III
(2) Herodot. III, 89.
(3) La Cilicie, outre son tribut d'argent, fournissait par an 360 chevaux aux écuries du roi de Perse.
(4) Waddington, Mél. de num, 1. 1, p. 79.
son pays avait fournie, Eien donc de plus naturel que de trouver parmi les monnaies militaires de Tarse quelquesunes qui ont été frappées pour le payer, lui et ses soldats. La même légende HTD, dont nous venons de constater la signification, se lit, tracée avec des caractères d'une paléographie différente, sur une des grosses pièces d'argent du monnayage provincial du Grand Roi en Syrie et Phénicie (1), dont les ateliers paraissent avoir été à Damas et à Sidon (2) (voy. livre VI, chap. iv, § 2). Une partie au moins de cet autre monnayage provincial des Achéménides a été frappée avec une destination militaire, évidemment pour le paiement de la flotte phénicienne^ qui constituait le nerf des forces maritimes du monarque perse ; et le type de la galère, qui y décore constamment le revers des pièces (3), doit avoir rapport à la flotte royale. La solde des troupes de terre dans l'empire des Achéménides, et particulièrement celle des mercenaires grecs, se payait en dariques d'or (4) ; il semblerait que la flotte phénicienne était payée en argent (5), de même que la cavalerie cilicienne, et qu'il y avait deux fabrications spéciales de monnaies pour y subvenir, chacune fournissant des monnaies des systèmes différents auxquels Phéniciens et Ciliciens étaient habitués par d'anciens usages nationaux. Nous avons déjà
(1) Gesenius, Mon.phœn. pi. XXXVI, G ; Rev. num. 1853, pi. III,
(2) Brandis, p. 232 et s.
(3) Ce sont les monnaies décrites par Brandis (p. 424-426) sous la rubrique de la IX° satrapie, 2^ classe.
(4) Xenoph. Anabas. I, 3, 21 ; V, 6, 23 ; VII, 6, 1 ; voy. Brandis, p. 249 ; F. Lenormant, Monnaies royales de la Lydie, p. 33.
(5) Les Phéniciens, comme les Grecs, n'employaient presque exclusive ment chez eux que la monnaie d'argent.
LA LOI i)ANS LES MONNAIES ANTIQUES 265
remarqué plus haut (livre I, chap. m, § 3, 1) combien l'usage de la monnaie s'était imparfaitement naturalisé dans l'empire des Achéménides ; la population de toutes les provinces intérieures restait encore, dans les transactions entre particuliers, fidèle à l'antique coutume asiatique d'employer aux échanges les métaux précieux en lingots, à l'état de marchandise. C'était principalement pour les services gouvernementaux que se frappaient les espèces du Grand Roi, et celui de tous ces services qui réclamait constamment, surtout dès qu'il j avait guerre, les plus grosses sommes de numéraire monnayé, était la solde des troupes, dans un empire qui n'avait guère sous ses drapeaux que des mercenaires étrangers ou des contingents de vassaux, dont il fallait s'assurer la fidélité au moyen de gros gages.
Encore plus que les Perses, les Carthaginois faisaient la guerre exclusivement avec des armées de mercenaires, dont l'entretien leur coûtait très-cher ; mais ce peuple de marchands aimait mieux payer des soldats à tout prix que se battre lui-même. C'est pour l'entretien de ces mercenaires et en général pour subvenir aux dépenses militaires que les Carthaginois créèrent en Sicile leurs premières monnaies (1) (livre YII, chap. i, § 1), près d'un siècle avant de se mettre à en frapper dans leur cité^ 'qui restait encore fidèle à l'emploi du métal en lingots (livre Yl,
(1) Dans l'inscription de la colonne de Duilius (qui, quoique restituée postérieurement, repose sur un fond ancien), il est question de fortes sommes en or et en argent monnayés dans le butin fait sur les Carthagi-
Bois : aurOM CAPTOM NVMEI CD CD CD D C "
arcenTOM CAPTOM PRAEDA NVMEI CCCDOO. Les espèces ici désignées sont des monnaies siculo-puniques, et aussi des pièces de Carthage même (on n'en a fabriqué en or que dans cette ville), dont l'émission avait commencé vers 350 av. J.-C.
