LIVRE III, CHAPITRE II
ner un emploi suffisant à leurs capitaux, et qui veulent les trouver à l'occasion sans les laisser inactifs, s'en servent à Tescompte des bons du Trésor, des bons de monnaie, des bons de Mont-de-Piété, au payement par anticipation des arrérages de rentes. Ces opérations s effectuent sur des titres connus, qui ne donnent ni les embarras d'un examen, ni craintes, ni doutes, qui sont négociables facilement, en tout temps, de manière à procurer, au besoin, des rentrées promptes et assurées.
Depuis 1855, on combine habituellement, à Paris, le change des monnaies avec l'exécution des ordres de bourse. Ces ordres procurent des capitaux exigibles d'un jour à l'autre, qui sont toutefois employés lucrativement et sûrement au change des monnaies.
En dehors de ses avances et dans le cercle ordinaire de ses affaires, le changeur n'achète ni ne vend du crédit; toutes ses opérations sont au comptant. S'il accepte des dépôts, c'est dans les mêmes conditions que tout autre marchand. S'il trouve et prend à crédit une partie ou la totalité des monnaies qui lui sont nécessaires en magasin, il se met dans le cas du marchand dont le capital serait insuffisant et qui y suppléerait, soit par une commandite directe, soit par l'emploi d'un crédit équivalent. Cette situation est en dehors des conditions spéciales du commerce du changeur.
Toutefois le changeur aurait sur le négociant ordinaire cet avantage, qu'une marchandise réalisable à tout instant et à un prix peu variable lui permettrait de remplir ses engagements sans courir de grandes chances de perte. C'est pourquoi sans doute le changeur accepte facilement les dépôts.