‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 10 sur 26 · L. PAPIVS. CELSVS. IIIVIR · texte numérisé non relu

L. PAPIVS. CELSVS. IIIVIR

Comme nous l'avons montré plus haut (dans ce livre, cbap. 1, § 7, 5) ces triumvirs sont presque tous de ceux du parti de Pompée, qui, retirés en Orient avec le Sénat et tous les magistrats urbains réguliers et légaux, monnayaient dans différentes villes de ces contrées. Dans de semblables conditions, l'inscription de leur titre à la suite de leur nom était nécessaire pour indiquer en vertu de quelle autorité ils frappaient des espèces hors de l'atelier de Rome et pour distinguer ces espèces des monnaies militaires que les chefs d'armées émettaient en même temps en abondance. Pourtant, quelques-uns des triumvirs monétaires pompéiens réfugiés en Orient, comme C. Considius Pœtus (H) et C. Antius Restio (3) , ne prirent pas leur titre sur les espèces dont ils dirigèrent la fabrication; ils y inscrivirent seulement leur nom. Quant aux triumvirs qui, après la réorganisation d'un gouvernement régulier par César, monnayèrent à Rome dans les années 46 et 45 avant notre ère, il paraît probable que nous connaissons leurs six noms, bien que nous ne sachions pas de quelle manière on doit les répartir entre les deux collèges de ces années (voy. plus haut, t. II, p. 311) ; et, sur ces sis personnages, un seul, L. Papius Gelsus, ajoute son titre à son nom.

4. César, en complétant l'organisation de son pouvoir, voulut avoir, selon le procédé habituel des despotes, plus

(1) Cohen, pi. xxx, Papia, n" 2-5.

(2) Cohen, pi. xm, Comidia, n°s4-10.

(3) Cohen, pi. m^ /in/ta, n°s 1-4.

de places à distribuer afin de se faire des créatures. Il augmenta donc le nombre des magistratures mineures (1), le portant de vingt à vingt-huit. Les monétaires urbains furent désormais quatre au lieu de trois, devenant de triumvirs des quatuorvirs, de même que des quatuorviri capitales (2) remplacèrent les anciens tresviri. Cette réforme fut décrétée dans les derniers mois de /iS av. J.-C, et les nouveaux magistrats entrèrent en fonction avec l'année 44. J'ai esquissé plus haut (t. Il, p. 313) l'histoire du premier collège de quatuorvirs monétaires, telle qu'on la déduit avec certitude des monuments numismatiques eux-mêmes et que M. Von Sallet (3) l'a établie d'une manière définitive, en complétant les études de Cavedoni et de M. Mommsen. Ce collège se composait de L. Flaminius Chilo, L, ^milius Buca, M. Mettius et L. Sepullius Macer, dont les deux premiers seuls font suivre, sur quelques monnaies, leur nom de leur titre de quatuorvirs, mais dont le groupement ensemble et la date de fonctions résultent nécessairement de ce que c'est sur les pièces signées d'eux que le portrait de Jules César fait son apparition dans la numismatique. Dès le début de l'année, ils commencèrent à faire fabriquer des deniers d'argent, que l'absence de l' effigie du dictateur révèle comme antérieurs au sénatus-consulte , rendu dans le courant du mois de janvier, par lequel il fut ordonné de placer cette effigie sur la monnaie urbaine (4). Le denier de Flaminius Chilo porte la légende L. FLAMINIVS-CHILO-

(1) Sueton. Caes. 41 ; voy. Mommsen, MB, t. II, p. S3.

(2) Orelli, n" (3450.

(3) Zeilschr. f. Nurnism. t. IV, p. 127-134.

(4) Dio Cass. xliv, 4 ; Zonar. x, 12.

IIIVIR- PRI??î?<'5. FLAvit (1), établissant qu'entre ses collègues il avait eu le premier tour de fabrication (2). Dans le peu de jours qui séparèrent le sénatus-consulte en question de la proclamation de César comme dictateur et père de la patrie, les quatre monétaires émirent et signèrent les pièces où l'on voit déjà le portrait du maître, mais avec les seuls titres de DICTa^or. QVARTwm ou d'IMPE- Rator. Enfin, vers le milieu de février, l'institution de la dictature perpétuelle fut saluée par l'émission extraordinairement abondante des monnaies d'argent à la tête de César D\CJator PERPETVO. Ceux-ci nous offrent les signatures de L. Flaminius Cliilo, L. ^milius Buca et P. SepuUius Macer, mais on n'en a pas avec celle de M. ]\lettius. A la place, on trouve des deniers tout à fait analogues et évidemment du naême moment, portant le nom d'un C. Cossutius Maridianus, étranger au collège dans les débuts de son existence. Il n'y a pas ici d'autre explication possible que celle qu'ont adoptée M. Mommsen (3) et M. Von Sallet(4), c'est-à-dire que M. Mettius était mort ou s'était retiré du nombre des quatuorvirs pour une raison quelconque, vers le commencement de février, et que C. Cossutius Maridianus lui avait été immédiatement substitué, pour ne pas laisser le collège incomplet (5). L'émission fut alors assez considérable

(1) Eckhel, DN, t. V, p. 212; Cohen, MC, pi. xviii. Flamitiia, r.° 2.

(2) C'est aussi sur les pièces qu'il frappa à ce moment, que L. -Emilius Buca prend le titre de UllMR.

(3) MR, t. II, p. o46.

