Jbid., mai 1891, p
LE SYSTÈME MONÉTAIRE DE l'iNDE ANGLAISE.
93, la perte sur le change coûta 150 millions de roupies au Trésor indien^. L'équilibre budgétaire dépendait ainsi des variations du change^ gouvernées elles-mêmes par des causes que ne pouvaient maîtriser les pouvoirs publics de l'Inde. Une modification dans la législation des États-Unis, l'annonce môme du dépôt d'une résolution ou d'une proposition législative, suffisaient à modifier la valeur du métal blanc et par répercussions successives, le change de la roupie el l'équilibre budgétaire de l'Inde.
Ces conséquences fâcheuses de la dépréciation du métal blanc avaient amené le gouvernement indien à modifier l'orientation de sa politique monétaire. Le bimétallisme international auquel ses délégués avaient refusé d'adiiérer en 1881, lui paraissait, cinq ans plus tard, le vrai remède aux maux dont souffrait la colonie. Dans une dépêche ^ du 2 février 188C, Lord DufFerin écrivait à VIndia Office : (c Nous n'admettons pas et ne pouvons pas admettre que les oscillations de la valeur relative des deux métaux ne puissent être gouvernées ou qu'il soit impossible de les ramener, par un pacte international , aux limites dans lesquelles elles sont restées jusqu'en 1873. Si, comme nous le croyons, il est possible d'assurer un rapport stable entre l'or et l'argent, le gouvernement de l'Inde et le gouvernement de Sa Majesté encourraient une grave responsabilité en négligeant les moyens légitimes d'obtenir ce résultat ». Dans un télégramme du 12 janvier précédent, le vice-roi avait émis l'avis que « les intérêts de l'Inde britannique exigeaient impérieusement qu'un effort décisif fût fait pour régler la question de l'argent par voie d'entente internationale ». Le gouvernement de la métropole fît à ces instances une réponse dilatoire, alléguant qu'il n'était pas démontré que la dépréciation de l'argent ne fut pas à certains égards favorable à l'Inde, notamment par le stimulant qu'elle donnait à ses exportations, que d'ailleurs la question était soumise à la Commission royale sur la dépression du commerce et de l'industrie.
On songea peu après à demander au monométallisme-or la