V. chap. IV, § 6 et 1»^» partie, chap. v
LES IMITATIONS DE LA RÉFORME INDIENNE
Au mois de janvier 1903, les gouvernements du Mexique et de la Chine faisaient remettre au cabinet de Wasliington des mémorandums, conçus en termes presque identiques, exposant l'utilité que présenterait, tant pour les pays à étalon d'or que pour les pays à étalon d'argent, l'établissement d'un rapport fixe entre les monnaies des uns et des autres. Le Mexique et la Chine demandaient aux États-Unis de s'associer à eux pour amener la Grande-Bretagne et la France, dont les possessions asiatiques sont importantes, TAllemagne, la Russie ei les autres puissances qui ont en Asie de grands intérêts territoriaux et commerciaux, à adopter un type commun de monnayage pour l'argent, à se concerter pour réorganiser les relations financières et monétaires de la Chine avec les autres puissances sur une base telle qu'elle pût continuer à se jservir de l'argent et ne pas restreindre ses achats de produits occidentaux, enfin à prendre des mesures communes pour donner de la stabilité aux rapports entre les monnaies d'or et les monnaies d'argent. Le 3 mars 1903, le jour même où la loi sur le monnayage des Philippines devenait définitive, une autre loi autorisait le président à prêter le concours des États- Unis au Mexique et h la Chine. Deux commissions furent alors chargées par les États-Unis et par le Mexique ^ d'exposer les vues de leurs gouvernements aux diverses puissances européennes. Ces commissions ont visité successivement Londres, Paris, La Haye, Berlin, Saint-Pétersbourg ; un des membres de la commission américaine, le professeur Jenks , s'est ensuite rendu au Japon et en Chine ^.
1. La commission américaine était composée de MM. Hugh H. Hanna, président de la convention monétaire d'indianopolis, Charles A. Gonant, î instigateur de la réforme monétaire aux Ptiilippines, le professeur Jere« iniah W. Jenks, de GorneU University. Les membre de la commission mexi. caine étaient MM. Enrique G. Greel, président du Banco Gentral Mexicano, f.uis Gamacho, agent financier du Mexique à Londres, Eduardo Meade» [>résident du Banco de San Luis Potosi, Edward Brush, secrétaire général de TAmerican smelting and refining Company.
2. Voir les deux rapports de la Commission américaine : Stability of international ea-change. Report on the introduction of the g old exchange staîidard into China and other ailvcj^-using countries, Washington, 1903; Gold standard in international trade^ Report on the introduction of the g old-ex change standard into China, the Philippine JslandSy Panama and other silver-using countries and on the stability of exchange, Washington,
LES IMITATIONS DE LA RÉFORME INDIENNE
Les deux puissances européennes le plus directement intéressées dans la question sont la Grande-Bretagne, à cause de lîong-Kong et des Établissements des Détroits, et la France, à cause de l'Indochine. Ni Tune ni l'autre ne se sont montrées disposées à accueillir l'idée de régler leur monnayage d'argent pour ces colonies sur la base du rapport de 1 à 32 choisi pour les Philippines par les États-Unis à l'exemple du Japon.
Un chapitre spécial étant consacré au régime monétaire de rindo-Ghine, il suffira d'indiquer ici que les dernières mesures prises par le gouvernement français ont pour objet de doter nos possessions de l'Extrême-Orient d'une monnaie purement nationale, mais sans prétendre lui assigner une valeur fixe en or ^.
A Ilong-Kong aucune mesure nouvelle n'a été prise. Le british dollar et la piastre mexicaine continuent d'y circuler- et
nr chanpce est toujours lié aux variations du cours de Targent. Dans les Établissements des De'troits, au contraire, il a été créé une piastre spéciale à laquelle un change fixe en monnaie sterling a été assigné. Il en est traité plus loin dans un paragraphe spécial ^.
La réorganisation monétaire de la Ghine tenait une grande place dans le programme des commissions américaine et mexicaine. La commission que le gouvernement français avait mise on rapport avec les envoyés du Mexique et des États-Unis n'avait pas manqué de signaler que le problème monétaire chinois était particulièrement malaisé à résoudre*. Le rapport final de MM. Ilanna, Gonant et Jenks déclare qu'il n'en est pas de plus difficile G'est qu'en réalité avant d'opter entre le