(4) Zeitschr. f. Num. t. IV, p. 131.

(,b) Sur certaines de ses monnaies, C. Cossutius Maridianus exprime d'une manière très-originale son titre de quatuorvir monétaire. Ses noms occupent tout le revers, disposés de manière à former une croix, can-

pour dispenser, ense joignant à celles qui avaient eu lieu dans le mois précédent, de presque aucune autre fabrication d'espèces d'argent urbaines. En effet, on ne connaît de pièces postérieures au meurtre de César qu'avec les signatures de Cossutius Maridianus (1) et de Sepullius Macer (2), celles de ce dernier étant les plus nombreuses, et les types qu'ils ont adoptés montrent qu ils s'étaient déclarés ouvertement pour le parti d'Antoine et des amis de César. En effet tous deux placent au droit de leurs monnaies la tête du dictateur mort, mais non encore déifié, avec l'épithète de PARENS- PATRIAE; sur d'autres, Sepullius Macer met à la même place l'image du temple élevé à la Clémence de César ou même la tête d'Antoine (3) (voy. plus haut, dans ce livre, cliap. i, § 7, 7).

La monnaie d'or, dont César avait le premier implanté la fabrication à Rome même, tandis qu'avant lui on n'en fabriquait que dans les provinces , pour le service des .armées, avait gardé sous son gouvernement le caractère impératorial et n'avait pas été placée dans les attributions des monétaires urbains réguliers. Encore, à la fin de l'année -44, quand le Sénat, qui avait ressaisi le pouvoir, fit procéder à une émission d'espèces de ce métal, la fabrication en fut remise par une commission extraordinaire, et en vertu d'un sénatus-consulte spécial, aux deux pré-

tonnée entre ses quatre branches des lettres A. A. A. F. F. Cohen, MC, [)\. XVI, Cossutia, n° 2.

(1) Cohen. MC, pi. xvi, Cossutia, n° 2.

(2) Cohen, pi. xxxvii, Sepullia, n"^ 9-11.

(3) Voy. aussi l'ingénieuse explication proposée par. M. Von Sallet {Zeitschr. f. Num. t. IV, p. 132) pour le type du revers de ces monnaies de P. Sepullius Macer.

teurs C. Norbanus et L. Cestius (1). C'est seulement, comme nous l'avons déjà montré (dans ce livre, chap. i, § 7, 8 ), une loi rendue en janvier 43 (2), qui fit entrer la monnaie d'or dans le cadre de la monnaie urbaine normale et la mit du ressort des quatuorvirs monétaires, dont l'office et le nombre étaient maintenus. De cette modification de leurs attributions résulte une modification temporaire de leur titre; du moins, ceux d'entre eux qui joignent une qualification à leur nom sur les aurei, s'intitulent IIIIVIR.Am?-o. Publiée. Feriwulo.

Le dépôt de Vigatto, enfoui pendant la guerre de Modène, a définitivement établi quels étaient les quatuorvirs qui entrèrent en fonctions au commencement de l'année 43 av. J.-C. (3) ; c'étaient P. Accoleius Lariscolus (-4) et Petillius Capitolinus (3), que Cavedoni (6; avait déjà reconnus antérieurement comme devant appartenir à cette année, puis L. Livineius Regulus (7) et L. Mussidius Longus (8). De ces quatre magistrats, les deux derniers se sont maintenus en charge jusqu'à la fin de l'année, après la constitution du triumvirat; car on a des pièces aux effigies de tous les triumvirs, qui portent les signatures de

(1) Cohen, MC, pi. xii, Cesîia; pi. xxix, Norbana, n" 1.

(2) Cic. VII Philipp. 1, J ; voy. Mommsen, MR, t. III, p. i.

(3) Mommsen, Zeitschr. f. Num. t. II, p. 66 et s.

(4) Cohen, MC, pi. i, Accohia, n°s 1 et 2,

(5) Cohen, pi. xxx, Petillia, n°s i et 2.

(6) Appendice CalSaggio di osserv., p. 187; Ragguaglio dei ripostigli, p. 3o.

(7) La pièce de ce monétaire trouvée à Vigatto est le denier de Cohen, pi. XXIV, Livineia, n" 3.

(8) Denier trouvé à Vigatto ; Cohen, pi. xxix, Mimidia, n° 5.

Livineius Regulus (1) et de Mussidius Longus (2). Il n'y en a, au contraire, aucune, pas plus que de monnaies d'or, avec les noms d'Accoleius Lariscolus et de Petillius Capitolinus. D'un autre côté, comme on l'a depuis longtemps reconnu, il est impossible de séparer des pièces d'or de Livineius Regulus et deMussidius Longus, à la tête des triumvirs, celles de même métal et d'argent qui, portant les effigies d'Antoine (3) et d'Octave (li), sont signées du nom du quatuorvir P. CLODIVS- C- ?Uius. Ces trois personnages, les seuls qui prennent le titre de quatuorvir auro publiée feriundo^ont été certainement collègues au moment de l'émission des monnaies en question, et M. Von Sallet (5) a établi d'une manière définitive que c'avait été dans l'année Zi3 (711 de Eome). De ces faits, il résulte d'une manière bien positive que, sur les quatuorvirs monétaires entrés en charge en janvier 43, deux, Accoleius Lariscolus et Petillius Capitolinus, furent chassés de leurs fonctions, soit dans le mois d'août par Octave, au moment oii il s'empara du consulat, soit dans le mois de novembre par les triumvirs, à l'installation de leur pouvoir, et que peut-être même ils furent compris dans les proscriptions du triumvirat. Des deux nouveaux quatuorvirs monétaires qui leur furent alors substitués, en tant que collègues

(1) Tête de Lépide : Coheo, pi. xxv, Livineia,n'' 7. — Tête d'Antoine : Cohen, pi. xxv; Livineia, n" 8. — Tête d'Octave, Cohen, pi. xxv, Livineia, n°s 9 et 10.