chap. VIT y § 1). Les monnaies siculo-puniqiies ont eu leurs coins gravés par des artistes grecs siciliens ; elles n'appartiennent pas au système pondéral d'après lequel Carthage tailla plus tard ses monnaies, et qu'elle devait à ses fondateurs phéniciens, mais d'après le système particulier du monnayage de la Sicile (1). Il faut y distinguer deux classes de pièces, ainsi que l'a fait mieux que personne M. L. Millier : les monnaies qui portent les noms de villes constituées dans un état d'autonomie analogue à celui des colonies latines dans la Confédération romaine, dont la situation politique servit sans doute ici d'exemple, comme n"lpbD""ir/n Heraclea Minoa, i<1t2Dn Motya, ")SD Solonte, yiS Ségeste et >î'K Thermas Himerenses; celles qui ont été émises par l'autorité de l'Etat carthaginois et des magistrats qu'il envoyait dans l'île (2). Une partie de ces dernières sont anépigraphes ; mais leur étroite analogie avec les pièces qui ont des légendes et la présence sur les unes et les autres des* symboles de l'Etat carthaginois, le cheval ou la tête de cheval et le palmier, en forment un groupe inséparable. Quand il y a inscription, c'est le nom même de Carthage n^iriTllp, comme ROMA sur les monnaies d'Etat romaines frappées à Capoue ou dans les ateliers succursales de Corcyre, Vibo, Crotone, etc. Associé au nom de Carthage^ on lit quelquefois TUriD, et isolément
nnnD Qv ou njnjD w^v.
nJîlD signifie proprement « le camp »; mais est-ce un
(1) Sur l'ensemble de ces monnaies, voy. Gesenius, Mon. phœnic. p. 287-297 ; Ugdulena, Siille monete punico-skuk, Palerrae, 1837 ; A. Salinas. Appendice alla Memoria sulle monete punico-sicule dell'abale Ugdulena, Palerme, 1858 ; F. Lenormant, Essai sur la propagation de l'alphabet phénicien, t. I, p. 157-160.
(2) L, Millier, Numism. de l'anc. Afrique, t. Il, p. 74-84.
nom de localité ? L'opinion de Judas (1), qui y voyait la désignation du quartier des Magalia à Carthage^ bien qu'adoptée par un philologue de la valeur de M. Sclirœder (2), ne saurait rallier un seul instant les numismatistes, puisque les monnaies sont sûrement d'origine sicilienne, et non proprement cathaginoise. Plus sérieuse est l'opinion de ceux qui pensent que Panorme, quartier général des forces pu niques en Sicile, avait reçu des Carthaginois un nom qui signifiait dans leur langue « le camp ». Pourtant M. L. Millier (3) a montré quelles sérieuses objections s'opposent à ce que l'on admette que Panorme ait joui alors d'une autonomie qui lui permît d'inscrire son nom, soit seul, soit associé à celui de Carthage, sur les monnaies qui ont été certainement frappées dans son atelier. De plus, dans les usages de l'emploi numismatique du dialecte phénicien de Carthage, D7 ne sert pas pour désigner le peuple d'une ville, en tant que synonyme du grec ^vifxoç (h)\ on use du mot bV3» ^^^-^^s le sens de « citoyen », mis à l'état construit du pluriel devant le nom de la ville, "TTJlK SV)^52 ou "n^K Sv^^U^ [monnaie] des citoyens de Gadès, "U/Zi\i^ bv^D (monnaie) des citoyens
(1) Rev. num. 18S6, p. 220-224.
(2) Die phœnizische Sprache, p. 277.
(3) Numism. de l'anc. Afrique, t. II, p. 81.
