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DURE-MÈRE

La dure-mère, membrane d’enveloppe la plus externe du centre nerveux céphalo-rachidien, constitue un sac fibreux allongé dans le canal rachidien, renflé dans la cavité crânienne. Rien que cette membrane soit ininterrompue et que sa portion rachidienne se continue directement avec sa portion crânienne à travers le trou occipital, on lui décrit, pour la commodité de la démonstration, deux portions : l'une crânienne, l'autre rachidienne.

§ I. — Dure-mère crânienne.

La dw e-mère crânienne sert a la fois d enveloppe à l encéphale et de périoste interne aux os du crâne (endocrane). El le présente une face externe ou face extérieure et une face interne ou intérieure.

DES' MÉNINGES

1* La face externe lapisse auxquels elle adhère par des

Fig. 21. — Disposition générale du sac durai (schéma).

1, faux du cerveau ; 2, sinus longitudinal supérieur; 3, sinus longitudinal inférieur ; 4, sinus droit ; 5, pressoir d'Hérophile ouconfluent postérieurdessinus; G. faux du cervelet ; 7, sinus occipital postérieur; 8, anneau occipital.

exactement la table interne des os du crâne prolongements fibro vasculaires. Cette adhérence varie selon les points du crâne : à la voûte elle est très faible, très forte, au contraire à la base du crâne, et surtout au niveau des sutures et des parties .saillantes (crête du rocher, bord postérieur des petites ailes du sphénoïde, pourtour du trou occipital, apophyse crista-galli, etc.). Celle adhérence varie du reste avec l’âge ; très faible à la voûte chez radulle, elle l’est beaucoup plus chez le vieillard. Chez les jeunes enfants, la dure-mère se confond avec le péricrâne au niveau des fontanelles et des sutures encore ouvertes. 11 en est encore de même chez l’adulte, au niveau des troûs de la base du crâne, où elle se prolonge sur les nerfs qui sortent par ces trous (gaine durale), qu’elle abandonne ensuite pour aller se confondre avec le périoste externe. Au niveau du trou optique et de la fente sphénoïdale, elle passe dans la cavité orbitaire, où elle se dédouble en deux feuillets, l’un qui forme une gaine fibreuse au nerf optique et va se perdre sur la sclérotique au moment où ce nerf traverse le pôle postérieur du globe de l’œil ; l’autre qui se continue avec le périoste de l’orbite. Au niveau de la lame criblée de l’ethmoïde, elle fournit une gaine à chaque filet du nerf olfactif. Sur la face externe de la dure-mère, sèche, rugueuse et velue, on aperçoit la saillie deS vaisseaux méningés, qui, logés dans son épaisseur, s’impriment, pour ainsi dire, dans les os du crâne.

Chez l’enfant, la dure-mère crânienne fonctionne comme périoste interne et travaille à faire de l'os. Chez l’adulte, ces propriétés ostêogéniques n’existent plus.

2° La face interne de la dure-mère a un aspect nacré, lisse, poli et humide, dû au revêtement séreux du feuillet -pariétal de l’arachnoïde qui la tapisse dans toute son étendue sans jamais l’abandonner. Elle fournit des cloisons qui divisent la cavité crânienne en trois compartiments, communiquant entre eux et destinés à loger le cervelet et les deux hémisphères du cerveau. Ces prolongements sont: a, la faux du cerveau — b, la tente du cervelet; — c, la faux du cervelet; — d, le repli pituitaire; e, la tente olfactive.

a. La faux du cerveau (I, lig. 21 et 22) est une lame fibreuse falciforme, tendue verticalement sur la ligne médiane entre les deux hémisphèresdu cerveau.

Elle a la forme d un croissant, et présente une extrémité antérieure, une extré-

DES MÉNINGES

mité postérieure, un bord supérieur, un bord inférieur et deux faces latérales. L 'extrémité antérieure ou sommet est effilée en pointe ; elle s’al tache sur l’apophyse cristal-galli, à la crête frontale et au trou borgne dans lequel elle envoie un prolongement. L'extrémité postérieure ou base se fixe sur la ligne médiane de la face supérieure de la tente du cervelet, qu’elle maintient soulevée en dôme; elle est parcourue par le sinus droit. Le bord supérieur ou adhérent

est convexe; il s’insère sur la ligne médiane de la voûte du crâne, et renferme dans son épaisseur le sinus longitudinal supérieur. Le bord inférieur ou libre est mince et concave ( tranchant de la faux ); il est placé au-dessus du corps calleux et contient le sinus longitudinal inférieur. — Les faces latérales sont en rapport avec la face interne des hémisphères cérébraux.