(-2) Tête de Lépide : Cohen, pi. xxix, Mussidia, n"' 8 et 9, — Tête d'Antoine : Cohen, pi. xxix, Mussidia, n""* 10 et 11. — Cohen, pi. xxix, Mussidia, n"» 12 et 13.

(3) Cohen, pi. xii, Claudia, n"s 9 et 10.

(4) Cohen, pi. xii, Claudia, n"* 12-Ii.

(5) Zeitschr. f. Num. t. IV, p. 135 et s.

de Livineius Regulus et de Mussidius Longus demeurés en charge comme amis et partisans des triumvirs, l'un fut sûrement P. Clodius. Quant à l'autre, son nom est douteux. Peut-être était-ce C. Vibius -Varus, dont on a des deniers d'argent au portrait d'Antoine (1) et à celui d'Octave (2), ainsi qu'un aureus sans effigie d'homme vivant (3). Cependant la chose est encore dou^teuse, car Yibius Yarus ne prend pas, comme les trois qui viennent d^être nommés, le titre de IIIIVIR. A- P. F-, et les monnaies ne se groupent pas aussi étroitement avec les leurs.

Il se pourrait donc que Vibius Varus, contemporain des premiers temps du triumvirat, n'ait été monétaire que dans l'année 42 (712 de Rome), auquel cas, la barbe longue qui est donnée sur les monnaies à Antoine serait l'indice du deuil de son frère C. Antonius, car les pièces de P. Claudius et de Mussidius Longus, où l'on voit Antoine imberbe (tandis qu'il est barbu sur celles de Livineius Regulus), montrent qu'à la fin de 43, après l'établissement du triumvirat, il avait rasé la barbe qu'il laissait croître depuis sa défaite de Modène (4). Si cette manière de voir devait être préférée, nous admettrions volontiers comme collègue de Vibius Varus, dans le quatuorvirat monétaire pour l'année 42, C. Numonius Vaala, dont l'aureus (o) porte au droit une tête de Victoire, dans laquelle je crois reconnaître les traits deFulvie, telle qu'elle est représentée sur les quinaires frappés à Lugdunum (6) et sur une pièce

(1) Cohen, pi. xlii, Vibia^n" 22.

(2) Cohen, pi. xui, Vibia, n" 23.

(3) Cohen, pL xlii, Vibia, n° 21.

(4) Plutarch. Anton. 18.

(o) Cohen, pi. xxx, Numonia., n° 1.

(6) De Witte, Gazette archéologique, 1873, p. 121-I2i.

de bronze d'Eumenia-Fiilvia de Plirygie (1) (voy. plus haut, t. Il, p. 173).

On groupe d'ordinaire l'aureus de Numonius Vaala avec ceux de M. Arrius Secundus (2), C. Claudius, C. filius (3), et L. Servius Eufus (4), qui appartiennent, en effet, sûrement à la même époque historique. S' appuyant sur ce fait que les types en sont entièrement empruntes aux traditions et aux cultes particuliers des familles des monétaires, et ne se rapportent en rien aux triumvirs, M. Mommsen (5) a considéré ces aurei comme antérieurs au triumvirat et a fait de leurs trois auteurs, joints à Numonius Vaala, les quatuorvirs nommés par le Sénat pour l'an 43, conjecture aujourd'hui démentie parle dépôt de Vigatto. J'ai peine à croire que C. Clodius ait jamais pu être monétaire urbain, car il n'était sûrement pas un de ceux de l'année 44, et Borghesi ayant établi, avec la sûreté ordinaire de sa critique, la place de ce personnage dans l'histoire (6), nous le trouvons de trèsbonne heure en 43 comme lieutenant de Brutus dans la Macédoine, où c'est lui qui fit prisonnier C. Antonius ; il est donc probable que, malgré l'absence d'inscription d'un titre militaire, son aureus est à ranger parmi les monnaies du parti des tyrannicides frappées à Toccasion de la guerre civile (nous avons parlé de celles=ci dans ce livre, chap. i, § 7, 9). Si notre conjecture au sujet de la tête de Victoire représentée sur l'aureus de Numonius

(1) Waddinglon, Rcv. inim. lSu3, p. 2-i8, pi. x, n'' o.

(2) Cohen, MC, pi. vn, Arria, iv !.

.(3) Cohen, pi. xii, Claudia, n'a.

(4) Cohen, pi. xxxviii, Sulpicia, n° -i.

[o] m, t. II, p. 439; t. III, p. 4.

(6) Osserv. immism. décad. XIV, 10; Œuvres complètes, t. Il, p. 178 et s.

