‹ La Monnaie dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 39 sur 54 · XXVI · texte numérisé non relu

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(3) On a, en effet, un certain nombre de monnaies de Procope : Eckhel, D N, I. VIII, p. 156; Cohen, M I, t. VI, p. 423 et s. •

(6) Gallien. 12.

réellement reçu le titre d'Auguste (l), et de plus il n'existe

(I) Ce qui me paraît de nature à faire penser le contraire, c'est que clans l'inscription palmyrt^nienne d'une statue qui lui fut dédiée après sa mort (Vogué, Syrie centrale , Inscriptions sémitiques, Palmyre, n° 28) il reçoit le titre oriental de NdSd "Sq « roi des rois », et non celui de ID^p, qui à Palmyre, dans les inscriptions indigènes (Vogué, n° 25) exprime le titre impérial. M. von Sallet (Die Fiirsten von Palmyra, p. 55) et M. Waddington [Inscriptions grecques et latines d'Asie Mineure et de Syrie, p. 601) admettent pourtant qu'Odénat a pu être fait Auguste, parce qu'une inscription grecque lui donne le titre de Seêadxïi [Corp. inscr. (jraec. n° 4503 h; Henzen, Bullet. de l'Inst. Arch. 1847, p. 124; Von Sallet, ouvr. cit. p. 42; Waddington, ouvr. cit. p. 604), qui ne peut lui appartenir que comme veuve d'un Auguste, la même inscription ne qualifiant pas encore d'Auguste son fils Vaballathe. La raison est sérieuse, et les deux autorités qui l'admettent sont bien grandes. Pourtant on pourrait se demander si la conclusion à tirer de ce texte épigraphique n'est pas un peu modifiée par les inscriptions de Palmyre même (Waddington, n° 26H et 2628), où Zénobie, après la mort de son mari, prend seulement la qualification de paaO.iaoa, et non de (leêaaro. L'inscription qui lui donne ce titre paraît du temps d'Aurélien (par suite, de la première année de cet empereur), qui y était nommé le premier, avant Zénobie. Il n'y a rien d'impossible à ce que ce soit d'Aurélien lui-même, à son avènement, que la reine de Palmyre reçut le titre d'Augusta, qui élevait posthumement son mari Odénat à la même dignité. Il est certain qu'Aurélien commença par accorder des privilèges et des honneurs tout nouveaux à Zénobie et à son fils. Jusque-là, la reine de Palmyre, si elle gouvernait l'Orient romain en son nom et au nom de son fils, l'avait fait, dans la dernière année de Gallien et sous Claude le Gothique, comme auparavant Odénat, dans des conditions de titre légal qui n'avaient permis que ni son nom, ni celui de Vaballathe, ne parût sur la monnaie. C'est à l'avènement d'Aurélien, et bien évidemment à la suite d'une concession spéciale de droits et de titres faite par le nouvel empereur, que l'on se mit à battre à Antioche et à Alexandrie les monnaies latines et grecques où la tête de Vaballathe est associée à celle de l'empereur de Rome, sans que le prince de Palmyre y soit encore qualifié d'Auguste. C'est au même moment que je rapporterais l'inscription où Zénobie, qualifiée d'i4«^j«/a, figurait après l'empereur de Rome et avant Vaballathe, appelé seulement oeaTiÔTri; et aùToxpâxiop. 11 me paraît que ce furent ces concessions mêmes qui encouragèrent Zénobie et son fils à tenter encore plus. Dans la deuxième année du règne d'Aurélien, 5^ de Zénobie et de

de lui aucune monnaie, tandis que nous en avons de sa veuve Zénobie et de son fils Vaballathe (1), contemporaines des premières années d'Aurélien. Mais il est possible qu'il ne soit pas aussi inexact qu'on le croit généralement, qu'on l'ait seulement mal entendu jusqu'ici. En effet, en pesant scrupuleusement les termes du passage de Trébellius Pollion^ l'on arrive à cette conclusion qu'il peut parfaitement ne se rapporter qu'à l'existence d'une monnaie de Gallien dont le type de revers aurait retracé le triomphe d'Odénat sur les Perses de Sapor. C'est d'une manière semblable qu'il faut interpréter le dire du même auteur que l'on avait frappé pour Victorina des pièces de cuivre, d'or et d'argent dont on voyait encore les coins de son temps à la monnaie de Trêves (2) . Il fait sûrement (3) al-

Vaballathe, ils se mirent en révolte ouverte, ce qu'ils manifestèrent dans la numismatique en excluant l'effigie et le nom d'Aurélien des monnaies des ateliers de l'Orient, en frappant à Antioche les pièces avec \Mperator Caesar VHABALATHVS MGustiis, à Alexandrie celles qui ont ATToxpàxo^p Kat^a? OTABAAAA0OC AGHNOSwpo; CeBa^xà? ou Cen- TIMIA ZHNOBIA CeBaaxô.