(4) Le mot Dî? en phénicien, du moins à Carthage, paraît avoir impliqué, comme en arabe, une notion d'infériorité qu'il n'avait pas en hébreu; c'était plebs plutôt que popuhis. Dans les inscriptions votives de Carthage découvertes par M. de Sainte-Marie et déposées à la Bibliothèque nationale, les personnages auxquels s'applique la désignation de n'CJTnmp DV paraissent des serviteurs publics. Voy., du reste, Gènes, xxxii, 8, et XXXIII, 15, pour l'emploi de Dî? en parlant de serviteurs, môme en hébreu.
de Sexli^ K^JTI SViiD {monnaie) des citoyens de Tingis^ V'S '^V)^^ {monnaie) des citoyens deSégeste (1). Au contraire^ njnD QV, mot à mot « peuple du camp, foule du camp », est pour désigner l'armée, une expression tout à fait dans le génie de la langue phénicienne, tout à fait parallèle à celle que l'hébreu nous offre avec le même sens, >î::iïn DV « le peuple de l'armée » (2), nan^Dn DV « le peuple du combat » (3). L'interprétation la meilleure et la plus vraisemblable est donc celle de M. de Saulcy (û), de Lindberg et de M. L. Millier (3), traduisant « le camp » la légende associée au nom de Carthage et « (monnaie) de l'armée » celle, plus développée, qui se rencontre isolément. La monnaie carthaginoise de Sicile était essentiellement, par son origine et par sa destination, une monnaie militaire ; elle en porterait ainsi la désignation écrite. Au temps de leurs guerres de Sicile, les Carthaginois payaient leurs mercenaires en monnaie d'argent, à la mode grecque, prédominante dans le pays; après la première guerre punique, ils les payèrent en monnaie d'or (6), qu'ils fabriquaient désormais abondamment dans leur cité même.
Ce qui confirme encore l'opinion à laquelle nous nous rallions au sujet de la légende nJflD DV^ c'est qu'on voit quelquefois une autre s'y substituer, Dia^ilD. De celle-ci
(1) Voy. Schrœder, Phœnh. Spr. p. 181.
(2) Num. XXXI, 32.
(3) Jos. VIII, 13; X, 7; xi, 7. — Cf., pour l'emploi de DÎT seul en parlant des soldats, Jud. v, 2; viii, 5 ; ix, 36 et 37.
(4) Mém. de l'Acad. des Inscr. nouv. sér. t. XV, 2'' part. p. 59.
(5) Numism. de Vanc. Afrique, t. 11, p. 80.
(6) Polyb. I, 66; voy. L. Mlzller, t. II, p. 72 et s.
l'unique interprétation raisonnable a été donnée par Lindberg(l) et M, L. Millier (2); elle y voit la désignation des « officiers comptables » (3), des questeurs militaires qui assistaient le suffète chargé du commandement de l'armée (li). Ce sont évidemment à ces questeurs que se rapportent les noms d'hommes plus ou moins abrégés (5) qui se lisent aussi sur quelques-unes des monnaies d'Etat siculo-puniques ; aucun ne coïncide, en effet, avec le nom d'un des suffètes ayant commandé en Sicile, que nous connaissons presque tous.
En face de ce monnayage militaire des Carthaginois à Panorme ou à Lilybée, nous pouvons en placer un autre, qui a eu aussi la Sicile pour patrie, mais du côté des Grecs. Ce sont les pièces de cuivre qui portent la légende AAAIimnN lYM MAX IKON avec la tête deZeus Eleutherios, lEYI EAEY0EPIO2, ou bien seulement 2YMMA- XIKON, avec la tête de la Sicile personnifiée, IIKEAIA, ou d'Apollon Archégète, APXAfETAI. M. Barclay Head (6)
(1) De inscriptione Melitensi, p. 47.
(2) Numism. de Vanc. Afrique, t. II, p. 80.
(3) a\unc est un mot formé comme lpS?2 « préfet », qui se lit sur les monnaies de Leptis Magna (L. Miiller, t. III. p. 3 et 10), et b'û7GD o prince » dans la Bible (1 Chron. xxvi, 6). Il se rattache au pied de la racine i^n, qui à cette voix prend le sens de « compter ».