Vaala.est exacte, sa magistrature monétaire n'aura pu avoir lieu que sous le triumvirat, après 43 et avant 40, date de la mort de Fulvie, probablement même avant la guerre de Pérouse. Quant aux pièces d'or d'Arrius Secundus et de Servius Rufus, le caractère particulier de leurs types ne me paraît pas une circonstance aussi décisive qu'à M. ]\Iommsen. Si les deniers d'argent de Vibius Varus ont les effigies d'Antoine et d'Octave, les types de son aureus lui sont purement personnels, ne rappellent en rien les triumvirs ; il en est de même de ceux d'une partie des aurei de P. Clodius (1), installé, comme nous l'avons vu, dans le quatuorvirat par Octave ou par les triumvirs à la place d'un magistrat expulsé (2). En conséquence, puisqu'il n'est plus désormais possible de placer en 43 l'exercice des fonctions de ces individus, qui n'ont pas pu, non plus, monnayer de pièces d'or urbaines avant cette date, nous ne voyons aucune raison absolument qui empêche de les reporter aux années immédiatement postérieures. Il y a même une grande probabilité, quoique ce ne soit pas encore une certitude, à admettre que Vibius Varus, Numonius Vaala, Arrius Secundus et Servius Rufus, dont les aurei présentent entre eux une si étroite parenté, ont formé le collège des quatuorvirs monétaires de 42 av. J.-C. (712 de Rome).

Avant d'être en possession des données positives fournies par la trouvaille de Vigatto, et d'après une reproduction inexacte (rectifiée depuis par M. Von Sallet) du type

(1) Cohen, MC, pi. xii, Claudia, n°^6 et 7.

(2) Je ne parle pas des aurei de Mussidius Longus, qui sont dans le même cas (Cohen.pl. xxix. Mussidia, n" 1 et 2), car ils peuvent avoir été frappés pendant la première partie de sa magistrature, avant le triumvirat.

de revers d'un des aurei de P. Clodius, on plaçait la magistrature de ce personnage avec Livineius Regulus et Mussidius Longus, en 716 de Rome (38 av. J.-C.) (1). On mettait alors en 717 ou 718 (37 ou 36) les pièces signées de Ti. Sempronius Gracchus (!2) et de Q. Yoconius Vitulus (3), qui prennent le double titre de quatuorviri quaestores designati et marquent, sur quelques-unes de leurs espèces, l'origine sénatoriale de leurs pouvoirs par l'inscription des lettres SC. On ne peut pas faire descendre ces pièces plus bas, puisque la tête d'Octave y est barbue, ce qui ne se présente plus jamais après la défaite de Sextus Pompée (4). Mais il n'y a pas de raison précise de ne pas les considérer comme d'une date de quelques années plus élevée. Le seul fait certain, c'est qu'elles sont postérieures à celles de P. Clodius, Livineius Regulus et Mussidius Longus, puisqu'elles faisaient défaut dans le dépôt de Peccioli (5), où les pièces de ces trois personnages étaient à fleur de coin. Ceux-ci ayant dû être remontés dans l'échelle chronologique jusqu'en 43, il est très-probable que la magistrature de Sempronius Gracchus et Voconius Vitulus doit être aussi un peu plus ancienne qu'on ne l'avait cru d'abord et que l'on se rapprochera davantage delà vérité en la plaçant vers les années 41 ou 40. Octave était, dès lors, le seul des triumvirs qui fût demeuré en Italie ; c'est lui qui y exerçait l'autorité, et par suite il

(1) Borghesi, O&s. iium. déc. XII, 7-JO; Œuvres complètes, t. II p. 68-81 ; Mommsen, MR, t. III, p. 5.

(2) Cohen, il/C, pi. xxxvi elxxxvii, Sempronia, n's 3-8.

(3) Cohen, pi, xlii, Voconia, n°s 14.

(4) Kckhel, DN, t. VI, p. 77; Borghesi, Œuvres complètes, 1. 1, p. 111.

(5) Gavedoni, Arm. de l'Inst. Arch. 1854, p. 61 ; Mommsen, MR, t. Il, p. 143, et t. III, p. 5.

est tout naturel qu'entre les trois collègues qui se partageaient la puissance il ait été le seul dont les magistrats monétaires urbains aient placé le portrait sur lenrs pièces. La barbe, qui garnit son menton sur les monnaies de Sempronius Gracchus et de Voconius Vitulus, me parait avoir l'apparence d'une barbe légère de jeune homme plutôt que de celle que les hommes complètement faits laissaient pousser en signe de deuil, comme le fit Octave pendant la guerre contre Sextus Pompée. Or, dans les portraits monétaires, quoique quelques graveurs aient omis cette circonstance, le neveu et l'héritier de César peut toujours, jusqu'en â9 av. J.-C. (715 de Rome), être représenté avec le menton garni de sa première barbe, et même les portraits qui l'expriment sont sûrement les plus exacts, puisque Dion Cassius (1) nous apprend que c'est seulement en cette année qu'il rasa sa barbe pour la première fois.

5. Nous avons déjà constaté (dans ce livre, chap. i", § 7, 10) qu'au delà de l'année 41 av. J.-C. on ne voit plus, jusqu'en 27 (727 de Eome) qu'Octave reçut le nom d'Auguste avec l'organisation complète de son pouvoir monarchique, de monnaies signées des magistrats monétaires réguliers soumis à la direction du Sénat, quatuorvirs ou triumvirs. Toute la numismatique des triumvirs, de la paix de Brindes à la bataille d'Actium, est purement impératoriale de forme et d'apparence, et il en est de même de celle d'Octave-César, demeuré seul maître du pouvoir, durant les quatre ans qui suivirent la chute de son rival.