Au reste, si Odénata reçu de Gallien le titre d'Auguste, ce n'a pu être, comme le remarque justement M. Waddington, que très-tard, dans les derniers mois de sa vie. Il serait donc possible que le fait fût vrai, mais qu'Odénat n'en ait pas eu connaissance en Orient avant sa mort, de manière à pouvoir profiler du droit monétaire que ce titre lui aurait donné, tandis qu'il n'était pas attaché à ses dignités précédentes, quelque grand que fût son pouvoir effectif.

(1) Sur ces monnaies, voy. Ch. Lenormant, Bey. nuin. 1846, p. 268- 280; Von Sallet. Die Fiirsten von Palmyra, Berlin, 1866; Waddington, Inscriptions d'Asie Mineure et de Syrie, p, 60o; Feuardent, Egypte ancienne. Domination romaine, p. 262-266.

(2) Cusi sunt ejus nummi aerei, aurei et argentei, quorum hoaieque forma extat apud Treviros : Trebell. Poil. Trig. tyr. 30.

(3) De Witte, Rev. mm. 1861, p. 20o et s.

liision par là aux beaux aurei de Victorin que nous possédons effectivement et où le portrait parfaitement individuel de Victorina apparaît au revers, déguisé sous les attributs de Rome (1) ou de la Victoire (2) ; car il n'y a jamais eu d'autres monnaies de la Mère des camps de la Gaule. Sans doute on ne connaît pas jusqu'ici de revers de Gallien qui corresponde exactement à la description de son biographe, mais il n'y a rien d'impossible à ce qu'on le voie apparaître quelque jour à la suite de nouvelles découvertes. D'ailleurs, il ne faut pas attribuer à cette description un caractère absolument précis, et la concordance avec le texte de Trébellius Pollion devrait être considérée comme suffisante, si l'on parvenait à constater sur un des revers de Gallien une allusion bien caractérisée à l'admission d'Odénat au rôle de corégent et à ses victoires sur les Barbares. C'est par des types de ce genre, réunissant deux personnifications de la Concorde avec la légende CONCORDIA MILITt^m, deux guerriers debout, cuirassés et laurés, Tun tenant un globe, l'autre une petite Victoire, avec la légende VIRTVS AVG ou VIRTVS MILITVM, qu'A-urélien, dans sa première année, a rappelé sur les monnaies de l'Occident la situation de corégence politique qu'il reconnaissait en Orient à Vaballathe (3), en même temps que celui-ci recevait la permission de mettre, sur les monnaies latines d'Empire frappées à Antiocheet sur les monnaies grecques provinciales, sa propre effigie, associée à celle d'Aurélien, mais avec un titre qui n'était pas

(1) De Witle, Recherches sur les empereurs gui ont réijné en Gaule au m" siècle, pi. XXIX, n"* 77 et 78.

(2) Ibid. pi. XXX, n°= 90 et 91.

(3) Von Sallet, Zeitschr. f. Num. t. Il, p. 232-257.

celui d'Auguste ni de César (1). La difficulté pour reconnaître dans la numismatique de Gallien des types analogues faisant allusion à Tassociation d'Odénat sera seulement d'arriver à trouver un critérium pour les distinguer avec certitude de ceux, bien connus et nombreux, qui ont trait au règne simultané, et prolongé pendant plusieurs années, de Valérien et de son fils Gallien. J'appellerai seulement l'attention sur le rarissime médaillon d'argent à la légende VIRTVS AVGVSTORVM, où l'on voit Gallien en habit militaire, ayant auprès de lui deux enseignes, assis sur un amas d'armes et couronné par la Victoire, tandis qu'un autre personnage en habit militaire, casqué, avec le bouclier, se tient debout devant lui et lui présente un rameau de laurier (2). D'après la légende, ce sont deux empereurs, dont l'un, victorieux, fait hommage à l'autre de sa victoire. Il y a entre eux une nuance bien marquée de supériorité pour celui qui est assis et reçoit l'hommage, analogue à celle que l'on remarque dans les scènes où figurent un Auguste et un César. Au contraire, sur toutes les monnaies, en grand nombre, qui retracent ensemble Valérien et Gallien, on les met sur un pied de parité complète. La représentation s'appliquerait donc mieux à