Fig. 22. — Dure-mère crânienne.

1. faux du cerveau ; 1' bord libre de cette faux ; 2, tente du cervelet ; 2’ et 2", grande et petite circonférence de cette tente ; 3, trou ovale de Pacehioni; 4, veine de Galien ; 5, veines cérébrales se rendant dans le sinus longitudinal supérieur ; 6, coupe de la paroi du crâne du côté opposé ; 7, fosse pituitaire.

La faux du cerveau tend la tente du cervelet ; elle empêche la compression des hémisphères dans l'inclinaison latérale; elle suspend le cerveau par suite de l'adhérence de la pie-mère de la convexité du cerveau à la hase de la faux, à l'aide des veines cérébrales, des lacs sanguins et des granulations de Pacehioni qui pénètrent la dure-mère, les lacs, et font office de rivêls, et par suite aussi de l’adhérence de la pie-mère (surtout la lame callosomarginale) aux parois latérales et au bord inférieur de la faux. (Trolard). — La faux peut être perforée congénitalement ; — elle peut aussi faire défaut.

b. La tente du cerrelet (2, lig. 22) est une voûte membraneuse en forme de toit à deux pans latéraux, qui sépare le cerveau du cervelet. Klle présente deux faces et deux bords.

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La face supérieure , convexe, supporte les lobes occipitaux du cerveau ; elle donne insertion sur la ligne médiane (sommet du toit), à la base de la faux du cerveau.

La face inférieure, concave, est en rapport avec la convexité du cervelet. — Le bord extérieur ou grande circonférence s’insère en arrière sur les gouttières latérales de l’occipital, et en avant sur le bord supérieur du rocher et l’apophyse clinoïde postérieure par chacun de ses coins. — 11 contient en arrière une partie des sinus latéraux, et en avant les sinus pètreux supérieurs.

Le bord intérieur ou petite circonférence, est libre et en forme de croissant dont les angles vont s’attacher en avant aux apophyses clinoïdes antérieures. Ce bord concave forme, avec la gouttière basilaire, une large ouverture, le trou ovale de Pacchioni, qui est traversé par l’isthme de l’encépliale.

Fig. 23. — Rapports des méninges avec les nerfs crâniens.

I, nerf crânien ; 2, périoste de la base du crâne ; 3, dure-mère ; 4, os ; 5, cavité intra-arachnoîdienne ; 6, névrilemme ; 7, pie-mère ; 8, tissu sous-arachnoïdien ; 9, prolongement durai.

Les pointes des deux circonférences de la lenle du cervelet s’entrecroisent en X vers le sommet du rocher et sur les côtés de la selle turcique. Les angles de la petite circonféence passent au-dessus de la grande circonférence pour aller s’insérer aux apophyses clinoïdes antérieures: ils constituent la paroi externe des sinus caverneux. Les angles de la grande circonférence passent en pont au-dessus des nerfs trijumeaux pour aller se fixer aux apophyses clinoïdes postérieures. — La tente du cervelet sert à soutenir les lobes supérieurs du cerveau et les empêche de peser sur le cervelet. Elle est osseuse chez beaucoup d'animaux.

La faux du cervelet, petite faux du cerveau (G, 11g. 21), est une petite cloison vei ticale tendue entre les deux hémisphères du cervelet. Elle présente une base insérée sur la ligne médiane de la face inférieure de la tente du cervelet, en regard de la base de la faux du cerveau ; — un sommet, bifurqué, qui se perd en bas sur les côtés du trou occipital; — un bord postérieur, convexe, adhérent à

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la crête occipitale interne ; un bord antérieur, concave, logé entre les deux lobes du cervelet.

On trouve dans l’épaisseur du bord adhérent de la faux du cervelet les sinus occipitaux postérieurs, et à l’angle postérieur de la base le pressoir d’Hérophile. W inslow a vu une double faux du cervelet (dédoublement de la membrane).

Fig. 24. — Orifices de la dure-mère pour le passage des nerfs crâniens.

1, fosse cérébrale antérieure ; B, fosse cérébrale postérieure ou fosse cérébelleuse ; L, crête frontale. — Côté droit : t, coupe du bulbe rachidien ; 4, nerf optique ; 5, nerf moteur oculaire commun; 0, nerf pathétique; 7, nerf trijumeau ; 8, nerf moteur oculaire externe; 9, nerf facial ; 10, nerf auditif; 11, les 3 nerfs du trou déchiré postérieur ; 12, nerf grand hypoglosse.