(4) Tite-Live (XXVIII, 27), à propos de Gadès, montre le questeur auprès des suffètes dans la constitution des villes d'origine tyrienne.
(5) Un seul est écrit intégralement, Syins, par corruption pour Syinni, parallèle à l'hébreu SNini (voy. Schrœder, Phœniz. Spr. p. 200); c'est le nom punique dont les Grecs et les Latins ont fait Bithyas, Bithias ou Biiias.
(6) Coinage of Syracuse, p. 37 et s.; voy. Holm, Zeitschr. f. Num. t. II, p. 340 et s.
a établi, en effet, que ces monnaies avaient été frappées pour l'armée des alliés rassemblés de toute la Sicile par Timoléon afin de résister à l'invasion carthaginoise (340 av. J.-C), armée dont le point de réunion était peut-être à Alœsa (1).
La série des monnaies aux types d'Alexandre, frappées après sa mort, nous offre encore un bien curieux exemple de monnayage fait au cours d'une expédition militaire. On découvrit en 1 850 auprès de Fatras (2) un dépôt de tétradrachmes d'Alexandre, tous de même fabrique et d'un type offrant des détails particuliers (3), dont les autres exemples sont d'une extrême rareté et, quand en en connaît le lieu d'origine, proviennent toujours du Péloponnèse. Toutes ces pièces ont été sûrement frappées dans le môme temps et dans le même atelier, à Sicyone, dont le plus grand nombre porte les symboles monétaires habituels en petits types accessoires dans le champ. M. L. Millier (4) en a rapporté la fabrication de la manière la plus certaine à l'expédition dans laquelle Polysperchon, en 316 avant Jésus-Christ, essaya de se rendre maître du Péloponnèse et parvint seulement à s'emparer de Sicyone et de Corinthe, où il se maintint jusqu'en 308. Mais ces pièces n'ont pas seulement la marque de Sicyone ; on y voit aussi en petits types les symboles certains de beaucoup de
(1) La légende ZYMMAXIKON, sous-entendu vôfjLtajjia, rappelle le ZYN des monnaies symmachiques de quelques villes de l'Asie Mineure, après la bataille navale de (^nide, dont il a été question plus haut, dans ce chapitre, § 2.
(2) Newton, Num. chron. t. XVI, p. 29 et s.
(3) Ce sont les monnaies n"' 864-898 de la Numismatique d'Alexandre le Grand de M. L. Millier.
(4) Numism. d'Alexandre, p. 223 et s.
villes péloponnésiennes dont Polysperchon ne put jamais se rendre possesseur, VAthéné Promachos d'Argos, le foudre d'Elis, les Dioscures et Y amphore de Lacédémone, le trident de Trézène et de Messène. Il est donc évident qu'en vue de conquêtes ultérieures, le général macédonien, dans l'atelier monétaire qu'il avait organisé à Sicyone aussitôt après son débarquement, avait fait frapper des monnaies portant les marques des principales villes dont il comptait s'emparer, de manière à les avoir toutes prêtes afin de les y employer aux dépenses qu'il aurait à faire pour son armée. Il pensait par là leur faire trouver meilleur accueil sur les marchés de ces villes. Et ceci montre combien déjà, moins de dix ans après la mort d'Alexandre, les copies des monnaies du conquérant fabriquées par les différentes villes étaient bien pour le public, ainsi que nous l'avons dit plus liaut (dans ce chapitre, § i, 6), des monnaies municipales , dont la véritable garantie légale résidait dans le petit type, ajouté sur le champ du revers par la ville d'émission.