(1) XLViii, 34; voy. Eckhel, DN, t. VI, p. 76.

Ainsi que je l'ai dit, pour Antoine il est tout naturel qu'il en soit ainsi ; c'est en Orient que s'exerçait son autorité; il n'avait rien à voir aux émissions de l'atelier urbain. Pour Octave, dont la plupart des monnaies pendant cette période ontété frappées à Eome, la fait est plus singulier. On doit se demander s'il avait supprimé temporairement l'ancien droit du Sénat sur les monnaies et l'institution des quatuorvirs, ou bien si c'étaient ces magistrats qui, continuant à être nommés chaque année, fabriquaient ces monnaies, mais sans plus avoir le droit de les signer de leur nom.

Quoi qu'il en soit, — et ce fait cadrerait assez bien avec une interruption de l'institution delà magistrature monétaire sénatoriale, suivie plus tard d'un rétablissement, — lorsque les mentions des magistrats régulièrement préposés à la monnaie urbaine reparaissent sur les espèces après qu'Octave a été fait Auguste, il n'est plus question des quatuorvirs établis par César; c'est l'ancienne magistrature des triumvirs qui se montre de nouveau en exercice (1). On ne saurait dire avec certitude à quelle date précise elle fut reconstituée ; mais il y a quelque probabilité que ce fut lors de l'organisation nouvelle des pouvoirs publics, en 727 de Rome. Mais, dansée cas, les nouveaux triumvirs ne furent pas tout de suite admis à réinscrire leurs noms sur les monnaies. En effet, tous les titulaires de cette magistrature qui ont signé des aurei et des deniers d'argent comme monétaires d'Auguste, paraissent se placer dans un intervalle de cinq ou six ans au plus, de 73 i à 738 ou 739 de Rome (de 20 à 10 ou 15 av. J.-C). Si la place précise deC. Antistius Reginus et de C. Marins Trogus, dans ce

(1) Eckhel, DN, t. V, p. 62 ; Mommsen, MR, t. II, p. 52; t- III, p. 6. m. i2

court intervalle de temps, est encore douteuse, L. Aquillius Florus, L Caninius Gallus et P. Petronius Turpillianus semblent bien positivement avoir constitué le collège de l'an 734(20), jNI. Durmius et Q. Rustius avoir exercé leur magistrature en 755 (19) , Cossus Lentulus et C.Sulpicius Platorinus en 736 (18J.

Les derniers noms de triumvirs qui se trouvent à la fois sur l'or et sur l'argent sont ceux de C. Antistius Yetus, L. Mescinius Rufus et L. Vinicius, qui ont formé un collège dans la huitième année de puissance tribunicienne d'Auguste (l), laquelle s'étend du 27 juin 738 au 26 juin 739, 16-15 av. J.-C. (2), mais qui étaient entrés en fonctions dans les premiers mois de 738, sous la septième puissance tribunicienne (3). Il n'existe aucune pièce d'or ou d'argent portant un nom de triumvirs dont la fabrication puisse, d'après des raisons solides, être placée après l'année 739(4). Car l'argument sur lequels'étaientfondésEckliel(5) et Cavedoni (6) pour rapporter à 742 (12 av. J.-C.) celles

(1) Mention de la huitième puissance tribunicienne, TR-POT-IIX, sur les espèces signées de ces monétaires :

Antistius. —Cohen, MI, t. I, p. 73, n"^ 286-288. Mescinius. — Ibid., p. 82, n" 331.

Vinicius. — Ibid., p. 87, n° 386.

(2) Ecl^hel, DN, t. VI, p, 103.

(3) Il y a positivement un denier signé de L, Vinicius qui porte au droit la légende AVGVSTVS. TR. POT- VII (Cohen, M, t. I, p. 86, n° 383). On en a signalé un autre analogue, avec la signature de L. Mescinius Rufus (Eckhel, DN, t. VI, p. 102), mais la lecture en a été contestée {Wiener Sitiungsberichte, t. IX, p. 923). Cependant, on voit que l'existence de cette dernière pièce n'aurait rien d'invraisemblable.

(4) Mommsen, Mil, t. III, p. 7.

(3J DN, t. V, p. 231, et t. VI, p. 102. (6) Ann. de VInst. Arch., t. XXII, p. 193,

de C. Marius Trogus, ne saurait emporter la conviction. Le type d'Auguste offrant un sacrifice n'est pas du tout nécessairement en rapport avec l'élévation du prince au souverain pontificat, laquelle n'eut lieu, en effet, qu'en 742 ; ce type peut avoir été employé bien avant.

Deux des triumvirs monétaires d'Auguste, M. Sanquinius et P. Licinius Stolo, n'ont déjà plus frappé d'or à côté de leur argent. Mais avec eux, dans les espèces qu'ils ont signées, reparait la fabrication des monnaies de cuivre (1), qui avait complètement cessé à Rome même depuis Sylla (dans ce livre, chap. i", § 8, 4; livre VII cliap. III, § 5 et 6). On place généralement la magistrature de ces deux personnages en 737 de Rome (17 av. J.-C), pour M. Sanquinius parce que le type de son denier a trait aux Jeux Séculaires, célébrés en effet dans cette année (2), et pour P. Licinius Stolo parce que l'analof^ie de son monnayage avec celui du précédent oblige à le classer à la même année (o). Mais les Jeux Séculaires de 737 sont encore mentionnés sur les pièces dont la fabrication fut dirigée par L. Mescinius Rufus, qui exerça le triumvirat en 738, jusque sous la huitième puissance tribunicienne dAuguste. La raison décisive d'après laquelle on avait cru pouvoir fixer en 737 la date de ces deux magistrats, se trouve ainsi écartée. Il est, au contraire, vraisemblable qu'ils ont dû être en charge un peu plus tard. Car un fait aussi considérable que la reprise de la fabrication des espèces de cuivre à Rome, après soixante

(1) Mommsen, MR, t. III, p. 8.