— Côté gauche: 1, artère carotide interne; 2, trou optique; 3, tronc basilaire; 4, artère méningée moyennë ; S, carotide interne ; 6, sinus caverneux ; 7, sinus occipital transverse ; 8, sinus pétreux supérieur ; 9, sinus pétreux inférieur ; 10, sinus occipital latéral ; 11, sinus latéral ; 12, pressoir d'Hérophile ; 13; sinus longitudinal supérieur ; 14, sinus droit,

d. Le repli pituitaire, ou tente de l’hypophyse , est un feuillet fibreux tendu au-dessus de la selle turcique et qui emprisonne le corps pituitaire. Pour le former, la dure-mère se dédouble en deux lames : la lame profonde tapisse le fond de la selle turcique ; la lame superficielle est tendue horizontalement à la façon d’une peau de tambour, du bord postérieur au bord antérieur de la selle turcique, et se continue de chaque côté avec les parois des sinus caverneux : elle est percée d’un trou central pour le passage de la tige pituitaire et forme le diaphragme de l’hypophyse.

DES MÉNINGES

La circonférence du diaphragme renferme le sinus coronaire.

c. La tente olfactive est une lame fibreuse qui s’attache d’un côté à l’apophyse crista-galli, et de l’autre au rebord frontal qui limite en dehors la fosse olfactive ou ethmoïdale. Celle tente convertit ainsi la gouttière olfactive en un tunnel ostéo-fibreux qui renferme et protège le bulbe olfactif. A ce niveau les prolongements ethmoïdaux de la dure-mère forment une gaine aux lilets du nerf olfactif et vont se confondre avec la membrane pituitaire. —

Fig. 25. — Faux de la dure-mère, tente du cervelet et sinus veineux.

1,1. 1. grandes veines rachidiennes ou sinus vertébraux longitudinaux; *2, plexus veineux du commencement du canal rachidien ; 3, communication de ce plexus avec le golfe de la veine jugulaire par le trou condylien antérieur ; 4, veines qui établissent la communication du plexus pharyngien avec la veine faciale ; 5, plexus pharyngien ; 6, 6, sinus longitudinal supérieur ; 7, sinus droit ; 8, pressoir d’Hérophile, confluent des sinus ; 9, sinus latéral ; 10, sinus pétreux supérieur ; 11, sinus longitudinal inférieur; 12, veines de la pie-mère s’ouvrant dans le sinus longitudinal supérieur; 13, veine de Galien ; 14, sinus coronaire.

Surle rocher, au niveau de l'orifice de l’aqueduc du vestibule, Boettchek, puis Axel Key et Retzius ont mentionné l'existence d’une petite cavité enclavée dans la dure-mère et tapissée d’un endothélium communiquant avec le vestibule membraneux de l’oreille interne par un très fin canal. C’est le sac endolymphatique.

Structure. La dure-mère est une membrane fibreuse, résistante, formée de fibres entrecroisées de tissu conjonctif au milieu desquelles on trouve des réseaux de fibres élastiques. Sa structure est analogue à celle des aponévroses et sa face interne est

DES MÉNINGES

doublée d’une membrane fenêtrée (J. Renaut). Partout ailleurs qu'au niveau des sinus, elle ne forme qu’un seul feuillet ainsi que l’avaient dit Colombo et Fallope; mais au niveau des sinus elle se "dédouble en deux feuillets pour donner lieu à ces canaux. Au niveau des lacs sanguins et sur la tente du cervelet, ce dédoublement est non moins manifeste. On peut du reste exceptionnellement le rencontrer sur quelques autres points de la course de la membrane (Trolard, Journ. de l'Anat., 1889). Lun de ses feuillets, l’externe, a été considéré comme représentant le périoste interne des os du crâne.

Les artères île la dure-mère sont : 1° les méningées antérieures fournies par les ethmoïdales; — 2° les méningées moyennes , qui viennent de la maxillaire interne, et la petite méningée de Lauth qui entre dans le crâne par le trou ovale ; — 3° les méningées postérieures qui sont des branches de la pharyngienne inférieure, de la vertébrale et de l'occipitale. Ces artères ne sont pas exclusivement destinées à la duremère, mais vont se perdre dans les os du crâne.