Citons enfin comme dernier spécimen, car nous n'avons pas ici la prétention de dresser une statistique des monnaies militaires de l'antiquité grecque et d'en faire une étude complète, nous ne voulons qu'établir par quelques exemples probants leur caractère, et le développement qu'avait pris cette pratique ; citons les drachmes du roi parthe Arsace VII, Phraate II, qui portent, outre la légende ordinaire, le mot KATACTPATGIA « expédition militaire » (1) ou ...TOPOT KATACTPATeiA « expédition
(1) F. Lenormant, Catal. Behr, n° 878 ; Nouv, Ann. de l'Inst. arch. t. II, 2® part. pi. B, n° 11. — Le mot xaTacTpaxeia manque aux lexiques, mais il estformé de la façon la plus régulière et justifié par le verbe -/-aTacTpa-
de . ..go ras » (1). Ces pièces ont été frappées au cours de la grande guerre que Phraate II eut à soutenir contre l'invasion des Scythes, guerre dans laquelle il périt (2). C'est dans la Margiane qu'avait lieu la lutte et que le roi s'était porté pour couvrir la Parthyène propre, qui fut envahie après sa mort . Nous en avons la preuve par une drachme pareille, du même prince, où c'est le nom de cette province, MAPTIANH, qui est écrit à la même place que le mot x.aTa(jTpaTsia sur celles dont nous venons déparier (3).
3. Les monnaies militaires, dans la suite romaine de la République, sont encore mieux caractérisées, plus distinctes que dans la suite grecque, car elles portent toujours le nom et le titre des commandants qui les ont fait frapper; de plus, elles ont une très-grande importance historique, car les règles de droit qui autorisaient leur fabrication, en déterminaient rétendue et les conditions, ont été le point de départ de la transformation qui fit de la monnaie de l'Etat républicain la monnaie de l'empereur. Cette transformation s'opéra, en effet, comme toute la révolution qui substitua la monarchie à la république, sans rupture violente avec les anciennes formes, sans introduire dans le langage légal des titres nouveaux comme celui de roi, auquel les Romains répugnaient plus qu'à la réalité de la chose. Garder toutes les antiques magistratures en annulant les unes et en réunissant les autres sur la
(1) Ch. Lenormant, Nom. Ann. del'Inst. arch. t. II, \). 198, pi. A, n° 10 cf. von Sallet, Zeitschr. f. Num. t. III, p. 247 et s.
(2) Voy. G. Rawlinson, The sixth oriental monarchy, chap. vu et viii.
(3) Von Sallet, Zeitschr. f. Num. t. III, p. 246.
tête d'un seul homme; substituer à Vimperium civile limité la plénitude de Vimperium militare, introduit dans Rome même avec la prise du titre à^imperator, en y joignant rinviolabilité de la puissance tribunicienne et le droit d'initiative exclusive attaché au titre de princeps Senatus, telle fut l'œuvre d'Auguste, celle par laquelle il organisa l'une des monarchies les plus absolues et les plus illimitées que le monde ait jamais connues. De même, en matière monétaire, ce qu'il fit et ce que César avait commencé avant lui, ce fut d'appliquer à la monnaie urbaine les principes de la monnaie militaire, jusqu'à lui exclusivement propre aux provinces, d'assurer au dépositaire du pouvoir suprême les droits que l'ancienne législation républicaine conférait en pareille matière à Vimperator à la tête de son armée ; ceci suffit pour opérer une main-mise complète de l'autorité d'un seul sur la monnaie et pour conférer à l'empereur le droit d'effigie, qui devint une des marques caractéristiques de sa puissance.
Il est intéressant de suivre dans ses détails la marche progressive de cette transformation, et c'est ainsi que notre étude sur les monnaies militaires formera la transition naturelle entre les deux sujets des principes de droit qui ont présidé au monnayage d'Etat de la République romaine et à celui de l'Empire. Mais, avant d'aborder la période de transformation, il faut jeter un coup d'œil sur les pouvoirs monétaires attachés d'après le droit public et la constitution républicaine à Vimperium militare.
M. Mommsen (l)a traité ce chapitre d'une manière particulièrement remarquable, et des faits numismatiques il a su déduire avec sûreté les règles de droit.
(1) M R, t. II, p. 57-63.