(2) Eckhcl, DiV, t. VI, p. 102; Borghesi, Osserv. mm. décad. IV, 8, Œuvres complètes, 1. 1, p. 213.

(3) Cavedoni, Ripostigli, p. 237.

ans d'abandon, dut être le point de départ d'un monnayage nouveau, continué ensuite sans interruption. Ceci conduit à adopter l'opinion de M. Mommsen(l), qui reconnaît dans M. Sanquinius et P. Licinius Stolo deux des triumvirs du collège monétaire de l'an 739 (15 av. J.-C.) A partir d'eux, qui déjà ne paraissent plus avoir frappé de monnaie d'or, on ne rencontre plus jamais d'inscription de triumvirs monétaires sur les espèces des deux métaux nobles, même lors de la tentative de restauration républicaine qui suivit la mort de Néron, quand le Sénat, pendant quelques mois, remit la main sur la fabrication de toutes les monnaies sans distinction de métaux (plus haut, dans ce livre, chap. i^% § 8, 1 et 4). En revanche, la mention des triumvirs en charge, comme auteurs du monnayage, se maintient quelque temps encore sur les nouvelles espèces de cuivre. Cet état de choses dure environ dix ans, et non davantage. C'est ce qu'établissent les judicieuses remarques de M. Mommsen (2) au sujet des monétaires d'Auguste dont les noms ne se lisent que sur le bronze. « Deux collèges, composés, l'un de Cn.Piso, L. Nœvius Surdinus, C. Flotius Eufus, l'autre de L. iElius Lamia, Annius, Silius, sont fournis par les réunions de noms que l'on trouve sur quelques pièces. Avec eux, six autres monétaires isolés, C. Asinius Gallus, C. Cassius Celer, C. Gallus Lupercus, T. Quinctius Crispinus Sulpicianus, T. Sempronius Gracchus, n'emploient de tous les titres impériaux que celui de TRIB. POT., sans ajouter le nombre des puissances tribuniciennes, comme l'ont fait également M. Sanquinius et P. Licinius Stolo. Un collège

(1) MR, t. m, p. 8.

(2) MR, t. m, p. 8.

composé de quatre magistrats (1), Voliisus Yalerius Messalla, Apronius, Gains, Sisenna, et six autres monétaires isolés, P. Lurius Agrippa, M. Mœcilius Tullus, M. Salvius Otlio (ces trois avec le même type), A. Licinius, Nerva Silianus, G, Gensorinus, Sex. Nonius Quinctilianus (ces trois encore avec le même type) donnent à l'empereur le titre de Ponlifex maximus, pris en 742 (i2 av. J.-G.). Un collège, Pulcher, Regulus, Taurus, et quatre monétaires isolés, P. Betilienus Bassus, G. Nsevius Gapella, G, Eubellius Blandiis, L. Valerius Gatullus, ne font pas mention de l'empereur. De là il résulte le nombre de dix collèges en tout, dont trois ne peuvent être placés avant 742. Les noms qui manquent ou qui sont de trop ont probablement leur cause dans la mort de quelques-uns des monétaires en charge et leur remplacement par d'autres. »

C'est donc jusque vers 749 de Eome (5 av. J.-G.) que s'est continué le monnayage fort abondant de cuivre, repris probablement en 739, monnayage que signaient les triumvirs réguliers, qui déjà n'intervenaient plus dans la fabrication de l'or et de l'argent. Il semble qu'après cela il y ait eu une nouvelle interruption de quelques années dans k» frappe du numéraire d'appoint de cuivre, et que ce soit à la suite de cette interruption, quand on reprit la fabrication des as, de leurs multiples et de leurs divisions en cuivre ou en laiton, que la monnaie d'appoint prit définitivement la forme qu'elle ne cessa plus d'avoir sous l'Empire. Ainsi que je l'ai montré, elle est alors et désormais sénatoriale d'origine, comme le prouve l'inscription constante des lettres SC, mais en même temps par ses types et sa forme extérieure exclusivement impériale (plus haut, dans ce livre, chap. i", § 8, 1 et 4). L'effigie du souverain

(1) Dont un su/jectus pendanl le cours de l'année de charge.

y est de règle générale et constante. On ne rencontre que de très -rares exceptions à cette règle, et, même dans ces cas exceptionnels, si l'on ne voit pas le portrait du prince en buste sur la face principale des pièces, son image figure presque toujours d'une manière quelconque dans le type qui remplace le portrait, ou bien ce type est combiné de manière à contenir un éloge de l'Empereur, à être une manifestation de son pouvoir. En outre, jamais plus un triumvir monétaire ou un magistrat quelconque, investi de la mission de veiller à la fabrication de la monnaie de cuivre sous la direction et le contrôle du Sénat, n'est admis à placer son nom sur les espèces de ce métal.