Fig. 2G. — La dure-mère et ses vaisseaux vus de côté après l'ablation d’un côté du crâne.

Dans l’atrophie sénile du crâne il se peut faire que les sillons de l’artère méningée moyenne arrivent jusque sous le cuir chevelu. Une plaie du crâne peut ouvrir les branches de cette artère que l’on ne peut lier que par transfixion à cause de leur incrustation dans la dure-mère. La branche la plus importante, qu’il est bon d'éviter dans la craniectomie, de son origine monte vers le ptérion, et de là longe la suture coronale placée d’autant plusen arrière de la suture qu’elle atteint une situation plus élevée.

A côté de ces artères importantes, la dure-mère reçoit des artérioles de la mastoïdienne, de l’occipitale (par le trou pariétal), de la carotide interne dans le sinus caverneux, de la sylvienne à son origine, et de la cérébelleuse supérieure par la tente du cervelet. Toutes ces artères forment un riche réseau dans la couche externe ou périostique de la dure-mère, quelques-unes offrent des dilatations ampullaires (A. Key et Retziüs).

Les veines sont ou solitaires ou satellites des artères. L'artère méningée moyenne est accompagnée par deux veines méningées moyennes qui reçoivent des veines osseuses dans les sillons du pariétal, et s’ouvrent en haut dans le sinus longitudinal supérieur, en bas dans le plexus ptérygoïdien en paissant à travers le trou petit rond, parfois danslesinus caverneux. — Outre ces veines et les sinus de la dure-mère, gros canaux veineux qui circulent dans l’épaisseur de cette membrane, la dure-mère contient encore deux catégories de veines qui font communiquer les sinus entre eux : les petites veines anastomotiques qui ne sont autres que les veines propres de la dure-mère, et les grandes veines anastomotiques qui sont : 1° la grande veine anastomotique antérieure, grande veine cérébrale supérieure de Cbuveiluieù, veine de Trolabd, allant du sinus longitu-

DUS MÉNINGES

dinal supérieur au sinus pétreux supérieur ou au sinus caverneux, en suivant à peu près la direction du sillon post-rolandique; — 2° la grande veine anastomotique postérieure qui s’étend du sinus longitudinal supérieur au sinus latéral. Trolard n’a jamais pu voir la veine du trou borgne (veine émissaire du porus cranus nasalis de Sperino).

Les larges communications des veines intra-craniennes (sinus) avec les veines exocraniennes par l’intermédiaire des veines émissaires pariétales, mastoïdiennes, caverno-ptérygoïdiennes, etc., mais surtout par le canal des veines ophthalmiques, expliquent la propagation des phlébites extérieures (érysipèle de la face, anthrax, phlegmons, plaies de la face, de la nuque ou de la tête) aux sinus de la dure-mère où elles déterminent des thromboses : 11 en résulte un engorgement des veines exocrâniennes et de l’œdème de la région mastoïdienne, orbitaire, frontale, et des épistaxis.

s., sinus longitudinal supérieur ; e, e, sinus latéraux ; t, pressoir d’Hérophile.

Les lymphatiques signalés par Mascagni sont peu connus. Sappey les nie formellement, mais Poirier et son élève Jacob ont réussi une fois à injecter les vaisseaux représentés par Mascagni le long du trajet de l'artère méningée moyenne. Le réseau vasculaire propre de la dure-mère a été considéré à tort comme de nature lymphatique par R ecklinghausen, tandis que Axel Kev et Retzius le regardent comme purement veineux, et Boehm comme un réseau spécial mettant en communication le réseau sanguin de la dure-mère avec la cavité de l’arachnoïde (?)

Les nerfs de la dure-mère (Lusciika, Rüdinger, Krausk, Alexander), sont peu nombreux. On les a divisés en antérieurs, moyens et postérieurs. Les antérieurs, très grêies, viennent du filet ethmoïdal du rameau nasal de l'ophlalmique de Willis (Froment). — Les moyens viennent du ganglion de Casser et se distribuent à la portion temporo-pariétale de la dure-mère ; quelques blets proviennent du plexus sympathique qui entoure l’artère méningée moyenne. — Les postérieurs émanent de la branche

DES MÉNINGES

ophthalmique de Willis près de son origine et se portent en arrière en s’accolant au pathétique (nerf récurrent d’Arnold) pour se terminer dans la tente du cervelet et la faux du cerveau (J. Cruveilhier, Bonamy).

