‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 84 sur 343 · LIVRE II, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XVI

liquidation à l'autre, c'est-à-dire à li p. % sur les actions industrielles.

Le déport est Topération inverse du report. Il arrive souvent que, pour ne pas subir les conséquences d une hausse, et surtout pour ne pas Faugmenter par une nouvelle demande sur le marché, le vendeur de titres qui, en liquidation, ne se trouve pas en mesure de livrer, aime mieux emprunter un titre que de Tacheter. Cet emprunt prend, comme le report, la forme d'une vente. Celui qui emprunte un titre Tacheté au comptant à un prix et le revend en liquidation à son prêteur à un prix inférieur au premier de tout le montant du déport, toujours sous la responsabilité de Tagent de change. Pierre, vendeur de 4,500 fr. de 4 1/2 p. Vo à 103, n'a pas Tinscription qu'il lui faudra livrer en liquidation. Il Temprunte au moyen d'un déport, enTachetantau comptant à 103 fr. 50c. et en la revendant à fin courant à 103 fr. Le prêteur du titre aura bénéficié de la différence de 50 centimes, sans que les intérêts de son inscription aient cessé de courir k son profit.

Dans le report, le prêteur est nanti d'un titre : dans le déport, il est nanti d'une somme d'argent ; il ne court de chances que sur la différence, et sous la responsabilité de l'agent de change.

Le report et le déport ne sauraient, comme on peut le remarquer, exister en même temps. Le report a lieu quand il y a momentanément sur le marché plus de titres offerts que de titres demandés, le déport, quand il y a plus de titres demandés que de titres offerts. On dit que celui qui emprunte des espèces se fait reporter, et que celui qui prête reporte ou prend en report.

§ 7. Avantages des grands capitaux ,

Les arrangements et usages en vigueur à la bourse facilitent singulièrement à tout le monde Tentrée dans les opérations de jeu. Quoi de plus simple, en effet? Vous avez cent, deux cent mille francs, ou plus, ou seulement 40,000, seulement 10,000: vous les portez chez un agent de change à titre de couverture, et il devient dès cet instant votre banquier, votre comptable,

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votre commissionnaire. Vous pouvez donner vos ordres : tant qu'ils ne font pas naître des risques éventuels supérieurs à la somme que vous avez déposée, ces ordres sont exécutés ponctuellement. Vous vendez, vous achetez des titres pour une valeur décuple du capital déposé, chaque jour, s'il vous plaît, sans autre peine que de vouloir et d'ordonner. Vous n'avez nul besoin de chercher acheteur ou vendeur, de vous préoccuper des recettes, des payements, des livraisons de titres : c'est l'aiFaire de l'agent qui vous répond de tout ; vous pouvez vous livrer tout à loisir aux calculs, aux espérances, aux émotions, doubler votre capital, le tripler, le vingtupler, comme aussi et très-souvent le perdre. En tout cas, et quel que soit pour vous le résultat final des opérations, chacune d'elles a produit à l'agent un courtage qui s'est déduit de vos gains ou ajouté à vos pertes, et auquel il a bien droit pour s'être mis à votre service, pour avoir administré vos fonds et vos titres avec une telle exactitude et une telle rapidité qu'ils ont été à chaque instant plus à la disposition de votre volonté que s'ils étaient restés matériellement entre vos mains.

Mais si les conditions d'entrée à la bourse sont faciles et accessibles à tous, elles sont loin de présenter à tout le monde les mêmes chances de succès. Le marché des fonds publics est fréquenté par trois classes d'hommes : ceux qui, disposant de capitaux considérables, se sont fait une profession de spéculer sur les fonds et effets publics ; ceux qui, avec des capitaux médiocres, se sont fait aussi une profession de la spéculation ; et ceux qui, ayant dans la société une autre profession et des capitaux d'importance moyenne plus ou moins disponibles, viennent chercher dans la spéculation un moyen nouveau pour eux d'augmenter leur fortune en peu de temps. Les premiers font habituellement les cours, les seconds les prévoient ou essayent de les prévoir, les troisièmes opèrent au hasard.

Les trois classes se distinguent dans la pratique à ce signe certain, que les derniers vont chez l'agent de change donner leurs ordres, tandis que l'agent de change va prendre à domicile les ordres des premiers. Entre les deux classes se trouvent ceux chez lesquels vont les commis de l'agent de change.

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