LE MINIME
Description.
ANS barbe; la tête garnie de poils, 1 avec une tache ronde dans le milieu ; ' les pieds chaussés; le derrière cou-
vert d'une culotte; la robe de laine, ample, noire; le capuchon triangulaire, mobile, ponc-
HONACOLOGIE. { ]
tué, presque écailleux, ralde, formé de deux draps cousus ensemble, de manière que lorsqu'il penche la tète, il a l'air d'un animal cataphracte; le collier noir, bordé de blanc; les manches larges, repliées sur le poignet, formant
aux coudes un sac qui descend jusqu'aux genoux: le scapulaire large, arrondi par le bout, descendant antérieurement jusqu'aux genoux, postérieurement plus bas , formant une queue lai^ ; il est divisé dans toute sa longueur par une suture longitudinale qui le traverse dans le milieu, et par deux autres sutures transversales, triangulaires, dont l'antérieure a son angle dirigé vers la poitrine, et la postérieure son
MONACOLOGIE.
ai^e dirigé vers les fesses ; le cordon de laine, cylindrique, augmenté d'un autre orné de deux
régions de nœuds; cinq à chaque, tombant sur l'extrémité inférieure droite. Les téguments internes, dont il ne se dépouille iamais, pas même la nuit, ont une odeur d'huile très-forte.
MONACOLOGIE.
Économie animale.
L'air lucide; la démarche imbécile, incertaine; il exhale une odeur d'huile rance qui excite des nausées ; il n'y a pas de vents plus fétides que ceux qu'il lâche; il n'a ni poux ni puces, et en général il n'a sur lui aucun insecte, qui fuient tous , comme on sait , l'huile.
Il fait entendre, au milieu de la nuit, une
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voix criarde; il passe sa journée à ne rien faire.
Il rejette la viande, les laitages et les œufs; dévore les poissons et les végétaux, qu'il a grand soin de bien arroser d'huile; il apprête de la même manière les macreuses, les sarcelles, les poules d'eau qu'il a métamorphosées, contre les lois de la nature, en poissons; il étend sa détes-* table cuisine jusques sur les grenouilles, les tortues, les serpents, etc. ; il est tourmenté continuellement par la soif et l'aiguillon de la chair.
Il est probablement androgyne comme les colimaçons; du moins les naturalistes n'ont pas encore découvert un seul individu femelle parmi des milliers qu'ils ont eu occasion d'examiner.
Le scapulaire plus long antérieurement, plus court postérieurement, donne le caractère essentiel des frères lais.
On le trouve dans les bourgs et dans les villes, surtout dans les pays poissonneux.
Cette espèce a pris naissance dans la Calabre, le pays de l'huile ; elle eut pour père François de Paule, et fut mise au jour par Alexandre VI, pape au xv* siècle : ce François, quand il fut
assez macère dans l'huile, flottait sur l'eau sans s'enfoncer, comme un morceau de liège; on raconte cette histoire comme un miracle, comme si on ignorait que l'huile est plus légère que l'eau.