LE FRANCISCAIN
Description,
ANS barbe; la tête rasée; la corolle velue, non interrompue; les pieds à demi-chaussés; le derrière couvert en
partie; la robe de drap, brune; le capuchon mobile, presque en forme de cœur, court; le froc pectoral presque arrondi; le dorsal trian-
MONACOLOGIE.
gulaire descendant plus bas que la région d'ui
cordon blanc à trois nœuds et ceignant deux
MONACOLOaiR. 21
fois l'abdomen; les manches de la longueur des bras, assez amples pour pouvoir y cacher les mains ; le scapulaire manque ; le manteau brun , tronqué, descendant un peu au-dessous du derrière, attaché par un morceau d'os sur la partie antérieure du thorax; les téguments internes de drap, pour chatouiller la peau; le tablier de
drap, autour des fesses, attaché à la veste et descendant jusqu'aux genoux.
Économie animale.
L'air rustique; la démarche compassée; la robe toute couverte de petits sacs en forme d'entonnoir, oil il cache ses comestibles; les
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goussets sous les aisselles ou les axillaires servent à faire fermenter le tabac ; ceux du thorax ou les thoraciques renferment la tabatière; ceux des manches ou les branchiaux reçoivent le mouchoir : il exhale une odeur forte de bouc; on le voit quelquefois ruminer quand il est en repos; il méprise l'or et l'argent, et songe seulement à attraper du pain, de la viande ou du poisson, dont il fait sa nourriture ordinaire; il mendie, et, ôtant son capuchon, il offre en reconnaissance du tabac à ceux qui lui font la charité; il a un art singulier pour métamorphoser presque en un clin d'œil des amulettes, des chapelets, des rosaires, des reliques, des Agnus castus, des images et un grand nombre de talismans, en vin et en choses comestibles; il se bat avec les individus de son espèce, et se défait quelquefois de son ennemi en cachette.
Il chante souvent dans le jour, et depuis le milieu de la nuit jusques au point du jour ; il fait entendre une voix criarde et très-élevée.
Les novices subissent une épreuve d'un an.
La femelle est en tout semblable au mâle; elle se couvre seulement la tête d'un morceau de toile noire.
On les trouve dans les bourgs et les villes. Le
nombre des variétés de cette espèce est presque infini; elles diffèrent seulement entre elles par leur économie, leur genre de vie, et un port particulier, et ne méritent pas de constituer des espèces distinctes. L'espèce hybride, qui s'échappe de temps à autre d'Irlande, cultive aussi quelques-unes des facultés intellectuelles. Il est le vrai et le co-éternel fils de François, qui, par une inspiration divine, prédit que la fin du genre humain arriverait avant celle de son espèce : peut-être pour que l'économie de la nature ne soit point dérangée, car on sait que chaque espèce d'animal forme un chaînon de la grande chaîne qui unit tous les êtres, et qui serait rompue si une punaise ou un pou seulement étaient détruits. On trouve , dans les annales de cette espèce, que leur créateur François eût pour premier compagnon de ses travaux un cochon; il était fort en peine de trouver un moyen de faire approuver sa manière de vivre à Innocent III, lorsqu'il vit un cochon qui se vautrait dans une mare ; incité par un si bel exemple, il en fit de même, et se présenta tout couvert de boue au Saint-Père, qui, touché de cet acte pieux, bénit, au commencement du xiii^» siècle , les lois de François.