‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 167 sur 343 · LIVRE IV, CHAPITRE ï · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE ï

On a dit, il est vrai, que les banques d'Ecosse avaient fait maintes expropriations, soit par voie judiciaire, soit, plus sommairement encore, en usant des procurations de vendre à défaut de payement qui leur avaient été consenties par leurs débiteurs. Faut-il leur en faire un reproche ? Ont-elles eu tort d appliquer à la rigueur les usages du commerce à la propriété foncière ? N'est-ce pas ainsi qu'elles ont imprimé aux populations rurales un vif sentiment de responsabilité personnelle et les habitudes vigilantes du commerce ? N'ont-elles pas été utiles, par ces procédés rigides, au progrès de l'agriculture et à la prospérité du pays ?

En 1849, les banques écossaises de circulation étaient au nombre de dix-huit; elles possédaient ensemble un capital de 11,681,997 /. et avaient en dépôt, à diverses conditions, une somme de 27,000,000 /. environ ^ Vingt ans plus tard, les réunions ou liquidations avaient réduit leur nombre à douze, leur capital avait été réduit en même temps que leur nombre ; mais la somme de leurs dépôts avait pris un accroissement énorme, que nous croyons sans exemple, et qui n'a été provoqué par aucune cause artificielle. D'après M. Wolowski, h qui nous empruntons nos chiffres, les dépôts dépassaient 60 millions sterling au mois d'avril 1867. Voici le tableau de la circulation moyenne et de rencaisse des banques d'Ecosse, au nombre de douze, pendant janvier 1867.

NOMS DtS DV.XQCES.

DATE

do la foodâUoo.

CAPITAL

CirculaUoD ■«(oris6«.

DILLETS.

DÉPÔTS

en

août 1866.

P.8P KCES.

Banque d'Ecosse

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•;.!Î7,(K)4 i07,Ki4 367,804 83,036 OS, 673

458,760 230,070 347,820 302,815 2'J0,îrJ2

— royale

liriiBb Hneu coropany

Banque da commerce

- natioiisle.. ••..•.

- del'Union

- d'Aberdeen(nlleet

comté)...

- diiDord de l'Ecosse.

- deClydesdale

- deGlafif3w

- faloilnnicnno

~ rcnlralo

' Lawjjon, liistonj of bankinQ,

ËQ 1873, la Banque centrale ayant cessé d'exister^ le nombre des banques d'Ecosse était réduit à onze avec huit cent-une succursales. Elles avaient un capital de 9,397,000 i, et une réserve de 2,757,000 i. le portait à 12,154,000 l. La somme des billets en circulation s'élevait à 6,038,000 1. seulement, tandis que les dépôts montaient à 66,828,000/./ L'encaisse était un peu supérieur à la somme des billets, et s'élevait à 6,241,000 / '. En 1874, le capital des banques d'Ecosse, augmenté par les réserves, montait à 14 millions sterling, et les dépôts à 77 millions ^.

On remarquera sans doute la modicité du chiffre de la circulation des banques d'Ecosse, comparé à celui de leur capital et surtout à celui des dépôts. Si l'on s'imaginait qu'il soM aux banques libres d'émettre des billets pour s'ouvrir sur le public un crédit illimité, on devrait s'étonner que les banques écossaises, qui ont si longtemps joui de la liberté absolue, n'aient pas tenu en émission une plus grande quantité de billets. Cependant elles font tout ce qu'elles peuvent pour répandre les leurs^ : ainsi, par exemple, les billets émis par la banque mère et par les succursales ne sont remboursables qu'à l'établissement central ; il n'y a, par conséquent, que 11 bureaux de change contre 801 bureaux d'émission. En outre; les escomptes ont atteint la limite du pcfssible, et la médiocrité même de l'encaisse des banques prouve bien qu'elles se sont arrêtées seulement à la dernière extrémité, qu'elles ont chassé et remplacé autant qu'elles ont pu la monnaie métallique.

Mais il n'y a point de crédit plus étroitement limité par la nature même des choses que celui qui résulte des émissions de billets. A mesure que ceux des banques d'Ecosse pénétraient dans les campagnes à la suite de leurs comptoirs, les cultivateurs auxquels ces banques ouvraient des crédits ne gardaient plus de monnaie chez eux, et prenaient l'habitude de faire sous forme de compte courant leurs recettes et leurs payements. Qu'avaient-ils besoin dès lors de monnaie, métallique ou autre? Ils ne s'en servaient plus que dans les pe*

< tngliB t^algrave, Journal of the stxtUtieal Sociel:j, de mars 1873. «eu. Moran, Money, Currendei, hanking, p. 15.

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