‹ La monnaie et les prixChapitre 41 sur 50 · EDOUARD DOI.LÉANS · texte numérisé non relu

EDOUARD DOI.LÉANS

proportionnolles de ces prix par rapport à l'année précédente'. De cette comparaison à laquelle s'est livré M. de Foville il résulte que le seul moment où apparaît une concordance est le commencement du second empire oij, à un afflux d'or, correspond une période de renchérissement. Mais cette concordance de la marche des prix et des stocks disparaît à partir de 1865.

Années. Importation nette Valeur des monnaies

de métaux précieux françaises (or et

et de argent) annuellement monnaie. frappées.

1865 226 millions 281 millions

Notre stock monétaire s'étant accru de plus de deux milliards en cinq ans, les prix auraient dû hausser : « Au lieu de cela, ils reculent de 4 à 5 0/0 en 1865, de 5 à 6 0/0 en 1866, de 4 à 5 0/0 en 1867 et de 3 à 4 0/0 en 1868. En quatre ans, cela fait, au lieu d'une hausse, une baisse énorme et voilà qui n'est pas pour fortifier en nous le respect de la théorie quantitative^ ».

De même, après 1870, à une diminution de notre stock monétaire correspond une hausse de prix qui ne s'explique pas par l'exagération des émissions de billets puisque celle hausse n'était pas spéciale à la France. De même encore, de 1891 à 1896, la douane constate un accroissement du stock métallique de 1.200 millions, alors que les prix de gros continuaient de baisser.

M. Nogaro^ a complété cet aperçu de l'indifférence des prix à l'égard des variations du stock métallique telles qu'elles résultent des statistiques douanières. M. Nogaro a comparé, entre 1849 et 1901, les prix d'après les index de Foville et la double évaluation de la douane aux mouvements d'importation etd'expor-

1 M. de Foville, La théorie quantitative et les prix, Ec. fr., 2 mai 1896. L'une des études les plus fines sur la théorie quantitative, p. 561. * De Foville, op. oit.

•1 Nogaro, op. cit., p. 176, 182.

talion des métaux précieux. Si l'on examine le tableau dressé par M. Nogaro, on ne conslalera avec lui ni une hausse corrélative à un afflux de métaux précieux ni une baisse correspondant à une diminution ou à un arrêt des importations. De I8i8 à 18."jI, on ne peut distinguer aucune corrélation entre la proportion du mouvement annuel des prix et l'accroissement annuel du stock.. En 186o-66-67 à des excédents d'importation correspond une baisse des prix &t, en 1874, une importation de 800 millions ne paraît avoir eu aucune action sur les prix. En 1888, il v a hausse malgré un déficit; malgré un autre déficit^ la baisse continue encore en 4890 et M. Nogaro paraît en droit de conclure : « Sauf pour la période de 1840 à 1850, il n'y a aucune concordance caractérisée entre les variations du stock et celles des prix ».

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