W. T. Alexander ( Arch . f. Mikros. À nat., XI, p. 231, 1875) a décrit les nerfs propres de la dure-mère. Il les distingue en nerfs vasculaires ou vaso-moteurs, et en nerfs à myéline qui suivent un trajet indépendant des vaisseaux. Krause a signalé dans l’épaisseur de la dure-mère des corpuscules de Va ter. On conçoit dès lors que la dure-mère soit douée d'une vive sensibilité dans les cas d’inflammation.

La dure-mère, malgré son peu de vascularité, peut cependant être le siège de lésions inflammatoires. La pachy méningite est d’ordinaire chronique; elle résulte d’un traumatisme ou d’une lésion osseuse (origine externe), où elle est consécutive à une maladie générale, telles que rhumatisme, fièvres infectieuses, alcoolisme, périencéphalite diffuse (origine interne). Elle peut aboutir à Y hématome de la dure-mère , qui dérive aussi dans d’autres cas de la rupture des artères de la membrane, consécutivement au traumatisme ou à des lésions vasculaires (athéromes ou anévrismes) des alcooliques et des vieillards.

La dure-mère peut être le siège de fibromes , de sarcomes, de cancers, de kystes hydatiques et même dermoïdes. Ces tumeurs peuvent détruire progressivement les os du crâne et le cuir chevelu et donner lieu à des tumeurs végétantes et ulcérées qui font saillie à l'extérieur. Ce sont les fongus de la dure-mère. La douleur, les hémorrhagies, les phénomènes paralytiques justifient l'ablation de ces tumeurs qui a été faite plus d’une fois avec succès (Langenbeck, Kuester, etc.).

La dure-mère crânienne donne naissance à des productions osseuses, ostéomes, qui peuvent se détacher dans certains cas pour former des corps libres subduraux. Plus fréquentes chez le vieillard, ces productions se rencontrent pourtant aussi dans un âge plus jeune. Elles paraissent plus fréquentes chez les paralytiques généraux.

Dans l’hémorrhagie méningée le sang peut fuser le long de la gaine que la duremère fournit au nerf optique, et donner lieu, dès lors, à des désordres visuels.

§ II. — Lacs sanguins.

Signalés d’abord par Bartholin (1847), Breschet et Faivre (1833), ils ont été étudiés à nouveau par Trolard (1868) sous le nom de cavités pacchionniennes , et par Axel Ivey et Retzius (1870).

Ce sont des ampoules sanguines creusées dans l’épaisseur de la dure-mère, traversées par des brides (9 fig. 29). Dans leur cavité font hernie des corps rougeâtres, les granulations de Pacchioni. Ils communiquent avec les canaux veineux du diploé, les veines méningées, les veines cérébrales, avec le sinus voisin. Ce sont des réservoirs dérivatifs.

§ III. — Dure-mère rachidienne.

La dure-mère rachidienne se continue en haut avec la dure-mère crânienne et se termine en bas en cul-de-sac au niveau de la 2e vertèbre du canal sacré, ainsi que le démontrait encore récemment Wagner (Arch. f. Anat. u Phys.

Debierre. — 3.

DES MÉNINGES

1890). Elle constitue un long étui, sac durai , qui enveloppe et protège la moelle épinière (lig. 21, 31, 36), mais qui est trop grand pour la contenir et trop étroit pour remplir le canal rachidien (1). Comme la moelle, elle s’élargit au niveau du cou et des lombes.

Fig. 28. — Les communications des veines intra-crâniennes et des veines exo-crâniennes.

J I, veine jugulaire interne; J E, veine jugulaire externe; J A, veine jugulaire antérieure; T, tronc thyro-linguo-facial ; L, linguale ; F, faciale commune a, angulaire; p. préparate ; o, ophtalmique; t, plexus ptérygoïdien ; t' temporale superficielle; m a. maxillaire interne ; m' méningée moyenne ; C, sinus caverneux ; S, sylvienne ; L S, sinus longitudinal supérieur; p’, émissaire pariétale ; L I, sinus longitudinal inférieur; D, sinus droit ; G, veine de Galien ; p, sinus latéral ; m, mastoïdienne ; c. trou déohiré postérieur (golfe de la jugulaire) ; V, vertébrale ; J P, jugulaire postérieure.

Elle présente : une surface extérieure, une surface intérieure , et deux extrémités.

(t) Si la dure-mère a une capacité supérieure au volume de la moelle, c’est pour contenir le liquide céphalo-rachidien (Cotugno, Magendie).

