LE TRINITAIRE
Description.
ïlANs barbe; la tête rasée; une toufié de SI cheveux hémisphérique; les pieds & y demî-chaussés ; le derrière b demi-
couvert; la robe de laine, blanche, fixée par une ceinture noire, ud peu relevée sur les bords
HONACOLOGIE.
du scapulaire ; le capuchon lâche, blanc, joint aux frocs pectoral et dorsal ; le premier court , arrondi; le dernier plus long), pointu; le sca-
pulaire étroit , plus court que la robe, marqué d'une croix; les manches de la longueur des bras, repliées; le manteau noir, ample, orné d'un capuchon de la même couleur, absorbant en entier le capuchon blanc de la robe; une croix rouge et bleue sm- le scapulaire et sur le côté gauche du manteau; les téguments internes de laine.
MONACOLOGIE. 3 5
Économie animale.
L'air grave, afTairé; la physionomie exotique; il fait entendre au milieu de la nuit des sons dissonnants et désagréables ; il est ichthyophage dans son habitation, et s'accommode de tout dès qu'il en est sorti ; il préfère pourtant la tripaille des animaux à toute autre nourriture ; il est avide de chair humaine , sans qu'on puisse cependant dire qu'il soit anthropophage ; on le voit dans tous les marchés où on vend des hommes; il dépouille les européens, va porter ensuite sa proie aux pirates africains , pour avoir d'eux des esclaves; il laisse croître la barbe quand il va en foire.
Cette espèce est très-variée en Espagne et en Portugal : l'on y voit des individus bien chaussés et mieux culottés rafler pieusement des piastres et des gourdes anciennes et nouvelles : les naturalistes de ces pays-là ont découvert l'antipathie mortelle de cette espèce pour le fameux et vaillant marin dom Barcelo, qui fait faire la rédemption des captifs sans scapulaire, sans la croix rouge et sans le bois de cerf.
) 6 MONACOLOGIE.
Ce Moine, semblable aux gens qui sont toujours en voyage, ou aux marchands forains, n'a point de femelle, excepté peut-être dans les provinces les plus chaudes de l'Espagne; il s'accommode assez volontiers des femelles des autres espèces : les personnes qui entreront avec leurs femmes dans les habitations de cette espèce doivent prendre garde au cerf à grand bois qui est toujours avec Jean de Matha, et le bienheureux de Valois, les Pères de ces Moines, qui, par l'instigation de ce cerf, séparèrent leurs disciples des autres moines, et les réduisirent en une espèce particulière dans le XII* siècle.
Quand il a terminé ses émigrations, il passe son quartier d'hiver dans les villes.
Le Père de la Merci est une variété de cette espèce.