BANQUES DE CIRCULATION
A quoi boD, dira-t-on peut-être, parler des banques de circulation ? Elles n'ont jamais été nombreuses en France, et presque toujours elles y ont été soumises à l'autorisation préalable et au contrôle administratif. Aujourd'hui elles ont toutes été absorbées par la Banque de France, et les conditions qui se rattachent à ces établissements n'ont plus qu'un médiocre intérêt pratique. — Il est vrai; mais peut-être les idées qui ont jusqu'à présent dirigé nos législateurs, lorsqu'ils se sont occupés de banques de circulation, viendront-elles à changer : peut-être la facilité de fonder des établissements de ce genre ouvrira-t-elle quelque jour aux hommes qui s occupent des opérations de banque des carrières nouvelles. Si un tel événement devait avoir lieu, les considérations que nous allons exposer acquerraient aussitôt un grand intérêt pratique. D'ailleurs, ne fût-ce qu'à titre d'instruction théorique, il serait utile de connaître les lois économiques sur lesquelles sont fondées des institutions que Ton peut considérer ajuste titre comme le chef-d'œuvre de l'art du banquier et l'un des instruments les plus énergiques de la civilisation.
§1. — En quoi les banques de circulation diffèrent des autres
banques.
Les banques de circulation joignent iiux opérations oi'dinaires des banques du coninierre rémission de billets payables H vue et au porteur. Far cette émission, elles empruntent la somme exprimée par leurs billets à ceux qui les acceptent, et qui s en servent comme d'un équivalent de la monnaie métallique.
L'émission des billets à vue et au porteur constitue^ au profit des banques, un dépôt exigible sur demande; mais comme le billet de banque remplit les fonctions de la monfiaie, la
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continuation OU le retrait de ce dépôt sont détenninés par des causes différentes de celles qui déterminent la continuation ou le retrait des dépôts ordinaires.
Le dépôt ordinaire exigible sur demande est continué tant que le capitaliste a confiance en son banquier et n a pas besoin de son capital; ce dépôt est retiré dès que le capitaliste cesse d'avoir confiance en son banquier^ ou dès qu'il trouve un emploi plus utile de son capital ;*en termes plus généraux, des qu'il en a besoin. Le porteur du billet de banque, au contraire, n'a jamais besoin du capital exprimé par le billet pour un placement commercial ordinaire, puisqu'il peut acheter et payer par la remise du billet dont il est porteur, sans l'échanger contre espèces.
Dans trois circonstances seulement, le porteur du billet peut avoir besoin de monnaie métallique et demander le change :
1° Pour obtenir de la monnaie de moindre coupure, comme on change une pièce de 20 fr., lorsque l'on veut payer une somme inférieure à 20 fr. ;
2* Pour aller faire des affaires dans une contrée où le billet de banque n'est pas reçu comme monnaie : pour acheter des grains, par exemple, en Russie, dans le Maroc, ou même en France, aux cultivateurs ; i
3^ Pour disposer de la matière de la monnaie métallique et la transformer en bijoux, lingots, etc., ou pour l'exporter suivant les demandes du commerce.
Hors de ces trois cas, dont les deux derniers, on le voit, sont exceptionnels, le porteur du billet de banque n a jamais besoin d'échanger ce billet contre espèces; il ne pourrait y être amené que par un défaut de confiance dans la solvabilité de la banque. Sous ce rapport, et sous ce rapport seulement, l'emprunt obtenu par rémission du billet-monnaie ressemble à celui qui résulte du dépôt ordinaire exigible sur demande. Encore, pour motiver le change d'un billet, faut-il que le défaut de confiance existe non-seulement chez le porteur, mais aussi parmi ceux qui Tenvironnent. Tant que le jbillet circule, tant qu'il est reçu comme monnaie, le porteur, même défiant, n'a aucun intérêt à venir au change, à moins qu'il ne veuille thésauriser, conserver en caisse de l'or et de lardent, sans eu
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