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a. La surface extérieure n’est point adhérente aux parois du canal rachidien; elle en est séparée par une graisse molle et rougeâtre et par les plexus veineux intra-rachidiens. En avant et sur la ligne médiane, elle adhère cependant au grand surtout ligamenteux postérieur par des filaments, nombreux surtout dans les régions cervicale et lombaire, plus rares dans la région dorsale. Sur les côtés, elle fournit des gaines fibreuses aux nerfs rachidiens (gaines durales) qui s engagent dans les trous de conjugaisons (3 et 4, lig. 30).

b. La surface intérieure est lisse, en raison de ce fait qu’elle est tapissée par le feuillet pariétal de l’arachnoïde. Des filaments cellulo-fibreux l’unissent en avant et en arrière à la pie-mère. Sur les côtés, elle donne insertion aux pointes du ligament dentelé qui l’unit également à la pie-mère, et présente la série des doubles orifices qui livrent passage aux racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens (2’, fi, lig. 35). Entre la dure-mère et 1 arachnoïde, qui lui est étroitement unie, existe un espace lymphatique, l’espace sub-dural (7, lig. 36).

Fig. 29. — Lacs sanguins de la dure-mère.

1, coupe de la paroi du crâne ; 2, dure-mère ; 3, écorce du cerveau ; 4, faux du cerveau ; 5, suture du crâne ; 6, coupe du sinus longitudinal supérieur ; 7, veine émissaire ; 8, veine diploïque ; 9, lac sanguin intra-dural ; 10, veine cérébrale ; 11, veine méningienne ; 12, veine cérébrale.

c. L 'extrémité supérieure, très adhérente au pourtour du trou occipital, se continue avec la dure-mère crânienne. — A ce niveau, elle est traversée à droite et à gauche par les artères vertébrales.

d. L 'extrémité inférieure se prolonge sur les nerfs qui forment la queue de cheval, qu’elle entoure comme dans un sac conoïde dont le sommet, dit-on, se termine à la base du coccyx. Mais, avec Trolard et Wagner, je dirai que l’extrémité inférieure du cul-de-sac durai s’arrête, chez l’adulte, au niveau de la deuxième vertèbre sacrée.

La structure de la dure-mère rachidienne est analogue à celle de la dure-mère crânienne. Elle est constituée comme elle par un feutrage de fibres lamineuses entremêlées de nombreuses fibres élastiques.

Ses vaisseaux sont grêles et peu nombreux. Ses artères viennent des branches spinales des vertébrales, des intercostales, des lombaires et des sacrées latérales. Ses

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veines suivent les al tères et aboutissent aux veines extra-rachidiennes. Elle est dépourvue de vaisseaux lymphatiques (Sappey), et peut-être aussi de nerfs (Purkinje, Sappey,

Koelliker). Rüdinger cependant prétend en avoir observés.

La dure-mère rachidienne a pour usage de protéger la moelle en l’immobilisant au centre du canal vertébral.

Elle peut, comme la dure-mère crânienne, être frappée de lésions inflammatoires aiguës ou chroniques, spontanées ou consécutives à des inflammations rachidiennes ou extra-rachidiennes. Le tissu cellulaire péri-dural peut aussi s’enflammer (péri-pachy méningite spinale). A la suite d’un arrêt de développement des lames vertébrales ( spina bifida) il peut se faire une hydroméningocèle dont la pa>roi est formée par la dure-mère, et souvent aussi l'arachnoïde, et dont la cavité communiquant avec la cavité subdurale ou la cavité sous-arachnoïdienne, contient la moelle qui peut être dilatée et dissociée.

Dans le mal vertébral de Pott, il n’est pas rare de voir l’inflammation se propager à la dure-mère (quand le pus vient en contact avec elle) et donner lieu à de la pachy méningite qui, à son tour, peut se propager à la moelle et déterminer une myélite transverse (Charcot et Joffroy, Rendu, etc.) avec toutes ses conséquences. Propagés jusque dans le canal vertébral les cancers des vertèbres, l’anévrysme de l’aorte, peuvent donner lieu à des douleurs névralgiques très vives (sciatiques, etc.) ou à de la paraplégie douloureuse (Charcot, Cazalis, etc.), par suite de la compression des racines des nerfs correspondants, ou de pachyméningite qui aboutit au même résultat. Dans la dure-mère rachidienne, on a rencontré des dépôts calcaires (alcooliques, vieillards, arthritiques), des gommes, des tumeurs d’autre nature.

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