‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 14 sur 343 · DU CONTRAT DE CRÉDIT · texte numérisé non relu

DU CONTRAT DE CRÉDIT

Le concours du capital et du travail est indispensable à la production : sans travail, le capital reste inerte ; sans capital, le travail est impuissant et stérile. C'est une vérité démontrée * sur laquelle il est inutile d'insister. Cependant, lorsque nous considérons l'ensemble de la société, nos yeux rencontrent de toutes parts des capitaux que leur propriétaire ne veut, ne sait ou ne peut utiliser, et, d'un autre côté, des hommes dont le travail n attend, pour devenir fécond, que le concours d'un capital.

Si nous supposons que, dans cette société, les hommes et les capitaux sont libres ( et ils tendent toujours à la liberté), un arrangement, un contrat intervient bientôt : le propriétaire prête son capital, à qui veut et peut travailler. D'abord, le prêt a pour objet un champ, du bétail, une chaumière ou un outil d'agriculture. L'emprunteur promet de prélever, sur le produit de son travail, une valeur qu'il donnera pour prix du concours que lui fournit le propriétaire.

Celui-ci obtient par cet arrangement l'avantage de retirer un revenu d'un capital qui, entre ses mains, serait resté plus ou moins stérile : au moyen de ce revenu, il peut disposer de son temps et de ses facultés, soit pour travailler sur un

* Voir les divers traités généraux d'économie politique, et, pour Texposition historique des effets sociaux de la richesse mobilière, le consciencieux et savant Traité d'économie sociale de M. Ott.

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