui des Mollusques céphalopores, c’est-à-dire que la paroi antérieure de la vésicule oculaire, remplie d’un liquide hyalin, se différencie en un cristallin et que le reste de son étendue sert à la perception de la lumière, comme le ferait une rétine, dont elle a, d’ailleurs, la constitulion élémentaire. — Chez Hatteria, An guis fragilis, Lacerta vivipara, etc., l'œil pariétal comprend une cornée (p, fig. 160), un cristallin (cr, fig. 160) et une rétine (1,2, fig. 160) avec quatre couches bien nettes. Véritable œil, cet organe est relié au cerveau par un pédicule comparable au nerf optique (n, fig. 160) et vient se loger sous la peau du crâne en passant à travers un trou pariétal (très développé chez certains Reptiles fossiles, tels que l’fchthyosaure, le Plésiosaure, le Nolhosaure, le Labyrynthodonte), chez les Sauriens. Chez les Amphibiens, cette communication se trouve déjà interrompue pendant la période embryonnaire, par suite de 1 oblitération du trou pariétal, et chez les Oiseaux et les Mammifères il demeure dans le crâne. — Mais si l'on considère que i on trouve un trou pariétal chez les Stégocéphales paléozoïques, ainsi que chez les vrais Sauriens fossiles; que, de plus, chez V Antracosaurus ramiceps il n’était pas recouvert par la peau, mais s’ouvrait librement à l’extérieur comme les orbites, on est conduit à penser qu’il existait jadis un œil pariétal bien développé chez les ancêtres des Amphibiens actuels.

Chez les Lacertiliens, et en particulier chez Hatteria, on peut décrire les couches suivantes à la rétine de l’œil pinéal : 1° une couche de bâtonnets (1, fig. 160, B) tapissant la cavité de l’œil (ils possèdent un noyau à leur base) ; 2° une couche cellulaire interne (2, lig. 160) ; 3” une couche moléculaire intermédiaire (3, lig. 160) ; 4° une couche cellulaire externe (4, fig. 160); 5" une couche île fibres nerveuses allant se continuer avec celles du nerf optique pinéal (5, fig. 160).

La glande pinéale est donc morphologiquement un œil atrophié, en pleine régression, constitué chez l’homme adulte par un corpuscule de nature épithéliale, éléments névrogliques, d’après Cionini (1886), envahi par des travées conjonctives très vasculaires cloisonnantes, à éléments dégénérés, rappelant les glandes vasculaires sanguines, et infiltré de concrétions calcaires dites acervules. On a noté l’absence de la glande pinéale chez les idiots ; je l’ai vue faire défaut chez un fou ; son hypertrophie a été constatée (Henrot) dans le rnyxœdème. (Voy. De Varigny, Rev. scient., 25 décembre 1886; — Ch. Julin, Bull, scient, du Nord, 2e série, p. 54, 1887; — A. Peytoureau, La glande pinéale et le troisième œil des Vertébrés (Thèse de Bordeaux, 1887); - Bernard, La Nature, 21 mai 1887 ; — P. Francotte, Rech. sur le dévelop. de l'épiphyse (Arcli. de Biologie belges, 1888, p. 757) ; — IL Straiil et E. Martin, Dévelop. de l'œil pariétal (Arcli. f. Anat., 1888); — Mathias Duval, Sur l' œil pariétal (Soc.de Biologie, 1880).

Parfois, la glande pinéale est creusée d'une petite cavité centrale, recessus pinealis de Mihalkowicz, correspondant au diverticule embryonnaire du cerveau intermédiaire qui donne naissance à cette glande. Cette cavité est remplie d'un liquide lactescent.

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