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Le rati est la graine de la réglisse sauvage

LE SYSTÈME MONÉTAIRE ANGLAIS

fut mise en circulation par une proclamation du gouvernement de Madras.

En 1835, la Compagnie des Indes émit une roupie uniforme pour l'ensemble de l'Inde, sur le type de la roupie de Madras. Le poids et le titre n'en ont plus été modifiés. En 1862, on a simplement substitué l'effigie de la reine aux armes de la Compagnie.

Le mohur a eu cours légal au Bengale de 1766 à 1803^ puis de 1818 à 1835. Sa valeur en argent fut fixée successivement à

14 roupies siccay en 1766, puis à 16 roupies sicca, en 1769 et en 1818. A Bombay, au contraire, le mohur paraît n'avoir jamais circulé que comme lingot. A Madras, l'or n'avait pas seulement cours légal : il formait l'étalon monétaire. Mais la monnaie d'or de cette présidence n'était pas le mohur ; c'était la pagode, dérivée d'une ancienne pièce d'or indigène.

En 1806, la Cour des Directeurs de la Compagnie des Indes décida que l'argent serait l'unique étalon de l'Inde. Toutefois, elle ne voulait pas tout d'abord substituer l'argent à l'or dans la présidence de Madras, a où les monnaies d'or étaient le principal élément de la circulation, la monnaie d'échange et la mesure d'après laquelle on calculait généralement la paye des troupes. Nous n'avons nullement le désir, disait la Cour, d'introduire l'argent dans la circulation, à l'exclusion de l'or, là où l'or est la mesure ordinaire des valeurs, pas plus que d'imposer une monnaie d'or, là où la mesure générale des valeurs est l'argent. Mais notre désir est de substituer à la pagode, là où elle est le principal élément de circulation, le quart de roupie d'or qui, à notre avis, devrait être payé et reçu en toutes occasions comme la pagode, tant en ce qui concerne l'évaluation et la perception des recettes que pour les sommes destinées à des placements ». C'est en 1818 seulement que la roupie d'or fut substituée à la pagode : elle emprunta le nom de mohur aux pièces du Bengale et de Bombay, et fut tarifée à

15 roupies d'argent. Mais, bientôt, Madras fut à son tour envahi par l'argent, qui y devint l'étalon de fait.

C'est en 1835 que l'or cessa d'avoir cours légal dans l'Inde entière. En 1841, cependant, les trésoreries furent autorisées à recevoir librement le mohur pour sa valeur nominale de

LE SYSTÈME MONÉTAIRE DE l'iNDE ANGLAISE.

15 roupies. Après 1850, lorsque For fut déprécié., les mohurs, qui n'avaient plus cours légal, cessèrent de circuler et se réfugièrent dans les caisses publiques. Il fut alors décidé qu'à partir du 1*^ janvier 18o3 c< aucune monnaie d'or ne serait reçue en payement de sommes dues ou à devoir au gouvernement, dans les trésoreries des territoires de la Compagnie. On pouvait encore apporter de Tor aux Monnaies pour la frappe, mais le certificat remis par la Monnaie au déposant ne pouvait plus être remboursé qu'en or et ce certificat n'était plus accepté dans aucune caisse publique^ ».

Un nouveau revirement se produisit en 1864, quand se furent calmées les appréhensions qu'avait fait d'abord naître la baisse de l'or. Le gouvernement fit connaître que les souverains et demi-souverains seraient reçus dans les trésoreries de l'Inde, comme l'équivalent des pièces de 10 et de 5 roupies. Mais le prix en étant plus élevé dans les bazars, les caisses du gouvernement n'en reçurent aucun. Peu de temps après, la Chambre de commerce de Calcutta recommandait l'adoption d'une circulation d'or. En 1866, une commission instituée par le gouvernement, appuyant le (c vœu général du pays », préconisait l'établissement du rapport légal de 1 à 15 entre la roupie et le mohur. Cette dernière pièce fut de nouveau reçue, sur ce pied, dans les trésoreries de l'Inde à partir de 1868 ; le même rapport fut admis pour les souverains et demi-souverains, que les caisses publiques durent recevoir pour 10 roupies 4 annas et 5 roupies 2 annas. Comme en 1864^ la mesure n'eut aucun efifet, le prix de l'or étant plus élevé dans les bazars.

On s'explique facilement les tendances bimétallistes des Anglais établis dans l'Inde. C'est en or que les commerçants paient les marchandises qu'ils tirent de l'Angleterre; c'est en or que sont évaluées dans la métropole les sommes d'argent que les fonctionnaires anglo-indiens y envoient pour en effectuer le placement. Un change fixe, résultant d'un rapport fixe entre Tor et l'argent, paraît aux uns et aux autres un bienfait inappréciable. La dépréciation croissante de l'argent leur a infligé des pertes de change extrêmement graves.

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