La plus ancienne pièce de cuivre frappée dans ces conditions nouvelles, dont l'existence soit bien positivement constatée (l),donneà Auguste le titre de I M P. XX- PONTIF- MAXIM. TRIBVN. POT. XXXIIII; elle appartient donc à l'an 764 de Rome, 11 de l'ère chrétienne. On en a également signalé avec les dates des 29% 30* et 31* puissances tribuniciennes (2), c'est à dire des années 759-761, 6-8 ap. J.-C, mais ces pièces n'ont pas été revues en original depuis Morell; on ne saurait donc les tenir pour certaines, bien qu'elles n'aient en elles-mêmes rien d'invraisemblable.

J'ai déjà noté plus haut (dans ce livre, chap. l*% § 8, 4, que ce ne fut qu'après plusieurs tâtonnements qu'Auguste arriva, en matière d'organisation des monnaies, à la com= binaison définitive qui devint après lui la règle pendant plusieurs siècles, du partage de la fabrication monétaire entre le Prince et le Sénat, le cuivre restant à ce dernier,

(1) Eckhel, DN, t. VI, p. 118; Cohen, MI, t. I, p. 71, n° 271 ; Mommsen, MR, t. Ill, p. 9.

(2) Cohen, 37/, t. 1, p 70 et s„ ti»' 268-270.

et l'or avec l'argent passant exclusivement entre les mains de l'Empereur, puis à la main-mise de l'autorité impériale sur tout ce qui est de la forme extérieure du numéraire officiel, l'intervention du Sénat dans la frappe du cuivre n'étant plus rappelée que par la sigle, qui indiquait que l'émission en avait lieu en vertu d'un sénatus-consulte. Les faits qui viennent d'être passés en revue permettent, je crois, de serrer de plus près que nous ne l'avons fait, en émettant cette affirmation générale, les dates précises des différentes phases de la période de transition d'où sortit l'organisation définitive du monnayage de l'Empire.

Vers 727 de Rome, 27 av. J.-G., lors de l'organisation du pouvoir impérial en faveur d'Auguste, l'ancienne magistrature des triumvirs monétaires est rétablie, à la place des quatuorvirs de César, qui avaient peut-être cessé d'exister depuis quelques années, mais qui, s'ils existaient encore, n'avaient plus le droit d'inscrire leurs noms sur les espèces. Les nouveaux triumvirs, délégués de l'autorité monétaire du Sénat, comme l'étaient avanteux les quatuorvirs et plus anciennement les triumvirs, de la République libre, ont dans leurs attributions la fabrication de la monnaie urbaine d'or et d'argent, les deux seules espèces de monnaies que l'on frappe alors dans l'atelier de Rome.

Mais c'est seulement vers 73/i, 20 av. J.-C, qu'ils recommencent à signer de leur nom et de leur titre les pièces des deux métaux, et ils semblent n'en avoir eu le droit de nouveau que pendant cinq ans environ.

En 739 déjà, 15 av. J.-C, la signature des triumvirs ne se trouve plus sur l'or, si elle se maintient encore sur l'argent. Au début de cette même année, suivant toutes les apparences, on reprend h Rome la fabrication de la monnaie de cuivre, qui ne s'y frappait plus du temps de

Sylla. Les triumvirs inscrivent régulièrement leur nom sur les espèces de ce métal.

C'est dans l'année 739, très-peu après la reprise du monnayage du cuivre et comme une sorte de corollaire de cette mesure, que durent être arrêtées les dispositions légales qui établirent le partage de là direction et de la fabrication des monnaies entre T Empereur et le Sénat. Car on ne trouve pas un seul denier d'argent portant le nom d'un triumvir, dont la fabrication puisse être attribuée avec chance de certitude à une date postérieure à cette année.

Pendant les dix premières années du nouveau régime, les triumvirs monétaires continuèrent à signer les espèces sénatoriales de cuivre, qui se fabriquaient alors en grande quantité ; on n'en frappait pas sans leur nom dans l'atelier de Rome. A l'aide des monuments numismatiques parvenus jusqu'à nous, il est possible de reconstituer le groupement des noms dans les collèges de triumvirs de ces dix années, bien que l'on ne puisse pas encore arriver à déterminer l'année précise de chacun. Il en est seulement trois que l'on reconnaît positivement pour postérieurs à 7 i2, 12 av. J.-C. En 741, Dion Cassius (1) place l'organisation définitive du collège des viginti viri, -pavim lesquels étaient compris les triumvirs monétaires.

Après 749, o av. J.-C, le monnayage de cuivre avec les noms des triumvirs cesse pour ne plus jamais reprendre. 11 semble même qu'il y ait eu alors une nouvelle interruption des émissions urbaines du métal dont l'administration était confiée au Sénat. En effet, c'est seulement en 964 de Rome, 11 de notre ère, ou en 759,6 ap. J.-C, si les

(1) Liy,26,

pièces publiées par Morell sont authentiques, que nous voyons reparaitre des monnaies de cuivre à date certaine, empreintes de la marque du Sénat, des lettres SC, mais en même temps ne portant plus aucune mention des triumvirs.