(1) Le titre monétaire de Vaballathe, avant la rébellion oîi il se qualifia d'Auguste, titre dont la lecture, bien longtemps énigmatique, est due à M. Von Sallet, est sur les pièces latines Vir Consularis f^omanorum \Mperato7' Dux Romanorum, sur les pièces grecques T^ratixoi; ATToxpâ- Twp CTpa-uoyoç P(x)[j.aia)v . Dans l'inscription oîi sa mère est appelée IsêaTT-A), il est ûEc-ô-crp et aùtoxpâtwp. Ce sont là les titres de son père Odénat, qu'une inscription grecque de 238 (Waddington , n° 2602) appelle ôsdTroTïiç et ûTraTixoç, tandis que Trébellius Pollion {Gallien. 10) semble bien indiquer l'obtention par lui de la qualification ditnperator. en 264, quand il dit obtinidt totius Orientis imperium.

(2) Cohen, M /, t. IV, p. 3o4, et pi. XVIIl, n° 24.

la nature de l'association de Gallien et d'Odénat qu'à celle de Valérien et de Gallien (1), et il faut remarquer encore que la médaille n'a pas de parallèle avec la tête de Valérien, ce qui se présente constamment pour les monuments numismatiques relatifs à leur pouvoir commun. Je n'ose cependant pas tirer de ces remarques une attribution certaine, et je me borne à les soumettre au jugement de ceux qui ont plus d'autorité que moi pour prononcer.

Quoi qu'il en soit, si, après les auteurs, nous consultons le témoignage des monnaies antiques elles-mêmes, nous y voyons que tous les prétendants à l'empire, même ceux dont les entreprises furent les plus éphémères, firent au moment de leur proclamation des émissions numismatiques à leur nom et à leur effigie, et que nous possédons encore des monnaies d'un certain nombre de ces prétendants dont les noms sont à peine cités par les historiens. On a jusqu'à seize types monétaires du forgeron Marins (2), dont le pouvoir dans les Gaules ne dura pourtant que quelques jours. Sans doute, tous les usurpateurs éphémères du iii^ siècle, qualifiés plus tard de tyrans, qu'énumèrent les écrivains de l'Histoire Auguste, ne sont pas jusqu'ici représentés dans la numismatique ; mais de temps à autre des découvertes nouvelles font apparaître en ce genre des têtes qui n'étaient pas encore

(l)^i cette conjecture était admise, il ne faudrait pas se hâter d'en conclure que la légende VICTORIA AVGVSTORVM fournirait une preuve décisive de la réalité du titre d'Auguste décerné à Odénat ; dans le style de l'épigraphie monétaire du m® siècle, Augusti s'applique aussi bien à un Auguste et à un César qu'à deux Augustes.

(2) De Witte, Recherches sur les empereurs qui ont régné dans les Gaules, p. 121-124, pi. XXXI.

connues; de plus, il semble bien que Trébellius Pollion a enflé quelque peu la liste pour arriver au nombre précis de Trente tyrans soulevés sous Gallien, de manière à faire un pendant aux Trente de l'histoire d'Atliènes, et qu'il y a compris des noms de personnages qui n'avaient pas pris assez formellement le titre impérial pour battre monnaie à leur nom. En outre, nous avons pour compensation un certain nombre de noms de prétendants fournis par la numismatique qui ne figurent pas dans l'Histoire Auguste; la difficulté consiste à les assimiler aux personnages dont parlent les historiens, car ceux-ci ont très-fréquemment employé des sobriquets populaires, autres que les noms officiels des empereurs officiellement reconnus ou des prétendants. Les noms de Caligula, de Caracalla, d'Elagabale ou Héliogabale, presque universellement adoptés par les écrivains, ne se lisent jamais sur les monnaies de ces princes (1). Il en est de même parmi les prétendants qui s'élevaient de tous les côtés du iif siècle. Le l\herius. CLaudius. MARinus, PACATIANVS des médailles (2) est bien positivement le personnage que Zonaras (3) et Zosime (4) appellent seulement Marinus; il est très-probable que le L- DOMITIVS- DOMITIANVS, contemporain de Dioclétien, dont on a eu une monnaie latine frappée à

(1) Le nom d'Eîagabalus ne se lit au revers des monnaies que pour désigner le dieu dont celui qui s'appelait d'abord Varius Avitus Bassianus, et plus tard, comme empereur, M. Aurelius Antoninus, était prêtre et avait introduit le culte à Rome, jamais comme appellation du prince (voy. Cohen, M J, t. Ill, p. 529, n°^ 116-119; 530, n" 126-129; 542, n<'^222 et 223).

(2) Eckhel, D N, t. VII, p. 338 et s.; Cohen, M f, t. IV, p. 230 et s.

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