6. Toute mention numismatique des triumvirs monétaires fait donc défaut à partir des environs du début de l'ère chrétienne. C'est par les inscriptions seules que nous apprenons la conservation de cette magistrature dans le cadre de celles qui, sous l'Empire, constituaient le vigintivirat (1). Les monuments épigraphiques nous fournissent des exemples de triumvirs monétaires jusqu'au milieu du iir siècle. 11 y a, je crois, quelque intérêt à présenter ici le relevé de ces mentions pendant deux siècles et demi (2). Nous le disposons d'après l'ordre alphabétique des noms des personnages, à cause de l'impossibilité de déterminer la date précise de quelques-uns d'entre eux (3).

i adlecto inter ^aivicios a divo Pert'mace^

(J) Eckhel, D.Y, t. I, p. lxxix ; A. de Barthélémy, Revue numisin. 18 i", p. 360 et s.; Mommsen, MR, t. II, p. o2; 0. Hirschfeld, Unlersuchungen auf (km Gebiete der Rœmischen Verwaltungsgeschichte, 1. 1, p. 9i.

(2) J'écarte comme fausses les deux inscriptions suivantes, qui ont été plusieurs fois citées à propos du triumvirat monétaire sous l'Empire :

L. Antonius.L. f.Pom. \\ Vasonius.Prosper. || scriba colley. Arval. \\ pro curator. lH\\di. matut. m vir. mon, || Fidei. Concord. p. Orelli, n° 2436.

Veneri. Sacrum. |j Paullus. l. l. Aegius. Passer. || uivir. a. a. a. f. f. procurai. \\ pair. imp. Caes. Gordian. \\ August. \\volo. suscepto. l. m.: Spon. Miscellan. p. 273.

(3) J'écris les parties restituées en romain, le texte qui se lit sur les marbres en italique, et je place entre parenthèses le complément des abréviations.

IIIvir[o) a[nro) a[rgenlo) a(ere) f[/a?ido) f{eriundo)^ ^odali hadrianaU, flaminicommodian[o) : Henzen,n'' 6052.

2. L. Annio L. f'ilio) Ravo, co(n)s(uli), ^Yact[ori), quaestori candif/a/o imp[eratoris) Cae.s[aris) M. ku.relii Commodi Knionini Aug[ustî) pu ieUcis, pontifici, salzV? palatino, triwmviro monetali 2i[\\ro) a(rgento) £i{eTe) f( lando) f{eriundo) : Orelli, n" 50003. L'année de consulat de ce personnage est incertaine.

3. C. Arrio L. f[ilio) Quirina Calpurnio Frontino Honorato c{larissimd) v[iro)^ IlIvirÇo) monetali a[uro) a[rgejito) a[eré) fijando) f[erhindo)^ quaestori candidato praetori candidiijiio) , augi(ri,co[n)s[idi) : Henzen, n° 6981. — Année de consulat incertaine.

4. .. Bellicio P. f(ilio) Stel{latina) SoWqvH, fetiali, legiato) Aug[nsti) propj^aetore) provinc[iarum) Galiatiaé)^ Piskliiaë)^ PJmjg[iae)^ Lyciaoniae), Isaur{iaé), Paphlag[o7iiae\ Ponti Gala[ticï)^ Ponti PoîemonianH)^ A?in(eniae Minoris), leg[ato) leg{ionis) XITI GemUnae), donat[o) don{is) militarib(us) exped'it{ione) Suebk{ci) et Sarm[atica){\) coripnd) mitr[ali), cor{ona) vall{ari), cor{ona) aur{ea)^ hast{is) pur{?s) trib[i(s), vexilliis) trib[us)^ curat[ori) coloniar^um) etmunicipior[i(m)^praef['èCio) fn(m[en(6) dand{o) ex s[enatus) c{o?isu/to), praet{ori), aed{ili) cunf/{i), ç{uaestori) Cret{ae) et Cyr{enes) , trib{wio) leg{ionis) XXII Primigen(iae) , III vir{o) a{uro) a{rgento) a{ere) f [lando) f{eriundo): Henzen^ n°6912. — Ce personnage fut consul

(1) Dans l'expédition de Rubrius Gallus contre les Sarmates, en 70 de notre ère : Tacit. Hist. I, 2; IV, 54; Joseph. Bell. Jiid. VII, Ti; cf. Eckhel, DN, t. VI, p. 372.

sufjectus dans une année indéterminée du règne de Trajan(4).

5. C. Caerellio Fufidio Annio Ravo C. fiilio) Ouf{entind) Pollittiano, sodali marciano aureliano, commodiano, helviano, severiano, III inr{o) moneî{ali) a{iiro) a{rfjento) a{eré) f{lando) /{eriimdo), trib{imo) latidavio leg{ionis) III Cyr{enaicae), VIvir{o) equit{iim) rom{anorum)turmae primae^ qiiaestor{i) candidato imp{eratoris) Caesaris M. Aurelii Anionini ]ni felicis Ang{usti)^ trih{uno) pl{ebis) candid{ato)^ 2)r{actori) hastar{io) : Orelli, n* 2379.

6. T. Caeseîmio Statio Quinctio Macedoni Quinctiano, co('n)s(uli), sodali aug{ustali)^ curat(ori) viae Appiae,

/>raef(ecto) alim(entorum), legato legionis Piae Fi-

delis.com{iiï) diviVeri^^er Orientem,]^Y2iQi{ov\) cand(idato) m/(?r cives et peregr(inos) iY\\){u\-iQ plebis candidato, legato per Africain i¥rtwretaniam, q(uaestori) candidato^ ^r^buno mil(itum) legionis /rigesimae Ulpiae Wctricis, ^riumviro auro argento aère f(lando) f(eriundo) : Henzen, n° 6502. — Année de consulat incertaine.

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